05-05-2026 14:28 - Mauritanie: deux députées abolitionnistes condamnées à 4 ans de prison pour «atteinte aux symboles nationaux»
RFI-Afrique -- À Nouakchott, un tribunal a reconnu coupable, le 4 mai 2026, les députées Ghamou Achour et Mariem Cheikh Dieng de diffusion de contenus portant « atteinte aux symboles nationaux » et à la « cohésion sociale », de « diffamation », de « menaces » et « d'incitation à la violence ». Une décision qui intervient dans un climat de vive tension à l'Assemblée nationale de Mauritanie. Explications.
La justice mauritanienne a tranché ce lundi dans une affaire qui secoue la classe politique. Les députées Ghamou Achour et Mariem Cheikh Dieng ont été condamnées à quatre ans de prison ferme par la chambre criminelle du tribunal de Nouakchott-Ouest. Elles étaient poursuivies pour des publications sur les réseaux sociaux jugées attentatoires à la cohésion sociale et aux symboles nationaux.
Le tribunal de Nouakchott-Ouest reconnaît ainsi Ghamou Achour et Mariem Cheikh Dieng coupables de plusieurs infractions : diffusion de contenus portant « atteinte aux symboles nationaux » et à la « cohésion sociale », « diffamation », « menaces » et « incitation à la violence ».
Pas de levée de leur immunité parlementaire
Une condamnation alors qu'aucune procédure n'a été entamée pour la levée de leur immunité parlementaire.
En plus des quatre ans de prison ferme, le tribunal ordonne une série de sanctions numériques : la suppression immédiate de tous les contenus incriminés, la confiscation des téléphones ayant servi aux retransmissions, ainsi que la fermeture définitive des comptes en ligne concernés.
Lors du réquisitoire, le parquet général s'était montré plus sévère, et avait réclamé cinq ans de prison.
De son côté, le collectif de défense des deux députés, membres du mouvement IRA et élues sous les couleurs du parti Sawab, a quitté l’audience en début de journée, pour protester contre le rejet de ses exceptions de procédure liées justement à l'immunité des deux élues.
Dans la soirée, les avocats de la défense ont dénoncé la précipitation et les manquements du tribunal. Selon eux, cette condamnation est « le symptôme évident d'un mauvais système judiciaire ».
Mariem Cheikh et Ghamou Achour avaient été placées sous mandat de dépôt le 21 avril et envoyées en prison. Elles étaient poursuivies pour avoir critiqué le président et le gouvernement lors de diffusions en direct sur les réseaux sociaux.
Avec notre correspondant à Nouakchott, Oumar El Hadj Thiam
