10-07-2026 10:35 - Faits divers…Faits divers… divers…

Faits divers…Faits divers… divers…

Le Calame -- Un commerçant roulé dans la farine

Au marché de vente en gros de denrées principales communément appelé Charé Errizgh de la capitale, un grand commerçant était occupé à des transactions dans son magasin. Soudain, un homme d'apparence nantie, portant de beaux habits et sentant bon parfum, descend d'une Toyota V8 dernier cri et entre.

Après salutations, il propose au commerçant une bonne affaire. Ce dernier l’écoute avec attention. « Je viens de débarquer une cargaison de bidons d'huiles, destinée à des commerçants de l'intérieur ; mais je n'ai pas pu les joindre et le propriétaire du hangar où sont déposées les marchandises accumule les redevances de dépôt. Je me vois donc obligé de vendre cette cargaison à bas prix pour ne pas y perdre », propose-t-il.

Gourmand, notre ami lui propose de les lui racheter à moitié prix. Après moult discussions, l’homme accepte et les voilà d’accord sur un montant de 23 millions MRO. Le commerçant qui en disposait déjà de dix-huit s’empresse d’aller emprunter le reste.

« Je vais t’accompagner pour réceptionner les marchandises », propose le vendeur. Et, laissant sa VX garée devant la boutique de son client pour le rassurer, il embarque avec lui dans son véhicule. Arrivés devant un magasin du marché marocain, il lui dit de lui passer le montant qu'il met dans son sac et lui demande d’attendre sur une chaise, tout en ordonnant à un quidam de « préparer du thé, vite ! », avant de sortir « pour aller chercher la clé de l’entrepôt », dit-il.

Le pauvre commerçant patiente une bonne heure avant le téléphoner à l'un de ses employés et lui demande de voir si la VX est toujours en place. « Oui, oui, pas de problèmes, patron ! », répond celui-ci.

Ainsi rassuré, le commerçant passe une seconde heure encore à attendre, avant de s’adresser aux personnes présentes dans la boutique où l'a laissé son vendeur. Ceux-ci répondent ne pas connaître celui-ci, ne l’ayant jamais vu avant son arrivée avec lui.« Il nous a juste demandé de faire du thé et nous ne pouvons refuser ce service à quiconque ». Se rendant alors compte qu'il a été roulé, il part faire une déclaration auprès de la police, en les informant que la fripouille a laissé son véhicule garé devant son commerce.

Mais, une fois vérifiée, l’info se révèle sans valeur… puisque la VX est déclarée volée depuis une semaine ! Et le pauvre homme de se mordre, depuis, les doigts, tandis que la police intensifie ses recherches pour mettre la main sur le truand.

Un réseau de dealers démantelé

La brigade mixte qui dépend de la compagnie de gendarmerie de Nouakchott Ouest n’a cessé de lancer ses agents aux trousses des trafiquants de drogue et autres matières toxiques. Elle a déjà démantelé plusieurs filières et réseaux de distribution de stupéfiants...

Au cours de cette semaine, ces patients limiers ont pu mettre la main, après une période de surveillance étroite mais discrète, sur une dangereuse bande de dealers composée de plusieurs hommes et une femme.

Le repaire de cette bande contenait une grande quantité de plaques de cannabis, ainsi que 4065 comprimés de Pregabalin et plusieurs matériaux de coupure de cannabis. Un pistolet a été aussi saisi.

L'agent de transfert d'argent, le hold-up et les flics

Dans la zone industrielle d'El Mina, un employé d'une agence de transfert d'argent a reçu un appel de son patron, lui ordonnant de venir chez lui à la descente pour lui verser les recettes des derniers jours.

Vers 20 h, l'agent se présente étourdi, affirmant avoir été victime d'un braquage en cours de route, et déclare que les malfaiteurs lui ont pris la somme de trois millions. Le patron est allé aussitôt déposer une déclaration de vol au commissariat El Mina 3. Après avoir écouté le plaignant, la police a convoqué l'agent qui a donné une première version des faits.

Le lendemain, les flics l'ont à nouveau convoqué et sa seconde déclaration s'est un tout petit peu contredite avec la première. Du coup, les enquêteurs doutent de sa véracité. Pour la police, l'agent est devenu suspect, mais ce n'est pas l'opinion du patron qui ne veut pas accuser son employé.

Mosy



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Commentaires (2)

  • ouldsidialy (H) 10/07/2026 19:13 X

    Savoir regarder les choses autrement/II :

    Dans le post précédent, on pourrait croire que je soutiens sans réserve le point de vue populaire selon lequel la lutte antidrogue doit être en même temps la lutte contre "le blanchiment de l'argent illicite" et le trafic de drogue… "Savoir regarder les choses de plus près, avant de se laisser entrainer par sa bonne morale" ! ……

    Remarque 1 : la lutte contre l'argent de la drogue est livrée par le système financier dans le même paquet cadeau que la lutte contre le blanchiment de toutes les formes d'argent informel. L'argent informel est tout argent qui n'est pas produit, géré et gouverné selon les règles commerciales et financières des conventions mondiales. La disparition de l'argent informel consacrerait le contrôle de ceux qui définissent les règles économiques. Ceux qui, à tort ou à raison, cherchent où se trouve l’éthique, ne sont pas en première ligne dans ces choses-là.

    Se poser des questions 1 : Quelle est la proportion de l'informel dans le PIB réel d'une économie africaine ? Quelle est-elle, dans un pays développé ? Qui a le plus à perdre avec une économie totalement formalisée ?

    Se poser des questions 2 : Combien coûte la mise en bon et due forme d’une richesse produite en informel mais sans origine criminelle, pour servir en commerce légal ? Ou dit autrement, quel est le poids du lest sur la performance de l’économie informelle qui correspond aussi à une bonification de l’économie légale, au détriment de la production informelle ? Ex. : Je vends mes moutons à Dakar (informel) et je dois payer par Swift mon tracteur ? J'ai vendu mon or artisanal à Dubaï (informel). Quels sont les frais de bancarisation du produit de ma vente afin d'importer des machines-outils en retour ?

    Remarque 2 : L'économie informelle donne des avantages compétitifs pour attirer l'argent extérieur à un pays et le retenir. Prenons le cas de l'argent de la drogue, qui est le repoussoir moral contre l'argent, donné par des gens qui sont en charge du meilleur fonctionnement de l'économie, apprécié par eux. Il s'agirait de plus de 1000 milliards de dollars. On sait qu'à la fin des fins, cet argent finit dans l'économie et la finance légale.

    Se poser des questions 3 : En quoi la mondialisation des 30 dernières années a changé la donne ? ….. L'économie réelle des pays développés (commerce, BTP, restauration, import-export, etc.) partage aujourd'hui l'argent de la drogue alors qu'elle en a profité en quasi-exclusivité pendant très longtemps. Par ce fait, son apport économique pour les pays développés diminue drastiquement. Les économies réelles des pays à forte présence d'informel sont devenues des récipiendaires compétitifs. Pire ou mieux selon le point de vue, les opportunités font que l'argent de la drogue et des criminalités a la possibilité d'y circuler en boucle, entre pays sous-développés et pays émergents. Cet argent devient résident. Or, l'argent résident est celui sur lequel se fonde le développement durable. Du côté financier, la finance des pays développés garde toute sa compétitivité pour attirer l'argent de la drogue vers les pays développés. La chose reste intéressante à condition que la valeur déduite par le processus de blanchiment (profit du système financier) ne se fasse pas dans les autres pays. À la fin, si on ne reçoit que de l'argent blanchi, il est préférable que tout soit blanc ! ……

    Conclusion : encore une fois, l'important est de voir que les règlements commerciaux et bancaires internationaux n'implémentent pas des mesures dédiées à la lutte contre l'argent issu de la criminalité, mais une criminalisation de l'économie informelle dans son ensemble… La criminalisation décrétée crée au minimum une taxe mondiale sur la compétitivité, au profit de ce qui est plus fortement lié aux économies développées. Les productions industrielles et les services versus les productions primaires et la rémunération du travail économique premier… Ce n'est bien entendu pas toute la grille de lecture. "Savoir regarder les choses autrement"… ne se réussit que librement… Alors comprenez le reste par vous-même !

  • ouldsidialy (H) 10/07/2026 15:25 X

    Savoir regarder les choses autrement/I : 1) Histoire du trafiquant et du voleur : la victime est un trafiquant et fraudeur fiscal, admis par la société pour commerçant. Celui qui lui a pris 23 millions de RMO est un simple voleur. Le plus perturbant pour l'économie est bien entendu le prétendu commerçant… … . Savoir regarder les choses autrement, pour mieux voir la place des choses dans l'économie.

    2) Histoire des gendarmes et des vendeurs de drogue : C'est l'histoire qui consiste à s'attaquer au trafic en laissant l'argent de la drogue continuer à financer l'économie légale. À la fin des fins, cela représenterait pour l’économie plus de mille milliards de dollars dans le monde. La fin de la prohibition signifierait la disparition de cette manne, en plus de la disparition de millions d'emplois publics : gendarmes, douaniers, gardiens de prison, magistrats, travailleurs sociaux, etc.

    La lutte antidrogue, en prétendant diminuer l'accès à la drogue, sauve des vies malgré tout. Le nombre de morts et de souffrances évitées est à comparer à celles engendrées : autres activités dangereuses pour la santé, induites par la prohibition elle-même, morts dans les luttes entre trafiquants, souffrance des prisons, etc……

    La répression augmente la richesse créée par la drogue. Dans les pays où l’on ne veut pas trop payer pour les pauvres, la prohibition est "un service social" pour les exclus, qui évite à la société d’avoir à payer pour eux. La sécurité des riches reste peu affectée par la violence. Dans les pays peu développés ou sous administré, les riches sont très peu contraints d’aider les pauvres par la fiscalité. La production économique est harmonieuse avec l’utilisation de l'argent de la drogue lorsqu’elle est dominée par l’informelle. C’est le cas en Afrique. Dans ce cas,la prohibition est une source d'enrichissement alternative pour les personnes de la classe moyenne … Savoir regarder les choses autrement, pour mieux comprendre l'absurde des hommes qui se détruisent avec la drogue ……