04-07-2016 22:00 - NE LES OUBLIONS PAS : Sidi Yeslem Amar Chein…

NE LES OUBLIONS PAS : Sidi Yeslem Amar Chein…

Adrar Info - Né en 1954 à Kanaoil en Adrar, Sidi Yeslem est admis a 13 ans , au concours d’entrée en 6 éme (1ere année du secondaire aujourd’hui) et envoyé au lycée de Nouakchott.

C’est que les événements ethniques de 1966 et l’ «année blanche» qui en a suivie, ne permettaient pas à l’époque aux rares établissements secondaires régionaux (collège d’Atar) de contenir tous les admis de cette année scolaire 67/68. A Nouakchott, Sidi eut la chance de partager l’Internat avec les enfants de Mauritanie dans toute sa diversité , sans distinction de région ou ethnie.

Une scolarité et enfance qui ont modelé en lui une personnalité équilibrée, juste et respectueuse. Personnalité qui a marqué toute sa vie, renforcée plus tard , par des études supérieures au Maroc et en France parachevées brillamment par un doctorat en droit constitutionnel mais aussi une expérience des réalités pratiques, acquise sur le terrain…

Il occupa plusieurs postes au sein de l’administration dont : Directeur de l’ENA, Directeur de la fonction publique. Il est nommé, des le début de la démocratisation dans le pays,les années 90 , au poste de Directeur des libertés publiques au ministère de l’intérieur et de la décentralisation, il fut très connu et apprécié par toute la classe politique, la société civile , les opérateurs et acteurs médiatiques . En bon commis de l’Etat, Sidi Yeslem était jeudi dernier, comme à son habitude, dans son bureau.

Au retour à la maison vers 17H, il sentit un malaise à la suite duquel il est hospitalisé dans une clinique privée . Le lendemain, juste au moment ou les muezzins de Nouakchott et d’ailleurs en Mauritanie, scandaient ensemble à 13 H 30 : « Allah Akbar » pour la prière du saint vendredi, l’âme appelée de Sidi, quittait calmement son corps …«Ô toi, âme apaisée, retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée; entre donc parmi Mes serviteurs, et entre dans Mon Paradis». ( Coran : S89 ,V27 a 30 )…

Ely Salem Khayar

In Memoriam : Sidi yeslem ould Amar Chein

Pour le grand public , le visage du regretté Sidi Yeslem Ould Amar Cheinrahimahou Allah est devenu bien familier à la faveur du processus démocratique lancé au début des années 90. Depuis cette époque , il s’est identifié , aux yeux de l’opinion , à "Monsieur élections" ...

Il s’est , notamment , fait distingué, à travers la télévision publique, par les précieuses explications , lors des grandes soirées électorales , qu’il présentait avec calme et compétence , sur les mécanismes du système électoral , en transmettant , dans un langage accessible aux téléspectateurs des formules devenues habituelles tels que le coefficient électoral , le scrutin uninominal majoritaire , la proportionnelle etc. A ce titre , il incarnait en tant que modèle du fonctionnaire , la parfaite illustration de la célèbre maxime : « L’homme qu’il faut à la place qu’il faut ».

Il faut dire que, bien avant cette période marquée par les grands bouleversements constitutionnels, le brillant haut fonctionnaire fut aussi l’un des premiers Maitres des travaux pratiques à qui le projet de l’université de Nouakchott avait confié la mission de transmettre la science du Droit constitutionnel à plusieurs générations d’étudiants en Droit , à une époque où cette discipline était prisonnière d’un régime d’exception qui la soumettait , par les maigres dispositions des chartes des comités militaires, à une ennuyeuse parcimonie.

Les hautes qualités morales du défunt, jointes à son expérience en tant qu’administrateur et à sa connaissance doctrinale d’une matière qu’il professait , avec une remarquable passion correspondaient , à la perfection , au profil du poste du Directeur des affaires politiques du Ministère de l’intérieur en charge de la gestion du dossier électoral . Une haute responsabilité qu’il exerça avec la morale du commis de l’Etat , discipliné , discret , affable et correct , vis à vis des usagers de l’administration publique. En somme , il incarnait , le profil de ces multiples soldats anonymes qui servent l’Etat avec efficacité et dévouement.

Sa disparition est non seulement une immense perte pour les siens et pour ses nombreux amis , à qui nous présentons ici nos condoléances les plus attristées , mais encore plus , pour L’Etat … Ina li Allah wa inna illeihi Rajioun

Abdel Kader ould Mohamed



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Commentaires (2)

  • lass77 (H) 05/07/2016 00:10 X

    Oui ,il n'est pas bon ni beau de dire du mal de nos morts mais il serait mieux d'éviter de relater les faits et fonctions de certains mauritaniens ayant servi dans la chose publique pour la simple raison que beaucoup ont bénéficié des passe droits sur le lit de l'iniquité, de l'injustice, du favoritisme, du népotisme de l'exclusion des autres etc... Pourquoi il y'a une différence entre un titulaire d'un doctorat pour un negromaurotanien et celui d'un beydan par exemple ? Dans:l'accès aux fonctions d'État.

  • alhagh (H) 04/07/2016 23:53 X

    Nous musulmans nous n'aimons pas dire du mal des morts; je pense que c'est très bien. touefois, y a des gens qui ne peuvent etre cités comme exepmle ni moral ni intellectuel ni autre et il est préferable de les oublier et de les laisser en paix! Quel pays al hagh