29-08-2018 13:51 - Appel à la résistance contre la tyrannie (Par Mohamed Ould Bouamatou)

Appel à la résistance contre la tyrannie (Par Mohamed Ould Bouamatou)

Mauriweb - Voilà dix ans que notre peuple souffre sous une dictature brutale et impitoyable. Voilà dix ans que la Mauritanie est prise en otage par un rebelle qui s’est emparé du pays par un coup de force militaire pour installer un pouvoir personnel sans partage et faire main basse sur les biens de l’Etat et les ressources de la Nation.

Voilà dix ans que nos libertés sont bafouées et nos concitoyens exposés aux pires avanies de la police politique. Il ne se passe pas un jour sans que des opposants, des militants de droits de l’homme ou des journalistes sont arrêtés et jetés en prison.

Des artistes engagés sont persécutés et contraints à l’exil. Des sénateurs, des syndicalistes et des journalistes sont placés sous le contrôle de la police avec confiscation de passeports et interdiction de voyage. Des mandats d’arrêts illégaux sont lancés contre des hommes politiques et des hommes d’affaires dont les biens sont arbitrairement saisis en connivence avec une justice aux ordres.

Un climat de terreur et d’intimidation est entretenu pour étouffer toute velléité de contestation. Voilà dix ans que la corruption et la gabegie gangrènent notre pays. Toute notre économie est mise au service d’un dictateur et d’une poignée d’individus autour de lui, qui sucent le sang du peuple comme des sangsues. Voilà dix ans que le secteur privé et les banques sont soumis à un racket permanent du régime et font l’objet d’un chantage éhonté.

Quand ils financent les frasques du régime, il font preuve d’« acte de patriotisme » et quand ils financent l’opposition, ils sont accusés de corruption et de haute trahison. Le terrorisme d’Etat que le régime exerce sur les citoyens est pire que le terrorisme qui sévit contre les populations dans la région du Sahel.

Aujourd’hui, alors qu’il est à quelques mois de la fin de son second mandat, le tyran veut, coûte que coûte, modifier le texte de la Constitution qui lui interdit de briguer un troisième mandat. Tourmenté par la hantise de quitter le pouvoir et pris de panique à l’idée de devoir rendre compte de ses méfaits, il n’hésite pas à diriger personnellement, au mépris de la Constitution, la campagne électorale du parti fantoche qu’il a créé. Sillonnant le pays avec les moyens de l’Etat, il s’emploie à menacer et intimider les hommes politiques et les citoyens afin de les contraindre à voter pour la perpétuation de la dictature.

Face au grave péril qui menace l’avenir de notre pays, je lance un appel à tous les partis de l’opposition, les organisations de la société civile, les syndicats et à toutes les forces vives du pays pour faire échouer les desseins irresponsables et criminels du dictateur. Nous devons taire nos différences et unir nos forces dans un élan patriotique. Nous avons tous l’impérieux devoir d’être solidaires dans cette épreuve décisive pour le destin de la Nation.

Le seul adversaire qu’il faut battre, c’est la dictature. Notre mot d’ordre doit être « tout sauf la dictature ». Notre lutte ne s’arrêtera pas aux élections mais continuera jusqu’à la libération totale de notre pays du joug de la dictature et de l’infamie des marchands d’otages et des escrocs du Ghanagate.

J’en appelle aussi aux dirigeants des partis de la “majorité“ et aux personnalités indépendantes qui se sont présentées sous leurs couleurs de voter contre le parti des comparses de la dictature. Vous devez laver l’affront du tyran qui vient de renier tout lien avec vous en appelant à voter uniquement en faveur de son parti godillot.

Fidèle à son ingratitude légendaire, il s’est servi de vous pour faire passer ses forfaits contre le peuple et la Constitution. Maintenant qu’il pense ne plus avoir besoin de vous, le voilà qui vous humilie en vous traitant comme quantité négligeable. Le tyran n’a pas de parole.

Si vous ne prenez pas vos responsabilités, si vous continuez à soutenir le dernier Yahya Jammeh de la région, vous le regretterez un jour, de la même manière que moi je regrette aujourd’hui de l’avoir fait. Celui qui n’a pas respecté son serment devant Allah le Tout-puissant après avoir juré sur le Saint Coran, ne saurait respecter ses engagements vis-à-vis des hommes.

A tous les Mauritaniens, aux femmes et aux jeunes de Mauritanie, je lance un appel pour cesser toute forme d’activité ou de commerce avec le dictateur et ses acolytes. Il s’agit d’une petite bande de malfaiteurs dont chacun des membres est bien connu de vous. Ils ont saigné à blanc l’Etat et les entreprises publiques.

Partis de rien, ils sont devenus richissimes en fort peu de temps grâce aux passe-droits et aux facilités fiscales exorbitantes leur permettant d’évincer toute concurrence. Leur fortune est faite sur votre dos. N’achetez pas les produits qu’ils vendent sans jamais acquitter les droits de douanes. Ne traitez pas avec les banques qu’ils ont créées pour le blanchiment de l’argent sale.

Ne travaillez pas avec leurs sociétés écrans pour lesquelles ils ont imposé le monopole des prestations pour les sociétés minières et pétrolières. N’acceptez pas de travailler dans leurs usines, nisur leurs bateaux dont les licences de pêches ont été accordées par népotisme en violation de la loi et au détriment des professionnels mauritaniens du secteur.

Refusez de travailler sur les terres agricoles qu’ils ont usurpées dans la vallée au détriment de leurs propriétaires légitimes. Ne travaillez pas dans leurs chantiers dissimulés tels l’école de police et autres immeubles extorqués au domaine public.

Refusez de débarquer leurs marchandises importées sans paiements de taxes, ni de droits de douanes. Ne payez pas les impôts tant qu’eux-mêmes ne les payent pas. Face à la loi de la jungle appliquée par le régime, proclamez la désobéissance civile. Révélez au grand jour les pratiques maffieuses du régime et dénoncez ses crimes abominables.

La jeunesse de notre pays est à la pointe du combat contre le despotisme. Jeunes de Mauritanie, vous êtes les principales victimes de la dégradation de l’enseignement et du chômage endémique qui frappe le pays. Vous avez une responsabilité capitale dans l’avènement du changement. Intensifiez la lutte contre la dictature jusqu’à la libération du Président BiramOuld Dah Ould Abeid et du sénateur Mohamed Ould Ghadda qui donnent un exemple magnifique de courage et de sacrifice face à l’oppression féroce du régime.

Jeunes de Mauritanie, vous tenez entre vos mains votre destin et celui de votre pays. Agissez avant que la turpitude du monstre ne conduise notre pays à un sort pire que celui de la Somalie. Votez contre la tyrannie. Votez pour les partis de l’opposition.

Votre vote est décisif. Protégez-le en barrant la route à la fraude, à la duplicité et au mensonge érigés en méthode de gouvernement. Le dictateur a entrepris une gigantesque opération de fraude avec l’utilisation des moyens de l’Etat, l’asservissement de l’Administration, la menace et l’intimidation des électeurs. Mais la révolte des consciences est plus forte que la brutalité de l’oppression.

Le tyran peut bien saisir nos biens. Ce n’est pas l’argent qui compte le plus dans la bataille que nous engageons mais notre volonté et notre détermination à abattre la dictature. Le Mahatma Gandhi a libéré l’Inde de la colonisation alors qu’il n’avait pour toute fortune qu’un pagne blanc, une chèvre et des sandales. Par la résistance et l’activisme, faites que ces élections soient un raz-de-marée qui emportera le tyran et ses acolytes.

Pour ma part, je m’engage, pour le restant de mes jours, à lutter inlassablement pour l’avènement d’une Mauritanie libre et démocratique, une Mauritanie débarrassée du sinistre Basepet de tous les stigmates de la dictature, une Mauritanie où le citoyen se sent en sécurité sans risque d’être agressé ni inquiété arbitrairement, une Mauritanie qui vit dans « la justice à l’intérieur et la paix avec l’extérieur» et notammentles pays voisins.

Je sais que je suis continuellement menacé. Des barbouzes étrangers sont payés pour attenter à ma vie. Mais, loin de me faire peur, ces menaces ne font que renforcer ma détermination pour continuer à me battre jusqu’au bout pour la réalisation de mon rêve, celui de voir mon pays devenir un Etat de droit où tous les citoyens jouissent de la liberté, de la justice et de l’égalité des chances, un Etat où sont bannies à jamais la famine, la soif et tous les syndromes de la pauvreté et de l’ignorance.

Mon ambition est de voir mon pays devenir un Etat où le pouvoir n’est pas un raccourci pour l’enrichissement, où les droits de l’homme sont respectés, l’alternance pacifique assurée et le pouvoir du président limité à deux mandats, successifs ou non. Mon vœu le plus cher est de voir la Mauritanie devenir, un jour, la Norvège de l’Afrique de L’Ouest.

C’est le lieu de rendre un vibrant hommage à nos vaillantes forces armées qui sont conscientes que l’armée n’est pas faite pour opprimer le peuple, ni défendre une personne ou un clan mais le pays tout entier. Sa noble et exaltante mission est de sauvegarder la patrie, l’intégrité du territoire et la souveraineté de la Nation.

Je prends l’engagement solennel d’élucider, un jour ou l’autre, les circonstances de la mort suspecte de mon frère et ami, feu le Président Ely Ould Mohamed Vall, tragiquement disparu dans des conditions encore mystérieuses.

A tous les Mauritaniens épris de justice et de dignité, je lance un appel à la résistance. Le temps est venu de briser les chaines de l’esclavage dans lequel le tyran veut maintenir notre peuple. Quelque soit la force des ténèbres, elles ne peuvent empêcher le jour de se lever. Aucune force au monde ne peut sauver les dictateurs quand vient l’heure de leur déchéance.

Mohamed Ould Bouamatou



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 11
Lus : 4199

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (11)

  • ndiagadiouf (H) 31/08/2018 17:21 X

    Cher "concitoyen". Le calvaire des populations négro-africaines en Mauritanie, n’a pas commencé seulement depuis 10 ans. Notre système ségrégationniste a existé bien avant Ould Abdoul Aziz. Il est vrai que celui-ci en tire les bénéfices en l’exacerbant et en l’adaptant à ses intérêts. Votre promesse de clarifier les circonstances de la mort de votre frère et ami, feu le Président Ely est sans doute légitime. Mais vous ne faites aucune allusion aux cas des milliers de noirs mauritaniens assassinés ici et là au rythme des actions génocidaires. À croire que ces forfaits et les pratiques qui continuent de nous accabler, ne méritent pas qu’on s’y intéresse. Le problème qui vous oppose à votre cousin nous semble plus un problème personnel qu’une question nationale. Et voilà que les menaces que vous promettez feront encore réfléchir le « Président des Pauvres », pour un autre mandat sous le slogan de « préservation des acquis ! ». Vous nous proposez une désobéissance civile et vous oubliez d’y ajouter « au prix de la famine et du déshonneur ». Nous souhaitons une formule d’action plus appropriée de solution à notre calvaire. Cela arrivera tôt ou tard, en commençant par une Assemblée Nationale libérée. Ndiagadiouf.

  • medloussederroum@yahoo.fr (H) 31/08/2018 13:22 X

    Monsieur Bouamatou, Je ne vais pas vous tenir rigueur du soutien que tu as apporté à Ould Abdel Aziz, alors que sans toi, il n'aurait eu aucune possibilité d'échapper au lendemain de son putsch. Je t’en aurais tenu rigueur autant qu'à Ahmed Ould Daddah et beaucoup d'autres qui ont eu la salive à la bouche le 6 aout 2008 et qui ont eu la gorge sèche après. Je précise que je ne suis pas parmi ceux qui ont surfé sur les matelas de Sidi Ould Cheikh Abdellahi en le trompant. Je sais aussi que tu ne manques pas de patriotisme et de générosité et je te crois bien, mais la police politique pourrait aller jusqu'à penser que tu te livres à une scène de théâtre. L'Hypothèse est fondée sur quatre arguments quasiment péremptoire. 1° Tu peux bien simuler une guerre avec Aziz et partager avec lui tous les capitaux faramineux qu'il a amassés. Les pertes que tu subis en apparence seraient largement compensées par les transferts qu'il effectue à ton compte. 2° En faisant semblant d’etre en conflit avec le dictateur, tu échappes à la critique et surtout à la pression de ceux qui t'auraient embarrassé avec leurs problèmes, leurs ambitions commerciales, les promesses que tu leur aurais faites, etc. 3° En te montrant opposé à Aziz, tu te ménages plus tard une sortie honorable te permettant de te présenter en tant que choix alternatif. 4° Il y a des armes dont tu n’a fait jusqu’ici aucun emploi, alors qu’elles auraient abattu définitivement le fauve. Mon souhait le plus ardent est que tu sois sincère et que tu aides ton pays à sortir de son obscur labyrinthe Voir moins

  • paradis (H) 30/08/2018 16:39 X

    Bonjour Bouamatou, Je pense que certains hommes d'affaires prennent le peuple mauritanien comme des cons. Comment peut -on parler de la dictature maintenant parce que seulement tes biens sont saisies ? Au temps de Mouawiya, il y a eu des massacres des innocents en Mauritanie , des choses pures , tu étais où cher Bouamatou . Parce que certains hommes d'affaires sont appelés à se conformer aux lois du pays , tu parles de dictature. La Mauritanie ne pourrait jamais avoir un président pur que Mouawiya. Avant , c'est une seule communauté qui souffrait .Maintenant, d'autres tribus ou communautés subissent les mêmes traitement et commencent à parler alors que ces dernières étaient silencieuses. Bon vent et bon exil mon homme d'affaires. Laissons nous avec notre président !!!!!!!!!

  • medloussederroum@yahoo.fr (H) 30/08/2018 16:27 X

    Pourquoi avez-vous supprimé mon commentaire après l'avoir publié?

    ------

    Bonjour,

    medloussederroum@yahoo.fr (H),

    Votre commentaire, vous l'avez publier sur l'article suivant :

    http://www.cridem.org/C_Info.php?article=714766

    Vous pouvez le vérifier. Merci.



  • Bertrand (H) 30/08/2018 14:00 X

    Une question à Bouamatou. Pourquoi ce long silence. Pourquoi maintenant, seulement, lorsque tes biens ont été saisis dans le cadre de la guerre fratricide qui t'oppose à ton cousin et dont ALLAH seul connait les tenants et les aboutissants. Les hommes d'affaires mauritaniens et les hommes politiques, à quelques rares exceptions ont accumulés leurs fortune par le détournement des deniers publics, et la corruption. Ce ne sont pas ces gens qui vont sauver la mauritanien. c'est comme qui dirait la guerre des gangs. des mafieux mafiosi font tout pour déloger des mafieux mafiosi et prendre leur place. OU EST LA MAURITANIE DANS TOUT CELA?

  • zelimkhan2 (H) 30/08/2018 13:10 X

    En Août 2008, vous ne vous êtes pas posé la question de l'usurpation du pouvoir! Ce qui comptez pour vous, c'était comment vous enrichir davantage après la chute de celui qui vous avez sorti du néant: Moawiya. Aujourd'hui, vous nous vendez une nouvelle virginité!!! Hahahaaa, M. Bouamatou, foutez-nous la paix. Là où l'on peut trainer Aziz vous aurez une place de choix juste à côté de lui. aziz et vous = 69

  • moukhabarat (F) 30/08/2018 11:30 X

    Qui sème le vent, récolte la tempête....

  • mboyricksalem (H) 29/08/2018 21:02 X

    BOUAMATOU RACONTE CE QUE TU VEUX MAIS NE NOUS TROMPE PAS C'EST MAINTENANT QUE TU PARLES NON JE NE CROIS PAS EN TES MOTS VIENS FAIRE LA PAIX AVEC TON AMI MONSIEUR LE PRESIDENT.

  • mboyricksalem (H) 29/08/2018 20:58 X

    TU AS OUBLIE TON SOUTIEN AU PRESIDENT DES ANNEES DURANT TU N'AS RIEN DIT LAISSE NOUS VIVRE STP .

  • Ksaleh (H) 29/08/2018 20:30 X

    Si seulement vous saviez, il y a dix ans ! Il faut pourtant que vous nous dites et expliquez les tenants de votre différent avant de vous jeter dans des opérations de représailles. Qu'est ce qui vous a pris pour être (selon l'opinion populaire) l'homme qui par son argent a amené Ould Abdel Aziz au pouvoir. Pour ne parler que du BAZEP, ignoriez vous son influence néfaste il y a dix ans, pour battre campagne avec Ould Abdel Aziz, je vous vois encore derrière lui sur toutes les scènes de campagne à travers le pays.

  • kadimapur (H) 29/08/2018 17:18 X

    C'était prévisible...La bataille des ''lions'' est désormais engagée...Reste à savoir qui va l'arbitrer lol