03-08-2026 21:45 - Aura Energy en Mauritanie : l’heure est venue d’exiger des résultats
Le Quotidien de Nouakchott -- Aura Energy bénéficie depuis plusieurs années d’importants droits miniers en Mauritanie, notamment d’un permis d’exploitation accordé en décembre 2019 pour son projet d’uranium. Pourtant, plus de six ans après, le passage à l’exploitation effective demeure attendu, malgré les annonces successives et le report à 2026 d’étapes initialement prévues en 2025.
Au lieu de concentrer pleinement ses efforts sur le développement de son projet uranifère, la société est également mise en cause dans plusieurs différends relatifs à des permis de recherche aurifère détenus ou développés par des opérateurs mauritaniens.
Les contentieux l’opposant notamment à TIMCO et à Nomade sont aujourd’hui portés devant la justice. Dans le cas de Nomade, les prétentions d’Aura Energy seraient apparues au moment où cette société, grâce à ses propres moyens, avait réalisé des avancées significatives et se rapprochait de résultats prometteurs.
Cette situation soulève une interrogation légitime : Aura Energy bénéficie-t-elle d’une protection ou d’une tolérance dont ne disposent pas les autres opérateurs miniers ? À chaque changement de Ministre, de nouvelles explications semblent être présentées par certains responsables ou conseils de la société, sans que la situation du projet évolue réellement.
À Bir Moghreïn, des opérateurs chinois, en vue d’installer une petite usine et un laboratoire pour tester la production avant de s’engager dans l’investissement, n’ont initié comme activité, jusqu’à présent, que des travaux de faible ampleur ainsi que l’organisation de visites de terrain au profit de certaines délégations, auxquelles sont présentés des échantillons et des tranchées contenant de l’uranium. Cette initiative n’a débouché sur aucune activité sérieuse pouvant aboutir à un véritable développement du projet.
Les procédures de recrutement suscitent également de sérieuses interrogations. Certains avis paraissent être conçus sur mesure, après identification préalable des personnes destinées à occuper les postes concernés. Les appels à candidatures ne seraient alors lancés que pour donner une apparence de régularité à la procédure, tandis que les dossiers reçus ne feraient pas l’objet d’un examen réel, transparent et équitable.
Il appartient désormais aux autorités mauritaniennes d’examiner objectivement le respect par Aura Energy de ses obligations légales, réglementaires et contractuelles. Un permis minier ne peut devenir un titre détenu indéfiniment sans investissements suffisants, sans calendrier crédible et sans retombées concrètes pour le pays.
La Mauritanie doit protéger ses ressources, soutenir les opérateurs sérieux et appliquer les mêmes règles à tous. À défaut d’avancées réelles et vérifiables, l’État devrait envisager toutes les mesures prévues par la réglementation, y compris le retrait des titres concernés, afin de les attribuer à des investisseurs capables de transformer le potentiel minier national en emplois, en recettes publiques et en développement durable.
Hamoud Cheikh INALLA
