19-03-2018 07:00 - Semi-échec de la francophonie en Mauritanie/El Wely Sidi Haiba

Semi-échec de la francophonie en Mauritanie/El Wely Sidi Haiba

Atlasinfo - En Mauritanie, la langue française connait un recul inquiétant. Cela s’explique par l’existence de plusieurs facteurs insistants.

Le plus inattendu et le plus menaçant parmi ces facteurs reste l’accaparement et le monopole de la francophonie par une pseudo-élite qui prétend en être, le tenant, le défenseur et le propagateur. Mais autant cette défense, prétendue de la langue française, ne repose sur aucun facteur probant, autant sa propagation souffre de lacunes patentes.

Cette pseudo-élite peine elle-même à s’affirmer par la maitrise d’une locution claire et une communication fluide, soutenue et cohérente : Tant son manque d’aisance au parler est frappant et laisse perplexe tout auditoire qui les écoute. Et moins encore par une capacité à engendrer une production littéraire et scientifique.

En témoigne l’absence de traces d’ouvrages édités dans les librairies, dans les bibliothèques des universités, des établissements d’enseignement technique, des établissements scolaires et dans les kiosques.

Au Sénégal, au Mali, au Maroc, en Algérie et même en Égypte, le nombre d’ouvrages produits tous les ans et édités dans la langue de Molière, touchant à toutes les disciplines du savoir, dépasse celui produit en France et au Québec.

L’expression chez les cadres, les professeurs, les chercheurs et les politiques dans ces pays est soutenue et épouse les contours de la langue française dans sa quintessence.

Il s’ajoute à ce faux monopole qui s’exprime par le retranchement dans sa tour d’ivoire de cette pseudo-élite, qui se veut l’unique défenseur légitime de la langue de Molière en Mauritanie pays où l’arabe, langue officielle, souffre du même élan de prétention doublée d’une incapacité à relever le défi de sa soutenance.

Ce résultat désastreux pour la langue française, qui change de ton et même de consonance, dans la rue où elle est largement adoptée ainsi que sur les marchés, dans les garages et ateliers, et ne serais-ce que par la prolifération de son vocabulaire dans toutes les langues parlées du pays.

A ce semi-échec, s’ajoute celui causé par le service culturel tenant du dossier de la soutenance de la langue française en Mauritanie.

Il faut le souligner que ce rôle faible, voir indécis, de l’ambassade de France est essentiellement dû à son abstinence de la vulgarisation dynamique et intéressée qui interpelle les francophones à tous les niveaux. Or les services de l’ambassade se cantonnent à la seule implication, en toutes occasions et ou circonstances, des seuls éléments, peu nombreux d’ailleurs, de cette pseudo-élite qui a fait du français en Mauritanie une vache laitière maigre et improductive.





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Commentaires (5)

  • Vent de Sable (H) 19/03/2018 23:33 X

    Monsieur Sidi Haiba, vous venez de mettre le doigt sur la plaie, et même de toucher un tabou. Votre article risque de provoquer un tollé, et les mécontents vont réagir, mais dans un français lamentable! Bon courage!

  • Ksaleh (H) 19/03/2018 23:09 X

    À la porte d'entrée d'une université en Afrique du Sud, le message suivant a été posté pour la contemplation: *"Détruire un pays ne nécessite pas l'utilisation de bombes atomiques ou l'utilisation de missiles à longue portée." Il suffit d'abaisser la qualité de l'éducation et de permettre la tricherie dans les examens par les étudiants. Les patients meurent aux mains de ces médecins. Les bâtiments s'effondrent aux mains de ces ingénieurs. L'argent est perdu aux mains de ces économistes et comptables. L'humanité meurt aux mains de ces savants religieux. La justice est perdue entre les mains de ces juges ...* *"L'effondrement de l'éducation est l'effondrement de la nation".* Veuillez partager si vous êtes d'accord.

  • bigmath (H) 19/03/2018 10:10 X

    Le principal probléme dans notre pays est l'incompétence: le pharmacien ne connait pas les médicaments,le médecin non plus,le professeur ne connait pas plus que ses éléves,le chauffeur ne connait pas le code de la route etc.. C'est normal que le francophone ne sache pas parler français et l'arabophone l'arabe.

  • doudou19 (H) 19/03/2018 07:53 X

    Le même constat d'échec est à relever à tous les niveaux que ce soit en français ou en arabe. Tous les nouveaux connaissent le même déclin. Un sage chinois disait: "Pour mettre un pays à genoux, ce n'est pas la peine de lui faire la guerre. Il suffit de gâter son système éducatif, d'y installer la corruption. Et de revenir voir ce pays après une période de cinq ans". C'est exactement notre cas. Devinez quelle la puissance qui nous a mis dans cette situation?

  • lelion (H) 19/03/2018 07:09 X

    Merci El Wely. Ça c'est du bon français malgré que vous vous en prenez à au autrui.