18-11-2017 14:51 - Communiqué N°3 u comité de gestion de la grève à Sélibaby du 18/11/2017

Communiqué N°3 u comité de gestion de la grève à Sélibaby du 18/11/2017

MKB - La répression de la marche pacifique organisée par les élèves et le bureau des parents d’élèves de Sélibaby le lundi 13/11/2017 pour réclamer que soient réparées plus d’une quinzaine de salles de classe en ruine et que soit affecté un complément d’effectif du corps professoral, s’est traduite par plusieurs blessés et l’incarcération de plus de 15 des membres initiateurs.

Tout le monde a été surpris par la brutalité de la réaction des autorités locales qui ne se justifiait sous aucun prétexte. Grâce à nos investigations nous pouvons aujourd’hui mettre à la disposition de l’opinion mauritanienne qui nous a massivement soutenus à travers de nombreuses déclarations – que tous en soient remerciés – des informations de la plus haute importance pour élucider ce qui jusque-là paraissait incompréhensible.

Les premiers contacts avec les autorités locales (le Wali, le Hakem, le DREN du Guidimakha et le Directeur du lycée) remontent au dernier trimestre de l’année scolaire 2016-2017.

A chaque fois que les représentants du bureau des parents d’élèves réclament la reconstruction des salles de classe, ces quatre personnalités répondent toujours qu’elles sont incompétentes pour régler ce genre de problèmes. Et lorsque les parents d’élèves demandent que le ministère soit saisi, ils promettent de le faire sans jamais aucune suite.

Alors réunis en assemblée générale, les parents d’élèves ont décidé d’organiser une grande marche dans l’espoir d’être entendu par Nouakchott, puisqu’en face personne ne pouvait rien. Une demande d’autorisation fut déposée auprès du Hakem qui ne trouva même pas nécessaire d’y répondre – en général, les populations de Sélibaby ne manifestent jamais. Aussi c’est lorsqu’il fut informés par ses indicateurs que les élèves et parents d’élèves étaient en train de se regrouper devant le lycée, qu’il daigna appeler un membre du bureau pour lui demander de venir le voir. Celui-ci lui répondit que la marche était déjà lancée et que nous espérions être reçus de lui pour lui transmettre une lettre destinée au ministère de l’éducation à Nouakchott.

C’est en ce moment que le Wali et son préfet décident d’ordonner à la police de réprimer les manifestants. Ce qui fut fait. Dans la même suite, le bureau des parents d’élèves qui s’était rendu au commissariat puis chez le Hakem négocier la libération de 9 élèves, fut lui-même mis aux arrêts à son grand étonnement. Pourquoi cette furie, se demandaient les uns et les autres ? Eh bien voilà l’explication, l’anguille sous la roche.

Une enquête de notre part nous a permis de savoir que rien que pour ces deux dernières années, en plus des nouvelles écoles et salles de classes construites dans notre pays, le ministère de l’éducation nationale a mis à la disposition des DREN régionaux un fond destiné à l’entretien des établissements. Ces fonds sont parfois si importants que dans certaines localités – à Aïoune par exemple – ils ont servi par fois à construire même de nouvelles salles. Sélibaby aurait-elle été omise par le ministère ? Oh que non ! Où sont entrés ces fonds ? Comment a été utilisé cet argent, et surtout dans quoi et par qui ?

Sachant que la réhabilitation des édifices des lycées relève de la triple responsabilité du Directeur du lycée, du DREN régional et du Wali, il semble qu’eux-seuls pourraient nous dire ce qu’il en est. Nous savons que même les dernières feuilles de zinc qui couvraient les dernières salles en ruine ont été vendues (offertes selon lui) par le directeur du lycée de Sélibaby, ce qu’il ne put d’ailleurs justifier devant le bureau des parents d’élèves.

Nous pensons donc que c’était uniquement pour que Nouakchott ne soit pas mise au courant de ces détournements de fond honteux que le Wali et son Hakem ont cru pouvoir réduire au silence les élèves et parents d’élèves par la répression et l’emprisonnement. Aussi, contre toute attente, lorsqu’ils constatèrent que notre cause était en train d’être entendue au niveau national, puisque des déclarations de soutien à notre élan pacifiste fusaient de partout, ils ont sauté sur la première occasion pour détourner l’attention du gouvernement sur ce qu’ils voulaient cacher (le détournement de fond). C’est ainsi que la déclaration de IRA leur servi de bouc émissaire.

Du jour au lendemain, nous étions accusés par le Hakem et son Wali d’appartenir et même d’obéir aux ordres de cette organisation ! Et pourquoi ne nous accuse-t-on pas aussi d’avoir manifesté sur ordre d’AJD/MR, de Touche pas ma Nationalité, de l’UFP et de tous les autres qui nous ont soutenus par des déclarations successives ?

En conséquence, tout en réaffirmant que jamais nous n’avons reçu de mot d’ordre ou d’incitation de qui que ce soit, nous demandons à l’opinion mauritanienne de nous aider à faire pression pour que soit diligenté une enquête immédiate pour faire la lumière sur l’utilisation du fond régional pour l’entretien des établissements.

Nous demandons au ministre de l’éducation et au Président de la république de croire notre bonne foi en diligentant une enquête sur le problème de l’école à Sélibaby.

Enfin, tout en demandant la libération des innocents emprisonnés, nous demandons au ministre de l’intérieur d’enquêter sur l’utilisation de la force brutale contre nous par le Wali et son Hakem qui se comportent en colonisateur au lieu d’être des administrateurs de la citoyenneté.





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Source : MKB
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Commentaires (1)

  • Naremaghan (H) 18/11/2017 17:00 X

    Un autre citoyen mauritanien aurait été directeur du lycée , il serait déjà " balayé " par nos politiciens . Mais le directeur natif de BOULY transfuge de l'UFP , devenu grand applaudisseur du régime est l'un des leurs. Ils le couvrent malgré ses forfaits et complicités évidentes . Sinon Comment comprendre que depuis que ce monsieur est directeur de ce lycée la catastrophe s'est installée sur le bâti et sur les résultats scolaires et la gestion du personnel ?Vivement que la lumière arrive ...