06-03-2018 17:00 - Les femmes maghrébines à l’avant-garde dans la région arabe en matière de droits (Chercheur mauritanien)

Les femmes maghrébines à l’avant-garde dans la région arabe en matière de droits (Chercheur mauritanien)

MAP - Les femmes maghrébines sont à l’avant-garde dans la région arabe en matière de droits et de protection, ainsi que d’acquis au niveau de représentativité politique et d’autonomisation économique, a souligné le chercheur mauritanien, Sayed Ahmed Bakkay.

"Les femmes maghrébines restent les plus chanceuses dans la région arabe vu les progrès significatifs et le saut qualitatif réalisés dans leurs pays en matière de consécration de leurs droits, de participation politique et d’autonomisation économique", a-t-il précisé dans un entretien à la MAP à l’occasion de la journée internationale de la femme.

M. Bakkay, qui est titulaire d’un doctorat de l’Université Moulay Ismail de Meknès sur "La presse féminine au Maroc et en Mauritanie", a fait état d’une similitude des préoccupations et des aspirations des femmes aussi bien au Maghreb qu’au Machreq.

Il a, dans le même ordre d’idées, mis l’accent sur les efforts déployés pour améliorer la situation de la femme marocaine à travers l’adoption notamment d’une code de la famille qui constitue, actuellement, une revendication majeure pour les autres femmes dans la région arabe.

La femme marocaine a renforcé ses acquis à travers un code de la famille, adopté en 2004 et qualifié de “modèle à suivre” et d’une “avancée majeure” en faveur des droits des femmes en général, a-t-il poursuivi.

Parmi ces réalisations en matière de protection juridique figurent aussi l’adoption du projet de loi relative à la lutte contre la violence à l’égard des femmes et qui reflète la dynamique globale que connait le Royaume en matière de promotion des droits humains, a-t-il affirmé.

Il a estimé qu’il n’est pas surprenant que les femmes marocaines soient à l’avant-garde du fait qu’elles bénéficient de plusieurs droits garantis par un code de la famille “exceptionnel” et sont soutenues par un fort réseau associatif qui s’assigne comme objectif principal l’éducation de la femme et leur sensibilisation à leurs droits.

Le chercheur a aussi relevé le rôle des programmes de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) dans l’encouragement de la scolarisation des filles et le développement des petites coopératives féminines, ainsi que le soutien de l’accès des femmes à l’éducation, en leur permettant de s’affirmer dans les divers secteurs d’activité et à intégrer avec succès les différentes structures économiques, précisant que ces facteurs ont contribué amplement dans l’amélioration de la situation de la femme marocaine.

Il a par ailleurs rappelé qu’après 61 ans d’un code du statut personnel qui fût le premier jalon vers la liberté , la dignité et l’émancipation, la femme tunisienne continue à glaner ses droits vers l’ultime but de l’amélioration de ses conditions et l’égalité avec l’homme.

Quant aux femmes mauritaniennes, il a fait état d’une forte présence en termes de participation politique, relevant qu’elles représentent un tiers des membres du gouvernement avec dix ministres et des conseils locaux élus (35 %), ainsi qu’un cinquième des sièges à l’Assemblée nationale (Parlement).

Dans ce contexte, il a relevé que ces pays du Maghreb sont animés d’une forte volonté politique et d’une conviction ferme de la nécessité de donner plus de chances à la femme pour une forte implication dans la vie politique à travers la révision de certaines législations et le lancement d’initiatives portant notamment sur l’instauration du principe de la discrimination positive.

Evoquant l’autonomisation économique des femmes maghrébines, M. Bakkay a rappelé les pas franchis dans ce domaine, ajoutant que la facilitation de leur accès aux financements est devenue une réalité palpable comme en témoigne la forte présence des femmes au sein des organisations entrepreneuriales et patronales qui constitue un facteur important sur la voie de promotion de leurs droits économiques.

Si le 8 mars, a-t-il dit, est une journée privilégiée pour célébrer les droits des femmes, dresser le bilan des victoires en termes d’égalité des sexes et d’avancées, il est tout aussi l’occasion en or de faire le point sur les obstacles entravant encore la femme à réaliser ses aspirations et les moyens de les surmonter.

A cet égard, le chercheur a estimé que le plus grand obstacle au développement des femmes est de nature socioculturelle, qui se traduit principalement par des stéréotypes selon lesquels les femmes seraient moins efficaces au travail et incapables d’assumer la responsabilité, ainsi que par des traditions ancestrales, soulignant la nécessité de corriger les concepts liés à la femme en général.

Il a fait remarquer qu’il existe des signes encourageants au niveau des pays du Maghreb pour corriger ces stéréotypes sur les femmes et pour vaincre les coutumes et les traditions qui limitent leur liberté.

Dans le même sillage, il a affirmé que le développement économique et durable est étroitement lié de l’émancipation de la femme et de la promotion de ses droits, relevant que malgré les réalisations accomplies, beaucoup d’efforts restent à faire pour améliorer sa situation dans la perspective de réaliser l’égalité entre les deux sexes.

Par Larbi Atmani



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Commentaires (1)

  • cccom (H) 06/03/2018 20:19 X

    A propos du 8 Mars je suggère à la première Dame du Pays de visiter Maaden El Ervane en délégation ces jours pour s’assurer sur place (par une visite d’une classe Cerveaux des Oasis du primaire qui a presque terminé, grâce à un appui d’un promoteur du tourisme oasien français le programme de la 1ére année en 2 mois) de l’option de la possibilité d’éduquer gratuitement et intensivement les futures petits enfants du pays dés l’âge de 5 ans afin de se présenter au concours d’entrée au Collège à l’âge de 8 ans, puis le Bac à l’âge de 11 ans et terminer le cursus supérieur à l’âge de 16 à 18 ans. Cet acte genre de bonne mère propulsera par la femme le développement futur intensif du pays par le développement des ressources humaines ( une richesse équivalente à 65% des richesses potentiels latentes du pays -mines, agriculture pêches,… y compris) à faibles coûts de temps et d’argent. cheikhany_ouldsidina@yahoo.fr