09-04-2026 14:00 - Maroc : ce que l’on sait de la mission en Mauritanie du général Berrid, inspecteur général des FAR

Maroc : ce que l’on sait de la mission en Mauritanie du général Berrid, inspecteur général des FAR

JEUNE AFRIQUE - Une délégation militaire marocaine conduite par le général Mohammed Berrid, inspecteur général des Forces armées royales, a effectué une visite officielle en Mauritanie du 6 au 8 avril. Au même moment, des rencontres algéro-mauritaniennes se tenaient à Alger.

Une délégation militaire marocaine conduite par le général de corps d’armée Mohammed Berrid, inspecteur général des Forces armées royales (FAR) et commandant de la zone sud (soit le numéro deux de l’armée marocaine, le numéro un étant le roi lui-même), a effectué une visite officielle en Mauritanie du 6 au 8 avril. Un déplacement placé sous le signe du renforcement de la coopération sécuritaire entre Rabat et Nouakchott.

Accueilli le 6 avril à l’aéroport militaire de Nouakchott par le général Mohamed Vall Ould Rayess Rayess, le chef d’état-major général des armées mauritaniennes, l’inspecteur général des FAR a entamé une série d’entretiens dans le cadre des réunions périodiques de la commission militaire mixte maroco-mauritanienne.

Le lendemain, il a été reçu au palais présidentiel par Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, en présence de l’ambassadeur du Maroc à Nouakchott, Hamid Chabar. Cette audience a permis de « réaffirmer la solidité des relations bilatérales et de souligner l’importance d’une coopération militaire accrue, pour faire face aux défis sécuritaires dans la région sahélo-saharienne », précise-t-on, côté mauritanien.

Au cœur de la visite, les discussions avec Hanenna Ould Sidi, le ministre mauritanien de la Défense, qui ont porté sur le développement du partenariat stratégique (notamment dans les domaines de la formation, de la planification opérationnelle et du partage d’expertise) et, surtout, les travaux de la sixième session de la commission militaire mixte, coprésidés par les chefs d’état-major des deux armées. Leur objectif était d’évaluer les progrès réalisés et d’explorer de nouvelles perspectives de coopération dans un contexte régional marqué par la montée des menaces sécuritaires, notamment au Sahel.

La délégation militaire marocaine s’est par ailleurs rendue au collège de défense du G5 Sahel (CDG5S), à Nouakchott, afin d’y examiner les dispositifs de formation, les outils de simulation opérationnelle et les perspectives de coordination en matière d’entraînement militaire.

Consultations parallèles à Alger

Dans le même temps, l’Algérie accueillait une délégation mauritanienne de haut niveau, conduite par le Premier ministre, Mokhtar Ould Djay. Le 6 avril, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a reçu son homologue mauritanien, Mohamed Salem Ould Merzoug, en amont des travaux de la commission bilatérale de suivi et de la 20ᵉ session de la grande commission mixte algéro-mauritanienne de coopération qui s’est tenue le 7 avril. Outre la coopération bilatérale, les échanges ont porté sur les principaux dossiers régionaux et internationaux, en particulier la situation au Sahel et les tensions au Moyen-Orient.

Mokhtar Ould Djay et sa délégation ont été reçus par le président Abdelmadjid Tebboune, en présence d’Ahmed Attaf, de Boualem Boualem, le directeur de cabinet d’Abdelmadjid Tebboune, d’Amar Abba, conseiller diplomatique de la présidence, ainsi que d’Amine Saïd, l’ambassadeur d’Algérie à Nouakchott.

Fait notable : le dossier du Sahara occidental n’a été évoqué dans aucune des déclarations ou communiqués officiels issus de ces rencontres. Une absence qui semble refléter la volonté de privilégier la position de neutralité de la Mauritanie sur cette question, qui plus est alors que le processus de règlement politique est en cours, sous l’égide Nations unies en coordination avec l’administration américaine, auxquels participent les quatre parties : Maroc, Algérie, Mauritanie et Front Polisario.

Nouakchott et la RASD

La Mauritanie, qui reconnaît officiellement la République arabe sahraouie démocratique (RASD) depuis 1984, s’efforce de préserver un équilibre délicat dans ses relations avec ses voisins marocain et algérien, en évitant toute crispation liée à ce dossier sensible.

Impliquée dans les discussions relancées à Madrid puis à Washington, Nouakchott revendique une position de « neutralité positive », qu’elle présente comme constante. Le 27 février, le porte-parole du gouvernement mauritanien, El Houssein Ould Medou, a réitéré le caractère « inébranlable » de cette ligne, fondée sur le soutien aux efforts diplomatiques visant à rapprocher les positions des différentes parties.

Une posture de neutralité que l’on a pu observer à l’occasion de l’Aïd al-Fitr, le 20 mars, où les publications officielles de la présidence mauritanienne sur les réseaux sociaux ont montré que la RASD ne figurait pas parmi les entités auxquelles le président El Ghazouani a adressé ses vœux, contrairement à ce qui était de coutume auparavant.

De même, le 23 février dernier, le chef de l’État mauritanien a reçu une délégation du Polisario conduite par Hamma Salama, présenté comme président du « Parlement sahraoui », sans que le drapeau du mouvement séparatiste ne soit affiché aux côtés de celui de la Mauritanie contrairement aux usages protocolaires en vigueur lors de rencontres bilatérales. Le contexte même de cette visite est apparu significatif, 48 heures après l’interception par l’armée mauritanienne de deux véhicules légers et d’un camion appartenant à des éléments du Polisario qui avait pénétré sur le territoire mauritanien.

En novembre 2025 déjà, Hamma Salama s’était rendu à Nouakchott après l’incursion en Mauritanie d’éléments armés du Polisario soupçonnés d’avoir tenté de lancer des projectiles en direction de cibles situées à Smara, au centre du Sahara occidental.

Quelques mois plus tôt, en mai 2025, une visite de représentants sahraouis avait eu lieu après la décision de l’armée mauritanienne de fermer la zone frontalière de Lebreika pour empêcher le passage de combattants vers la région située à l’est du mur de défense marocain.

Dans ces deux cas, les images diffusées par la présidence mauritanienne n’ont alors montré aucune présence du drapeau de la RASD, confirmant une ligne de communication désormais soigneusement calibrée.

Par Jassim Ahdani





Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Source : Jeune Afrique
Commentaires : 1
Lus : 611

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (1)

  • analagjar (H) 09/04/2026 17:05 X

    comme d'habitude un article bidon qui nous permet de paraphraser Socrate quand il écrit : "tout ce que je sais c'est que je ne sais rien"