17-07-2026 10:35 - Brakna/ Donaye : Lettre ouverte à la commission chargée d’enquêter sur le litige qui oppose Moulaye O. Bamba aux Oulad Mansour

Brakna/ Donaye : Lettre ouverte à la commission chargée d’enquêter sur le litige qui oppose Moulaye O. Bamba aux Oulad Mansour

Depuis plus de 15 ans, un différend oppose la communauté des Oulad Mansour avec deux hommes d’affaires qui prétendent disposer de documents attestant leur droit de propriété sur des centaines d’ha de terres.

Le village de Donaye qui se situe dans cette zone qui fait objet du litige est l’une des localités de ce terroir qui souffrent plus des conséquences de l’exécution des travaux de ce projet. Ce différend a d’abord opposé les autochtones au nommé Mohamed Ould Saleck puis à l’homme d’affaires Moulaye Ould Bamba qui affirme avoir racheté ces terres au premier. 

Dès lors, nous avions exprimé notre désaccord face à la mise en œuvre de ce projet qui englobe notre village et son espace vital (zone de pâturage, cimetière). Les députés Ibrahima Sarr et Sawdatou Wane qui se sont rendus sur les lieux ont interpellé les autorités concernées sur cette affaire à l’Assemblée nationale.

Parallèlement, en 2014, nous avons dépêché une mission au Ministère de l’intérieur pour exprimer notre désaccord vis-à-vis de cette expropriation foncière aux conséquences désastreuses. C’est ainsi que le ministre de l’intérieur a instruit le Wali du Brakna d’alors, M. Ahmedou O. Abdallah, de se rendre à Donaye pour s’enquérir de la situation.

Il a alors convoqué Mohamed O. Saleck et les représentants des villages concernés en présence du Maire de Dar El Barka à l’époque, Kane Tidjane (pais à son âme), de l’imam de la mosquée de Dar El Barka, Thierno Saidou Idrissa Dia et de plusieurs autres notables du terroir.

Au cours de cette réunion, le Wali avait demandé à Saleck de présenter ses papiers mais ce dernier avait déclaré les avoir oubliés. Convoqué quelques jours après à Aleg, notre homme d’affaires était encore venu sans papiers. Le Wali avait alors ordonné la suspension du projet jusqu’à nouvel ordre. Depuis, 12 années se sont écoulées, la situation demeure inchangée.

En 2024, le nommé Moulaye Ould Bamba, nouvel acquéreur des terres déclare détenir 800 ha dans cette zone et entame les travaux de défrichage. Ce qui provoqua l’ire des propriétaires terriens traditionnels, en l’occurrence les Oulad Mansour qui brandissent leur titre foncier datant de 1904, paru au Journal Officiel de la République française.

Les populations de Donaye dont les terres figurent dans ce document colonial souffrent plus des retombées de ce projet. En effet, les 800 ha que revendique Moulaye Ould Bamba englobe le village et son espace vital (aires de cultures et de pâturages, forêts classées et même le cimetière).

Tous les villages de cette contrée (outre Donaye, Tessem I, Tessem II, Oulad Mansour, Koleyla, Diatar etc.) faisaient paître leurs animaux dans cet espace stratégique.

Nous rappelons que ceci est une violation flagrante des dispositions de l’Ordonnance 83/127 du 5 juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale en Mauritanie notamment en son article 23 qui stipule que « l’espace vital des agglomérations rurales est protégé ».

Au début de ce mois, le Président de la République Mohamed O. Cheikh El Ghazouani, a dépêché une mission composée de responsables des ministères de l’intérieur et de la justice (administrateurs, juges, officiers de police et de gendarmerie) pour s’enquérir de la nature de ce différend qui dure depuis plus d’une décennie.

Cette commission qui a effectué une visite sur le terrain a entendu les deux parties. En attendant ses conclusions, nous attirons son attention sur les doléances que nous avons sans cesse exprimées à savoir : Le respect de notre espace vital qui constitue notre raison de vivre, berceau de nos activités agro-sylvo-pastorales et qui abrite nos habitations, nos cimetières, nos mosquées, nos écoles etc.

L’Homme d’affaires Moulaye Ould Bamba aurait vendu ces terres à une société française. Une exploitation éventuelle de cet espace bouleverserait notre source de subsistance (terres, bétail, écosystème) et nous condamnerait à un déplacement forcé.

En effet, à l’heure actuelle, nous ne disposons plus d’espace autre que nos maisons : nos jeunes n’’ont pas de terrain de football, nos femmes (une centaine environ) regroupées au sein d’une coopérative ne disposent que de 2 à 3 ha.

Au regard de tout qui précède, nous, représentants de la communauté villageoise de Donaye, lançons un vibrant appel au Président de la République conformément à sa déclaration faite à Néma, à la commission d’enquête et à tous les mauritaniens épris de paix et de justice pour nous rétablir dans nos droits.

Donaye le 16 juillet 2026

LES SIGNATAIRES

1. Dialo Harouna Ly, Imam 41713525

2. Djiby Demba Bâ

3. Yéro Aliou Bâ

4. Ibrahima Beydari Wone

5. Ibrahima Amadou

6. Ibrahima Mamadou Diallo

7. Younous Ciré Sy

8. Mamadou Sembel Diallo

9. Abd Salam Amadou Diallo

10. Oumar Amadou Diallo

11. Mohamadou Abd Salam Wone

12. Thillo Amine Sall

13. Beydary Mamadou Wone

14. Ibrahima Dialo Ly

15. Aliyine O. Ouwoyniba

16. Fatimetou M/ Ahmed Kowry

17. Migine O. Oumoynibe

18. Racine Beydary Wone

19. Hawa Mamadou Sall

20. Idrissa Beydy Diallo





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Source : Dia Abdoulaye
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