23-07-2026 13:51 - Approvisionnement en carburant : l’État renforce ses capacités pour prévenir les pénuries et sécuriser les stocks
LA DÉPÊCHE - Le ministre de l’Énergie et du Pétrole a affirmé que l’État poursuit ses efforts pour garantir un approvisionnement régulier du pays en produits pétroliers, tout en renforçant durablement les capacités nationales de stockage afin de prévenir les crises d’approvisionnement.
Il a indiqué que l’ensemble des services relevant de son département sont pleinement mobilisés pour assurer un suivi permanent des dossiers stratégiques et contribuer à la réalisation des objectifs fixés par les pouvoirs publics.
Évoquant les récentes tensions sur la disponibilité de l’essence, le ministre a expliqué que l’approvisionnement de la Mauritanie s’effectue selon un calendrier préétabli et qu’à chaque arrivée de cargaison, des analyses techniques sont réalisées afin de vérifier la conformité du produit aux normes contractuelles.
Dans ce cadre, les contrôles effectués au début du mois ont révélé que trois caractéristiques d’une cargaison d’essence ne répondaient pas aux spécifications exigées. L’État a alors fait appliquer les clauses du contrat en refusant la livraison et en exigeant son remplacement afin de préserver la qualité des produits distribués aux consommateurs.
Le ministre a souligné que cette décision n’a pas compromis la continuité de l’approvisionnement grâce au recours au stock stratégique national, qui a permis de couvrir les besoins du marché jusqu’à la réception d’une nouvelle cargaison le 17 juillet. Une autre livraison est attendue le 28 juillet 2026 pour consolider les disponibilités.
Il a également rappelé que la reprise de la saison de pêche artisanale, le 15 juillet, a entraîné une hausse importante de la consommation d’essence, ce secteur constituant l’un des principaux utilisateurs de ce carburant. Les volumes restants ont ensuite été redistribués depuis Nouadhibou vers les autres régions du pays, en transitant par Nouakchott.
Selon le ministre, la consommation nationale moyenne est d’environ 300 tonnes d’essence par jour, dont près de 200 000 litres sont consommés quotidiennement dans la capitale. Pour répondre à la hausse de la demande, les volumes destinés à Nouakchott ont été renforcés, avec l’acheminement de 324 000 litres mardi, puis de 225 000 litres mercredi.
Il a ajouté que les tensions observées dans certaines stations-service s’expliquent également par des achats de précaution et des pratiques de stockage excessif de la part de certains consommateurs, ce qui a accéléré l’épuisement des réserves disponibles. Il a assuré que l’approvisionnement de la capitale se poursuit normalement grâce aux rotations de citernes et de caboteurs en provenance de Nouadhibou.
Le ministre a, par ailleurs, mis en avant les investissements engagés par l’État pour renforcer la sécurité énergétique du pays. Il a rappelé que la Mauritanie réalise actuellement sa première infrastructure stratégique de stockage des hydrocarbures, un projet d’une capacité de 100 000 tonnes comprenant 51 000 tonnes de gasoil, 34 000 tonnes de fioul, 10 000 tonnes d’essence et 5 000 tonnes de kérosène.
Prévue pour être livrée à la fin de l’année 2026, cette infrastructure a récemment subi des dommages causés par des intempéries ayant affecté deux des huit réservoirs en construction. Les expertises menées par la Société Mauritanienne des Hydrocarbures (SMH) et le bureau de contrôle ont toutefois conclu que les réparations pourront être réalisées dans un délai de trois à quatre semaines, sans remettre en cause l’achèvement du projet.
Le ministre a enfin indiqué que la capacité nationale de stockage atteint actuellement 242 000 m³, répartis entre Nouadhibou et Nouakchott, auxquels s’ajoutent 23 000 m³ déjà réalisés et en attente de la mise en service du système automatique de lutte contre les incendies.
Avec l’extension en cours des installations de Nouadhibou, la capacité globale de stockage devrait atteindre près de 462 000 m³ d’ici la fin de l’année, soit presque le double de la capacité actuelle, renforçant ainsi la résilience du pays face aux fluctuations de l’approvisionnement.
