10-05-2018 13:33 - En images : présentation du livre écrit par l'écrivaine Italo-grecque Maria Tatsos sur Biram Dah Abeid

En images : présentation du livre écrit par l'écrivaine Italo-grecque Maria Tatsos sur Biram Dah Abeid

IRA-Mauritanie - L'auteur de l'ouvrage est Maria Tatsos, est présente au siège de la Stampa Italiana, la maison d'édition qui abrite l'événement ainsi que les auteurs de la préface et de la postface de cet ouvrage sur la trajectoire de Biram Dah Abeid et de son organisation IRA-Mauritanie : le responsable de Amnesty-International Italie, Giusepe Maimoune, et un universitaire anthropologue, spécialiste de l'esclavage, et ayant travaillé sur la Mauritanie.

La cérémonie ouverte par la vice-présidente de Stampa Italiana, et le modérateur, qui représente la maison d'édition Paoline, donne la parole au responsable d’Amnesty international. Ce dernier loue l'engagement de Biram Dah Abeid qu'il qualifie de défenseur de droits humains, incorruptible et plein d'abnégation, digne héritier de Nelson Mandela.

Ricardo Noury met l'accent aussi sur la persistance de l'esclavage et la discrimination en Mauritanie et la nécessité de les éradiquer. Il fustige le fait que le gouvernement italien reçoit le ministre de la défense mauritanien, membre d'un gouvernement coupable de perpétuation de l'esclavage.

Maria Tatsos, l'auteur, décrit Biram Dah Abeid comme un Ghandi Africain dont la force des idées, des mots et des actions ont bouleversé la société mauritanienne; les fortes secousses que Biram Dah Abeid et son organisation ont infligé à la société, ont permis aux hratin, et aux autres cadets sociaux, naguère résignés et effacés, de prendre la parole et l'initiative.

Tatsos rappela les péripéties de la confrontation idéologique et religieuse entre Hratin et Beydane à travers deux camps protagonistes: Biram Dah Abeid et IRA d'une part, érudits maures et pouvoir mauritanien d'autre part. L'écrivaine souligne que pour le moment, pouvoir et groupes dominants ont perdu la bataille médiatique, sur le plan diplomatique et à travers l'angle de la légitimité par le droit international; elle atteste aussi que la popularité grandissante dont jouit IRA et son président, au sein des populations mauritaniennes, dénotent de l'affaiblissement de l'emprise des groupes dominants sur le peuple, et surtout sur les franges hratin.

Mais hélas, le rapport en images accompagné de forts commentaires, sur la situation de l'esclavage en Mauritanie, révèle la désolation, la persistance de l'esclavage domestique, l'esclavage foncier, les viols systématiques, la privation de l'État civil et l'énorme pauvreté.

Maria Tatsos constate à travers son exposé que l'esclavage continue à sévir sous toutes ses formes, caché tant bien que mal, par les autorités mauritaniennes.

L'universitaire Giusepe Maimoune, fait remonter le début du militantisme anti-esclavagiste hratin en Mauritanie à 40 ans, date de la création de Elhor; mais pour lui le vrai défi posé à l'État Mauritanien, au sujet de la question de l'esclavage et des Hratin ou celle du racisme, c'est avec la création et l'activisme intérieur et extérieur de IRA.

Pour Maimoune les actions, activités et discours téméraires de Biram Dah Abeid et ses compagnons, ont permis d'implanter IRA dans toutes les villes et tous les villages de Mauritanie; et que la Mauritanie a acquis une célébrité qui lui a tant manqué, grâce à la renommée internationale du leader d'IRA-Mauritanie et à la médiatisation de ses actions ou discours. L'universitaire italien a souligné que l'interdiction du mouvement IRA et le parti RAG qui en est une émanation, a limité l'efficacité de Biram Dah Abeid et ses compagnons; néanmoins, pour Maimoune, le score de 9 pour cent aux dernières élections présidentielles, est très bon et il considère que c'est autour de l'ouverture ou non du jeu démocratique en Mauritanie, que l'issue de la confrontation va se décider.

Maimoune affirme que le bouleversement profond et global que IRA et son président ont commencé à imprimer pour la Mauritanie, dénote que leur action est multiforme et dépasse le cadre d'une simple activité pour les droits humains, et vers une opération de changement sociétal et politique globale.

Allocution de Biram Dah Abeid

Aujourd'hui encore, je vis, avec vous, des moments où ma lutte, celle de mes compagnons, est magnifiée, en Italie, par la belle langue de ce peuple, héritier d’un empire et produit d’une bataille mémorable contre le fascisme, une autre forme d’esclavage, comme le rappelait le moins anonyme des Turinois, le prosateur de l’urgence, Primo Levi, dans son livre « Si c’est un homme ».

Oui, nous avons choisi de devenir des hommes, debout, à l’inverse de son personnage, cet être résigné à son sort, orphelin même de la volonté de survie. L'écrivaine Maria Tatsos, s'est investie pour vous rendre compte de notre longue marche et léguer, aux générations futures, la trajectoire des derniers témoins de l’esclavage de naissance dans le monde arabo-musulman. Maria, emboîte ainsi le pas, de la plus belle manière, à bien des figures de l’humanisme engagé dans votre pays. Aussi, citerais-je, entre autres compagnons de route, Ivana Dama, feu Marco Panella, Ricardo Noury et Giusepe Maimoune ; je n’oublierai, non plus, l'amitié admirable de Francesca Doria et de Marisa Sovoia.

Permettez-moi, s’il vous plaît, de rendre hommage à toutes les militantes et militants pour une Mauritanie de l’égalité ; compatriotes ou étrangers, ils ont maintenu, intacte, afin de la transmettre encore et toujours, la sève de l’universalisme en actes. Au nom de notre appartenance commune à l’espèce humaine, mon souvenir, empreint de fierté, va vers les mauritaniens, d'extraction esclavagiste ou descendants de maître, qui ont décidé l’éradication du système de privilèges par le sang ; d’autres, moins visibles, mènent, souvent de manière diffuse, des formes de refus et de résistance dont témoigne, aujourd’hui, l’écriture ardente de Maria Tatsos, un texte où le lecteur pressent la verve de Curzio Malaparte et beaucoup de Pier Paolo Pasolini, idéaliste de la transformation sociale.

Maria, chers amis, je dois me mettre à apprendre l’italien, pour ne plus me contenter des traductions vers l’Arabe et le Français. Grace à votre ouvrage, j’irai à la rencontre du plus albanais des Sardes, Antonio Gramsci dont les expressions « société civile », « intellectuel organique » et « hégémonie culturelle» décrivent tant notre combat. En relisant les « Cahiers de prison », peut-être découvrirais-je, enfin, le secret ambivalent des écrivains d’Italie, quand ils excellent à exposer la souffrance de l’Autre mais aussi en magnifier l’espoir, comme une forme de rachat, j’allais dire de rédemption, devant la cruauté de la vie.

Alors, oui, continuions, ensemble, à espérer et agir, sans trop rêver. Seul l’effort collectif paie.

Je vous remercie.

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Source : IRA-Mauritanie
Commentaires : 4
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Commentaires (4)

  • Medabdi (H) 12/05/2018 08:05 X

    la présence de la Sioniste et agent de MOSSAD Ivana Dava signifie que ce livre n'a aucune importance pour le peuple

  • pyranha (H) 10/05/2018 22:35 X

    Selmedine, Cesse de gesticuler en pleine rue comme si tu voulais prendre l'air dans tes mains ,on croirait qu'on a affaire à un malade mental.Tu connais parfaitement les raisons qui font que Biram a décidé de consacrer sa vie à combattre pour anéantir ces sauvages que tu sembles ignorer dans cette période que tu cites bien au XXI siècle .Les occidentaux que tu indexes comme ne devant rien connaitre de la RIM , renseigne que tu ignores totalement et parfaitement ce sujet. En effet ces gens connaissent mieux que n'importe quel mauritanien et l'histoire et la sociologie et l'anthropologie de ce pays .Soit courageux ,honnête et sincère ne soit pas lâche rejoins Biram pour liserer tes frères et compatriotes encore sous le joug des oppresseurs esclavagistes.

  • Selmedine (H) 10/05/2018 17:37 X

    Cette écrivain italienne veut nous faire croire qu'elle connaît la société mauritanienne à travers des renseignements ironnes fournis par biram et ses sbires Or le livre qu'elle vient de publier est une prostitution de l'histoie de notre pays .Personne ne peut admettre que la Mauritanie autorisé l'esclavage alors que la prise de conscience de ses fils prône l'égalité et la fraternité entre eux .qui est maître de quoi? Pour quel interet? Qui peut accepter une condition d'asservissement en ce XXI s ? Pour peut être justifient une quête matérielle de la part de l'ONG de birame et ses maîtres européens .

  • hamadel (H) 10/05/2018 15:59 X

    Biram nous avons hate de voir ce livre traduit en français en arabe et en anglais si nos médiocres autorités le permettent il sera acheté comme des baguettes de pains en Mauritanie bon courage vivement 2019