26-05-2026 18:35 - Aïd El-Adha : Marchés achalandés, clients dépités!
Le Calame -- Ce lundi 25 mai 2026, vers les coups de 9h30, une douceur printanière plane sur la capitale, contrastant avec la chaleur de la veille. Contre toute attente, la circulation reste fluide.
Sur les grandes artères du Grand Marché, la cohue habituelle des veilles de fête n'est pas au rendez-vous. Le fait que ce lundi soit férié y est pour beaucoup : de nombreux citadins profitent du calme matinal pour faire leurs emplettes sans la bousculade des grands jours.
Dans les boutiques, l'ambiance est étonnamment calme. Rares sont les clientes qui négocient ferme. Venue de Toujounine, Fatma se plaint du coût exorbitant d'un petit “ensemble” pour sa fille. Non loin de là, Moctar, arrivé de Dar Naim avec ses deux enfants, brandit plusieurs tenues face aux vendeurs. À chaque annonce de prix, ses yeux s'écarquillent et il marmonne son agacement.
Ces vêtements pour enfants restent pourtant des dépenses incontournables. Dès lors, que dire du budget pour les tenues des adultes et, surtout, de l'achat crucial du mouton ? Cette année, le prix du bétail coupe le sommeil aux chefs de ménage. Beaucoup risquent fort de « bêler » sous le poids financier du sacrifice. Pourtant, les points de vente de la ville regorgent de bêtes.
Plus loin, une mère de famille venue d'Arafat cherche à compléter ses achats par des chaussures. Elle qualifie ses enfants de « capricieux », jamais satisfaits de la couleur ou du modèle. Face au coût de la vie, elle confie avoir tranché : « Nous avons dit à mon époux de donner la priorité absolue aux enfants. »
La veille, l'ambiance était tout aussi timide aux marchés de Sebkha et du Sixième arrondissement. En temps normal, se frayer un chemin dans ces deux places très populaires relève du parcours du combattant. Réputés pour leurs prix abordables, ces marchés attirent habituellement les bourses modestes de la périphérie, laissant le Grand Marché aux classes aisées de Tevragh Zeina.
En déambulant dans les allées, on croise une forte majorité de femmes, souvent escortées par leurs enfants. Au-delà des vêtements, les clients recherchent des ustensiles de cuisine et du mobilier (matelas, nattes, tapis ou téléviseurs), rappelant la frénésie du Ramadan.
Parmi les vendeurs, des commerçantes venues du Sénégal exposent leurs marchandises à même le sol ou sur des tables de fortune. Arrivées plusieurs jours avant la fête, elles espèrent liquider leur stock pour rentrer passer la fête en famille. L'une d'elles, la mine grise, confie : « La situation n'est pas rose, mais j'espère tout écouler d'ici la fête pour pouvoir rentrer au pays. »
Cette Tabaski 2026 s'inscrit dans un contexte économique mondial lourd, asphyxié par les répercussions de la guerre au Moyen-Orient. En Mauritanie, cela se traduit par une flambée étouffante des prix du gasoil et du gaz butane, qui pèse cruellement sur le pouvoir d'achat des ménages.
