19-06-2026 11:54 - Le ministre de la Culture devant l’Assemblée nationale : les médias publics sont engagés dans la neutralité et l’équilibre
AMI - L’Assemblée nationale a tenu, ce jeudi soir, une séance publique présidée par le vice-président de l’Assemblée, M. El Hacen Cheikh Baha, consacrée aux réponses du ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, M. Houssein Ould Meddou, à deux questions orales avec débat, présentées par les députés El Mourtada Ould Rfeil et Mouna Mint Dey.
Dans sa question, le député El Mourtada Ould Tfeil a affirmé que les médias publics devraient refléter la pluralité politique et garantir l’expression des différentes opinions, tout en assurant l’égalité des chances entre les citoyens, quelles que soient leurs orientations politiques.
Il a interrogé le gouvernement sur les mesures mises en place pour garantir un accès juste et équitable de tous les acteurs politiques aux médias publics.
De son côté, la députée Mouna Mint Dey a évoqué le dossier des collaborateurs des institutions médiatiques publiques, rappelant que le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, avait donné des instructions pour leur recrutement, mais que l’opération aurait été, selon elle, entachée d’irrégularités et de retenues importantes, conduisant à l’instauration de deux systèmes de rémunération au sein des médias publics. Elle s’est interrogée sur l’éventuel préjudice causé à la mesure présidentielle.
En réponse, le ministre a indiqué que la Mauritanie a enregistré, ces dernières années, des progrès significatifs en matière de libertés publiques et de développement du paysage médiatique, dans le cadre de la politique conduite par le Président de la République visant à renforcer l’État de droit, les libertés et l’ouverture des espaces d’expression, ainsi que l’accès équitable et équilibré des acteurs politiques aux médias publics.
Il a précisé que l’évaluation de l’accès des partis politiques aux médias publics doit prendre en compte l’ensemble du système médiatique, comprenant l’Agence Mauritanienne d’Information, Radio Mauritanie et la Télévision de Mauritanie, qui exercent leur mission dans un cadre légal garantissant pluralisme, impartialité et objectivité.
Le ministre a rappelé que le pluralisme médiatique constitue une obligation juridique et institutionnelle, fondée notamment sur la loi n°045-2010 relative à la communication audiovisuelle, qui impose le respect de la diversité des opinions et garantit l’accès équitable des partis politiques, syndicats et acteurs sociaux selon des critères objectifs.
Il a ajouté que ces principes ont été renforcés par la loi n°022-2022 relative à la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel, chargée de veiller à l’application des règles de transparence, d’équité et d’indépendance des médias publics.
Le ministre a souligné que les médias publics sont ouverts à tous les partis politiques légalement reconnus, sans discrimination, et que leur couverture dépend de critères professionnels liés à la nature de l’activité et à son importance informative, et non de l’appartenance politique.
Il a enfin insisté sur le fait que le rôle des médias publics est de garantir l’égalité des chances et la neutralité dans le traitement de l’information, tout en évitant les déséquilibres artificiels, et en respectant les règles spécifiques applicables aux périodes électorales.
Il a conclu en rappelant les missions de l’Agence Mauritanienne d’Information, de Radio Mauritanie et de la Télévision de Mauritanie dans la promotion du débat public et la représentation équilibrée de l’ensemble des composantes politiques du pays.
En réponse à la question de la députée Mouna Mint Dey, le ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement a affirmé que le processus de titularisation de 1 860 collaborateurs s’est déroulé dans des conditions caractérisées par les plus hauts niveaux de transparence.
Cette opération a permis des acquis importants, notamment la fin d’une situation de précarité qui durait depuis plus de trois décennies, ainsi que l’octroi aux bénéficiaires de l’assurance maladie et de l’ensemble des droits et avantages similaires à ceux de leurs homologues fonctionnaires.
Elle a également permis leur intégration normale au sein du système institutionnel, garantissant ainsi la stabilité de leur parcours professionnel.
Le ministre a précisé que cette opération n’a pas été facile et que les éloges et reconnaissances qu’elle a suscités sont essentiellement dus à la volonté politique forte de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qui a fourni les conditions appropriées ainsi que les ressources nécessaires pour régler définitivement ce dossier.
Il a indiqué que la majorité des collaborateurs percevaient auparavant des salaires forfaitaires compris entre 40 000 et 50 000 ouguiyas anciennes, sans aucune garantie professionnelle ni perspective d’avenir claire. Il a ajouté que leurs salaires se sont nettement améliorés après leur titularisation, malgré les retenues liées à l’assurance maladie et aux droits sociaux.
Le ministre a souligné que cette réalisation ne se limite pas à l’équité sociale et à l’amélioration des conditions professionnelles des individus, mais contribue également à renforcer les performances des institutions médiatiques publiques, en stabilisant des compétences ayant accumulé une longue expérience professionnelle au sein de ces structures.
Il a également précisé qu’après la finalisation des procédures de titularisation et la signature des contrats, aucune remarque majeure n’a été enregistrée de la part des intéressés, à l’exception de certaines revendications limitées émanant de travailleurs de la télévision concernant l’amélioration de la situation de la catégorie (C), ainsi que de quelques observations de certains agents de la radio relatives à une erreur dans l’évaluation financière au niveau du budget, ajoutant que ces points ont été traités et réglés de manière définitive.
Enfin, le ministre a présenté les différentes étapes du processus de titularisation des collaborateurs, ainsi que leur répartition entre les institutions médiatiques publiques, à savoir l’Agence Mauritanienne d’Information, Radio Mauritanie, la Télévision de Mauritanie et la Société de diffusion radiotélévisée.
