09-06-2026 09:54 - Mondial 2026 : la Fifa capitule et lâche l'arbitre somalien refoulé par les États-Unis
FRANCE24 -
L'arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, qui s'est vu refuser l'entrée sur le territoire américain samedi, n'officiera pas durant la Coupe du monde 2026, a annoncé la Fifa lundi dans un communiqué. L'instance internationale juge le pays hôte souverain en matière de visas accordés.
Fin du rêve américain pour Omar Abdulkadir Artan et la Somalie. Alors que le pays d'Afrique de l'Est pensait s'inviter pour la première fois à la Coupe du monde par l'intermédiaire de son arbitre star, ce dernier s'est vu refuser l'entrée aux États-Unis samedi 6 juin.
Dans la foulée, la Fifa a annoncé que l'officiel somalien, qui avait été élu arbitre africain de l'année en 2025, n'entrait plus dans ses plans pour la compétition.
"La Fifa confirme que l'arbitre Omar Abdulkadir Artan ne pourra ni s'entraîner ni officier lors de la Coupe du monde 2026, après s'être vu refuser l'entrée aux États-Unis", a indiqué l'instance."La Fifa n'intervient pas dans les procédures d'immigration du pays hôte, y compris dans l'octroi des visas, et a été informée par les autorités que le statut de M. Artan ne serait pas modifié pour le moment."
"Conformément aux précédentes compétitions organisées par la Fifa, c'est le gouvernement du pays hôte qui détermine en dernier ressort qui reçoit un visa et qui est admis sur son territoire", insiste la Fédération internationale, se défaussant sur les États-Unis.
"La Russie et le Qatar avaient donné des signes d'ouverture pour donner la meilleure image possible", rappelait Kevin Veyssière, alias FC Geopolitics sur les réseaux sociaux, mi-mai sur France 24. "Ce n'est clairement pas le cas pour les États-Unis. Donald Trump veut que ce soit le monde qui s'adapte aux États-Unis et pas l'inverse."
Si chaque Mondial implique de s'entendre avec le pays hôte, Gianni Infantino a poussé particulièrement loin les efforts pour amadouer le président américain Donald Trump, entre éloge de sa politique intérieure et attribution d'un "prix Fifa de la paix" inventé pour l'occasion. Sans forcément de résultats.
"Tout prend un temps fou"
Attaqué fin février par les États-Unis et Israël, l'Iran vient de replier son camp de base au Mexique et s'est tourné vers la Fifa, pour que Washington garantisse à ses joueurs des visas "à entrées multiples" pour leurs trois rencontres à Los Angeles et Seattle. La situation ne s'est débloquée qu'à une semaine du Mondial.
"La gouvernance de la Fifa est complètement foutraque : tout le monde attend que Gianni appelle Trump. Leur proximité aurait dû permettre des résultats rapides, mais tout prend un temps fou", raconte à l'AFP une source proche des instances du football.
Même l'assouplissement mi-mai par Washington du système de caution pour les demandes de visa - jusqu'à 15 000 dollars pour les ressortissants de 50 pays - arrive "bien trop tard pour les supporters concernés", déplore cette source.
Parmi les pays dans le viseur, la Somalie. "Omar Abdulkadir Artan disposait d'un visa en règle", a assuré lundi Ciise Aden Abshir, haut conseiller auprès du ministère somalien de la Jeunesse et des Sports, interrogé par l'AFP. Omar Artan "compte parmi les arbitres les plus respectés d'Afrique" et lui "refuser l'entrée aux États-Unis et l'empêcher d'officier (...) porte préjudice non seulement à sa personne, mais sape également l'engagement du football en faveur de l'équité, du mérite et de l'esprit du fair-play."
"La communauté du football devrait le soutenir en cette période difficile", a encore estimé cet ancien capitaine de l'équipe nationale somalienne.
Avec AFP
