29-05-2026 17:16 - Mauritanie : des discussions évoquent un possible retour de l’ex-président Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya
La voix de la Mauritanie (Nouakchott )
La Voix de la Mauritanie a obtenu des informations indiquant l’existence de discussions sérieuses au sein de hautes sphères du pouvoir en Mauritanie concernant la possibilité du retour de l’ancien président Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya en Mauritanie.
Ces discussions s’inscrivent dans un contexte évoquant une forte volonté du président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani de tourner la page du passé et de créer les conditions favorables à ce retour.
Selon les données circulant, les contacts liés à ce dossier ont connu récemment une activité non déclarée, dans le cadre de démarches visant à fournir des garanties et des facilités à l’ancien président, qui réside hors du pays depuis 2005.
Des sources médiatiques ont également évoqué, au cours des derniers mois, des initiatives et des messages indirects exprimant une volonté officielle de son retour sur le territoire national.
Sous le régime d’Ould Taya, plusieurs événements violents sont rapportés par différentes sources et témoins, certains allant jusqu’à parler d’une répression ciblée contre des populations noires de Mauritanie, notamment les communautés peules.
En 1987, des militaires issus de ces communautés sont arrêtés et accusés de préparer un coup d’État. Après une procédure jugée sommaire par certains observateurs, plusieurs sont condamnés à de lourdes peines de prison, et trois d’entre eux — les lieutenants Ba Seydi, Sy Saidou et Sarr Amadou — sont condamnés à mort puis exécutés le 6 décembre 1987.
Dans la même période, des campagnes d’arrestations touchent également des intellectuels et fonctionnaires noirs, dont plusieurs sont détenus à la prison de Oualata, où certains décèdent et d’autres affirment avoir subi des actes de torture et de mauvais traitements.
En 1989, dans un contexte de tensions avec le Sénégal voisin, des dizaines de milliers de Mauritaniens noirs sont déportés vers ce pays. Des opérations militaires sont également menées dans le sud du pays, accompagnées d’arrestations, de violences et de découvertes de fosses communes selon certains rapports.
Les biens des personnes expulsées auraient été confisqués ou redistribués. Malgré des programmes de retour organisés plus tard, de nombreux rapatriés rencontrent des difficultés pour récupérer leurs biens ou obtenir réparation.
En 1990, des purges sont également signalées au sein de l’armée, visant notamment des officiers noirs, avec des arrestations, des détentions et des exécutions dans certains cas. Les camps d’Inal et de Jreida sont mentionnés dans plusieurs récits comme des lieux de détention et de torture. Un événement souvent cité comme emblématique est l’exécution de prisonniers militaires le 28 novembre 1990, date anniversaire de l’indépendance.
Ces faits n’ont pas tous fait l’objet de jugements internationaux ou nationaux, et une loi d’amnistie adoptée en 1993 continue d’être évoquée comme un obstacle aux poursuites judiciaires contre d’anciens responsables du régime.
À ce jour, aucune déclaration officielle n’a été faite ni par la présidence mauritanienne ni par l’ancien président concernant ces informations, qui restent au stade de données non confirmées et de suivi politique.
