07-05-2026 21:00 - Au Mali, plus de 30 morts dans deux attaques dans le centre du pays revendiquées par les djihadistes du GSIM
LE MONDE AFRIQUE -
Cette tuerie survient après les attaques coordonnées menées les 25 et 26 avril par le GSIM, allié à Al-Qaida, et la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA), à dominante touareg, contre des positions stratégiques de la junte dans plusieurs localités, dont la capitale, Bamako.
Plus de 30 personnes ont été tuées mercredi 6 mai dans deux attaques contre deux localités du centre du Mali revendiquées par les djihadistes du GSIM, a appris l’Agence France-Presse (AFP) jeudi auprès de sources locales, sécuritaire et administrative.
« Au moins 35 personnes ont été tuées mercredi dans des attaques quasi simultanées » ayant visé les localités de Kori Kori et Gomossogou (centre), a affirmé à l’AFP un responsable local de la jeunesse. Deux sources, sécuritaire et administrative, ont chacune fourni à l’AFP un bilan de plus de 30 tués dans ces assauts revendiqués par le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), qui dit avoir visé des miliciens progouvernementaux.
Wamaps, un collectif de journalistes ouest-africains spécialisé dans les questions sécuritaires au Sahel, a établi un « bilan provisoire » de « plus de 50 villageois » tués et d’autres « encore portés disparus ». Selon Wamaps, des « villages ont été pillés et certaines concessions ont été incendiées » dans ces attaques.
L’armée malienne a dit jeudi avoir mené « une opération ciblée contre les groupes armés terroristes » dans la zone, qui a « permis de neutraliser une dizaine de terroristes », dans un communiqué qui ne donne pas plus de détails.
Profonde crise sécuritaire
Cette tuerie survient après les attaques coordonnées d’ampleur menées les 25 et 26 avril par le GSIM, allié à Al-Qaida, et la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA), à dominante touareg, contre des positions stratégiques de la junte dans plusieurs localités, dont la capitale, Bamako.
Plusieurs villes et localités du Nord sont désormais sous le contrôle des djihadistes et de leurs alliés du FLA. Le ministre de la défense, Sadio Camara, 47 ans, un des piliers de la junte, a été tué dans un attentat-suicide à Kati, fief du régime militaire proche de Bamako, dans ces attaques qui ont fait au moins 23 morts, selon une source hospitalière.
Le Mali est confronté depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire, nourrie par les violences de groupes djihadistes affiliés à Al-Qaida et à l’organisation Etat islamique, mais aussi par les attaques des indépendantistes touareg et de groupes criminels communautaires.
Les djihadistes du GSIM ont appelé le 30 avril à un large « front commun » pour « mettre fin à la junte », en vue d’« une transition pacifique et inclusive » au Mali, dirigé depuis 2020 par des militaires à la suite d’un double coup d’Etat.
Le Monde avec AFP
