23-03-2025 09:12 - Stop au venin de RFI et de France 24 ! / Par Dr. Mohamed Ahmed BABA AHMED SALIHI

Stop au venin de RFI et de France 24 ! / Par Dr. Mohamed Ahmed BABA AHMED SALIHI

Le colonialisme moderne avance masqué, utilisant des stratégies subtiles pour remodeler les perceptions et manipuler les dynamiques internes des nations africaines.

La Mauritanie, présentée comme un nouvel Eldorado, fait aujourd'hui l'objet d'une attention soutenue d'une certaine presse européenne aux intentions douteuses. Alors que d'autres pays ferment hermétiquement leurs frontières, la Mauritanie apparaît comme l'une des rares portes d'entrée vers l'Europe.

Ce contexte alimente un discours international biaisé, dramatisant les expulsions de clandestins subsahariens et mobilisant une cinquième colonne de relais locaux pour défendre les "droits de l'homme" au détriment des droits souverains des Mauritaniens.

Radio France Internationale (RFI) et France 24, sous couvert de liberté éditoriale, semblent une fois de plus jouer un rôle douteux dans l'escalade des tensions entre la Mauritanie et ses voisins. La couverture médiatique partiale et unilatérale qu'elles proposent, centrée sur des témoignages orientés et difficilement vérifiables, rappelle leurs méthodes controversées déjà observées ailleurs en Afrique, notamment au Rwanda.

Une couverture médiatique à charge

Saint-Louis, ville chargée d'histoire et stratégiquement située à la frontière mauritanienne, a été choisie comme centre névralgique de cette campagne médiatique. Exploitant des frustrations locales et des mémoires partagées parfois douloureuses, RFI et France 24 diffusent des récits dramatisés sur les expulsions de migrants illégaux sans aucun contexte sur les enjeux régionaux et les efforts des autorités mauritaniennes pour gérer une pression migratoire terriblement complexe.

L'absence de mise en perspective des témoignages et la surexposition de récits larmoyants renforcent une perception biaisée et hostile à la Mauritanie. L'objectif semble clair : provoquer une indignation internationale et fragiliser la position du pays sur la scène régionale.

Une stratégie déjà à l'œuvre ailleurs en Afrique

Ce n'est pas la première fois que RFI ou France 24 sont accusées de déstabilisation par le biais de narratifs orientés. Au Rwanda, le traitement partial de Rfi du génocide de 1994 a été largement critiqué pour avoir nourri la polarisation des récits. En Côte d'Ivoire, durant la crise post-électorale de 2010-2011, la radio a été perçue comme un instrument de propagande en faveur d'un camp contre un autre. En Centrafrique, ses reportages ont exacerbé les divisions communautaires, au point de susciter des réactions virulentes contre ses correspondants.

Des pays comme le Mali et le Niger n'ont pas hésité à suspendre RFI et France 24, jugeant leur travail comparable à celui de la tristement célèbre "Radio des Mille Collines".

Réaction nécessaire des autorités mauritaniennes

Face à cette ingérence manifeste, il est impératif que la Mauritanie adopte une position ferme. Dans un premier temps, une demande officielle d'explication doit être adressée aux antennes locales de RFI et France 24, leur sommant de justifier leurs choix éditoriaux. Si cette tentative de clarification n'aboutit pas, la menace d'une suspension, voire d'une interdiction définitive, doit être envisagée pour préserver la stabilité nationale.

De son côté, le Sénégal doit également réfléchir à la présence d'équipes de RFI sur son sol, si celles-ci sont utilisées pour amplifier une crise artificiellement fabriquée et alimenter une méfiance entre deux nations historiquement liées.

Il ne s'agit pas de restreindre la liberté de la presse, mais de protéger la souveraineté et l'intégrité du pays contre une entreprise médiatique aux objectifs troubles. Ignorer cette menace, c'est prendre le risque de voir la Mauritanie devenir la cible d'une campagne de déstabilisation plus large, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour la région.

Conclusion

L'affaire des expulsions de migrants illégaux est instrumentalisée par une presse internationale qui ne se préoccupe guère des intérêts des Mauritaniens. En amplifiant les tensions et en cherchant à imposer un récit culpabilisant, RFI confirme son rôle comme outil d'influence d'une puissance extérieure en perte de vitesse sur le continent africain.

Il appartient dès lors aux autorités et aux populations concernées de réagir avec vigilance pour déjouer ces stratégies et affirmer leur souveraineté face aux tentatives de manipulation extérieure.





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Commentaires (7)

  • Mowatin (H) 25/03/2025 05:45 X

    100% D'accord avec Dr. Salihi. Le colonialisme moderne avance sous des formes insidieuses, utilisant la presse internationale pour influencer les perceptions et fragiliser la souveraineté des nations africaines. La Mauritanie, présentée comme un maillon faible face à la pression migratoire, est la cible d’une couverture médiatique biaisée orchestrée par RFI et France 24. Ces médias, déjà accusés d’ingérences ailleurs en Afrique, dramatisent les expulsions de clandestins sans contexte, alimentant une campagne de déstabilisation. Face à cette menace, les autorités mauritaniennes doivent agir fermement pour préserver l’intégrité nationale et contrer cette manipulation extérieure.

  • abatcha (H) 24/03/2025 03:00 X

    On donne des papiers mauritaniens aux Touaregs, parce qu'ils sont comme vous physiquement, ressemblent à vous. Quant aux noirs Mauritaniens (et Autochtones) on refuse de les recenser. Ça se voit, que c'est une question de race que vous faites.

  • ouldsidialy (H) 23/03/2025 20:43 X

    Voilà le résultat de ce que donne une presse d'influence française infestée par les corruptions internes aux sens génériques comme latin ! Le propos n'est pas ici de vouloir convaincre les mauritaniens que les conneries de RFI ou France 24 sont à distinguer de l'indifférence des responsables publics français mais d'apporter des précisions qui j'espère les aideront à affiner leurs critiques. Il n'y a que comme cela que tout le monde peut avancer.

    1) Le traitement de la crise migratoire actuelle en Mauritanie par RFI et France 24 adopte un regard qui émeut à juste titre les africains et interroge plus largement.

    Les lignes éditoriales viennent surligner les conséquences non désirées mais inévitables de choix faits ensemble par la France et l'Europe d'un côté et de l'autre un certain nombre de pays africains ayant décidé de collaborer avec l'Europe.

    Le Sénégal et la Mauritanie sont de ceux-là. Des citoyens des deux pays sont bien obligés de constater que certains articles ou reportages sont de nature à semer la zizanie entre les peuples.

    Y a-t-il quelqu'un pour voir que la barque du passif est surchargée en soupçons ? Que ces derniers ne sont pas que pure paranoïa au vu de l'histoire récente ?

    2 ) En Afrique on pense très logiquement, qu'un média d'influence comme RFI est supposé répondre aux finalités de sa raison sociale dont au moins ne pas perdre de vue l'intérêt général et les choix de la France. Une connerie de RFI, non sans raison, sera donc aussitôt rapprochée d'au moins l'assentiment si ce n'est un projet de l'Etat français ! En France, pour une presse subventionnée par l'argent des citoyens , il est attendu une information autorégulée par le sens civique et citoyen des journalistes qui veillent au moins à ne pas contredire les options stratégiques de son pays.

    3 ) En culture et mentalité médiatique française , l' Afrique est la zone géographique au sujet de laquelle " ON PEUT SE DETENDRE". C'est le thème où il n'y a pas trop de contradictions ou de polémique passionnée dans l'opinion française ( qui compte en premier, y compris pour un média export) . Au sujet de l'Afrique, le journaliste peut donc se faire plaisir pour sa petite opinion idéologique, sa morale à soi ou se laisser aller pour son petit penchant cupide ou dilettante. En Afrique , on ne paye pas mais on n'est pas non plus obligé de " comprendre" les effets de la corruption des français en France ou leurs mentalités.

    Les Africains ont un tel ressenti de la corruption chez eux qu'ils peuvent ne pas s'encombrer la réflexion par celle des autres. Cela fait faire de mauvaises interprétations. En Afrique on n'imagine pas le nombre de conflits intérêts qui n'ont rien à faire avec l'objet social des médias et peuvent faire passer celui-ci aux 10 ° degré des préoccupations.

    4) Sur une actualité transatlantique, le rapport à la Russie, la chine , les africains peuvent ne pas se tromper à penser que les journalistes français se sentent obligés de travailler un minimum, prennent le temps de faire attention à leur devoir citoyen, se préoccupent de la cohérence de la ligne éditoriale pour leur pays et sont partagés entre les différentes sensibilités démocratiques internes à la France.

    Mais dans beaucoup de cas, ils verront mieux les choses s'ils tiennent compte du fait que l'information en France est faite selon l'inspiration à la petite semaine ou selon le petit profit d'argent, de carrière ou petites amitiés.

    La révolution de l'accès à l'information et à la désinformation est passée partout sur terre. Les consommateurs ont l'expérience de l'utilisation instrumentalisée de l'information par les pays démocratiques et grandes puissances. Il n'est plus crédible de la part de ces derniers de dire " les médias sont libres chez nous et on ne peut rien à leurs conneries". De même les médias ne sont plus crus à dire " nous, on est là pour informer en toute indépendance et selon nos idéaux". Mais l'accès à l'information et l'éducation, fait aussi que l'on ne peut plus dire sans arguments étaillés de mobiles et cohérences , telle puissance organise un complot.

  • Mortel (H) 23/03/2025 12:23 X

    Merci Dr. SALIHI. C'est un puissant plaidoyer pour la souveraineté ! Cet article met en lumière une tentative insidieuse de manipulation médiatique visant à affaiblir la Mauritanie sous couvert de défense des droits de l’homme. Il est impératif de dénoncer ces ingérences et de soutenir une riposte nationale ferme contre ce néocolonialisme masqué. La Mauritanie doit rester maître de son destin, sans se laisser dicter sa politique par des intérêts extérieurs déguisés en bien-pensance médiatique !

  • Mortel (H) 23/03/2025 12:17 X

    Dans un contexte où la souveraineté de la Mauritanie est mise à l’épreuve par des narratifs biaisés et des ingérences médiatiques insidieuses, la voix du Dr. SALIHI résonne comme un rempart de vérité et de lucidité. Son analyse rigoureuse met en lumière les manœuvres sournoises du néocolonialisme informationnel et appelle à une vigilance accrue face aux tentatives de déstabilisation.

  • Mowatin (H) 23/03/2025 12:10 X

    L’Afrique a trop souvent payé le prix du silence face aux manipulations médiatiques venues d’ailleurs. Aujourd’hui, la Mauritanie est ciblée par une presse internationale qui ne défend ni ses intérêts ni sa stabilité. Aux côtés du Dr. SALIHI, défenseur engagé de la souveraineté nationale, il est urgent d’opposer une riposte intellectuelle et patriotique. La vérité ne doit pas être dictée par des rédactions étrangères aux agendas douteux, mais portée par ceux qui, comme le Dr. SALIHI, ont fait de l’engagement pour leur pays un principe inébranlable.

  • Mowatin (H) 23/03/2025 12:08 X

    Face à l’assaut médiatique orchestré contre la Mauritanie, il est impératif de se ranger aux côtés de ceux qui, comme le Dr. SALIHI, défendent avec lucidité et rigueur les intérêts du pays. La campagne insidieuse de RFI et France 24 ne vise pas seulement à manipuler l’opinion, mais à fragiliser un État souverain en jouant sur des tensions artificiellement exacerbées. Soutenir les voix patriotiques comme celle du Dr. SALIHI, c’est refuser de laisser la Mauritanie devenir un pion dans une stratégie néocoloniale masquée sous le prétexte des droits de l’homme.