08-03-2026 07:42 - Quand une guerre lointaine frappe nos économies : l’heure des responsabilités

Quand une guerre lointaine frappe nos économies : l’heure des responsabilités

La guerre qui se déroule actuellement au Moyen-Orient est, militairement, localisée. Mais dans un monde profondément interdépendant, ses conséquences économiques sont mondiales.

Les perturbations qu’elle provoque sur les marchés de l’énergie, du transport maritime et des matières premières se répercutent immédiatement sur les économies les plus dépendantes des importations. Ainsi, paradoxalement, certains pays éloignés du théâtre des opérations peuvent ressentir plus durement les effets économiques du conflit que les pays qui s’affrontent directement.

La Mauritanie n’échappe pas à cette réalité. L’augmentation du prix du diesel et de l’essence renchérit le transport, alourdit le coût des denrées alimentaires et pèse sur le pouvoir d’achat des ménages. Dans une économie où le carburant irrigue l’ensemble de l’activité — du transport urbain aux échanges entre les régions, de la pêche au commerce — la hausse des prix de l’énergie agit comme une onde de choc qui traverse toute la société.

Face à une telle situation, une question s’impose : pouvons-nous continuer à agir comme si rien n’avait changé ?

Devons-nous attendre que tout vienne de l’État, quitte à lui imputer toutes les difficultés ? Ou devons-nous reconnaître que, dans les périodes de turbulence mondiale, la responsabilité doit être partagée entre tous les acteurs de la nation ?

Les citoyens doivent s’interroger sur leur rôle : leurs comportements quotidiens favorisent-ils la solidarité ou aggravent-ils les tensions ? Les élites doivent se demander si leur influence sert réellement l’intérêt collectif. Les médias doivent choisir entre éclairer le débat public ou céder aux rumeurs et aux surenchères.

Mais un acteur essentiel reste souvent absent de ce débat : les entreprises. Or certaines entreprises peuvent, paradoxalement, voir leurs bénéfices augmenter dans les périodes de crise.

C’est le cas, par exemple, des sociétés opérant dans le secteur aurifère. Lorsque les incertitudes internationales s’intensifient, le prix de l’or augmente souvent sur les marchés mondiaux. Les entreprises qui exploitent cette ressource peuvent alors enregistrer des profits importants.

Il en va parfois de même pour les entreprises de télécommunications. En période d’incertitude et de tension, les communications téléphoniques et l’usage d’internet augmentent fortement : les familles cherchent à rester en contact, les citoyens suivent l’actualité, les institutions communiquent davantage. Cette intensification de l’activité peut se traduire par des revenus supplémentaires.

Cette situation pose une question de justice économique : comment répartir l’effort national lorsque la population subit de plein fouet la hausse du coût de la vie ?

Dans ce contexte, il serait légitime d’ouvrir un débat serein sur la mise en place d’une contribution exceptionnelle de solidarité. Un impôt temporaire sur les profits extraordinaires réalisés par certains secteurs — notamment l’exploitation de l’or ou les télécommunications — pourrait permettre de financer des mesures destinées à atténuer l’impact de la hausse du carburant sur les ménages et sur les activités économiques.

Une telle contribution ne serait ni une sanction ni une remise en cause du rôle des entreprises dans le développement du pays. Elle constituerait au contraire un acte de solidarité économique dans un moment où la nation tout entière est confrontée à des défis extérieurs qu’elle ne contrôle pas.

Une crise mondiale exige une réponse nationale. Et cette réponse ne peut être efficace que si chacun — citoyens, dirigeants, médias et entreprises — accepte de prendre sa part de responsabilité.

Mohamed Ould Mohamed El Hacen

Président fondateur Institut 2Ires et de l’Initiative TEBRI Mauritanie 2029

7 Mars 2026





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