15-04-2019 17:16 - A Madame Assane de l’Ecole du Marché : A l’aune de ta main légère | Par ELY Mustapha

A Madame Assane de l’Ecole du Marché : A l’aune de ta main légère | Par ELY Mustapha

Pr ELY Mustapha - Elle vient de disparaître celle qui nous apprit les racines premières de ce par quoi, aujourd’hui, on sait : les mots et les chiffres.

Celle qui s’inquiétait de l’état de nos plumes et de nos encriers, qui redressait nos petites mains et guidait nos doigts hésitants sur les lignes des pages de nos cahiers pour que la grâce de notre écriture puisse refléter la beauté de notre âme. Celle qui nous appelait « mes enfants » et surveillait nos courses endiablées jusque dans la cour de l’école.

Celle qui nous offrait, à chaque récré, ce panier de petits pains au beurre exquis du matin gris. Celle qui nous apprit l’humilité et la persévérance et qui contribua à faire de nous ce que nous sommes, est une fée d’autrefois, un ange de douceur et de patience, une institutrice à nulle autre pareille.

Une institutrice de l’école du marché des années soixante à soixante-dix. Claire Assane. Elle est décédée, en France, elle qui chérissait tant la Mauritanie.

Elle vivait humblement dans des blocs rouges d’autrefois, enseignait dans une école d’autrefois, et instruisit des enfants d’autrefois qui, aujourd’hui, comme autrefois, lui sont à jamais reconnaissants.

Repose en paix Madame Assane. Que la terre te soit aussi légère que cette main que tu passais sur nos petites têtes quand, autrefois, satisfaite de nous, tu passais entre les rangs.

ELY Mustapha



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Commentaires (3)

  • mohamed hanefi (H) 16/04/2019 11:18 X

    Madame Hassan. Notre chère maitresse. Que son âme repose au paradis. Elle aimait beaucoup ses élèves. Une fois, passant au niveau du cinquième bloc, qui a été effacé de notre registre visuel, je me suis souvenu, je ne sais pourquoi d’un poème qu’elle nous chantait et que nous chantions après elle : Viens j’ai des fruits d’or, j’ai des roses. J’en remplirai tes petits bras. Je te dirai de douces choses. Et peut-être tu souriras. J’ai pressé le pas, submergé par la tristesse. J’ai pensé à cette époque, où des gens nous préparaient à la vie et que nous ne verrons plus jamais. Même plus le bloc numéro cinq, où penché par la fenêtre, sa fille Suzanne regardait loin comme si derrière la ville elle voyait la mer. Tu peux dormir en paix notre fée. Ton jardin a fleuri et des cœurs y ont poussé et qui ne t’oublieront jamais.

  • haadirock (H) 15/04/2019 21:48 X

    Ça c'est avant la mort de l'ecole mauritanienne.que reste t-il de tout celà? Pauvre Mauritanie!

  • kangourou (H) 15/04/2019 17:48 X

    Merveilleux témoignage, merci Pr.