13-08-2026 09:12 - Le ministre chargé du secrétariat général du gouvernement fait le point sur l’avancement du portefeuille des grands projets
AMI - Des membres du gouvernement ont commenté, mercredi soir, les résultats du Conseil des ministres qui s’est déroulé plus tôt dans la matinée.
Il s’agit des ministres de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, M. Houssein Ould Meddou, du ministre chargé du Secrétariat général du gouvernement, M. Moctar Al Housseinou Lam, du ministre des Mines et de l’Industrie, M. Dy Ould Zein, et du ministre de l’Élevage, M. Sid’Ahmed Ould Mohamed.
Dans son mot introductif, le porte-parole du gouvernement a indiqué que le Conseil a examiné et adopté plusieurs projets de décrets et des communications relatifs au règlement intérieur des établissements pénitentiaires et de réinsertion, à la transformation de la société de transport public en établissement public à caractère industriel et commercial, à la création et à la transformation de certains établissements d’enseignement secondaire, à l’évolution du portefeuille des grands marchés du 1er mai au 31 juillet 2026, au mécanisme transitoire de commercialisation de l’or issu de l’exploitation artisanale et de la petite mine, ainsi qu’à la régulation du commerce et des exportations de bétail.
Il a ensuite invité ses homologues ministres, chacun en ce qui le concerne, à apporter davantage de précisions.
À sa suite, le ministre chargé du Secrétariat général du gouvernement a fait le point sur l’évolution du portefeuille des grands marchés entre le 1er mai et le 31 juillet 2026.
Il a rappelé que cet exercice s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des orientations du Président de la République datant de septembre 2023, devant permettre un meilleur suivi des projets majeurs, afin d’en améliorer l’exécution. Il a souligné qu’il y a actuellement un total de 104 marchés en cours, notant que 43 autres marchés ont été achevés depuis juillet 2025 et que 2 ont d’ores et déjà été réceptionnés.
Le ministre a déclaré que le financement global du portefeuille s’élève à 67 milliards d’ouguiyas (MRU), répartis entre 15 départements ministériels. Ceux-ci prennent en charge plusieurs secteurs productifs afin de concourir au développement du pays.
À l’en croire, sur les trois derniers mois, la cadence mensuelle affiche une progression de 7,31 points, soit 2,44 points par mois. Il ressort de ce constat que la tendance est légèrement baissière, car elle est en dessous du seuil des 3 points enregistrés sur la période écoulée.
Au chapitre du programme d’urgence de développement de la ville de Nouakchott, qui a démarré le 20 janvier 2025, le ministre a déclaré que le niveau d’avancement, au 31 juillet 2026, est de 96 %. Le délai consommé, quant à lui, est de 112 %. Durant les mois de mai, juin et juillet 2026, l’évolution est de 3 points cumulés.
En ce qui concerne le programme d’urgence pour la généralisation de l’accès aux services de base dans les régions, celui-ci connaît une avancée, malgré un démarrage timide de certains secteurs. Il a, au passage, invité les parties prenantes à prendre les dispositions nécessaires afin que les travaux liés aux routes, à l’agriculture et aux constructions, entre autres, ne soient pas trop impactés par l’hivernage.
Répondant à un certain nombre de questions, le ministre chargé du Secrétariat général du gouvernement a passé en revue certaines réalisations entrant dans le cadre de la mise en œuvre du programme d’urgence pour le développement de Nouakchott.
On note : 472 nouvelles salles de classe opérationnelles dans toutes les wilayas ; 28 centres de santé établis à Nouakchott, avec tout ce que cela requiert en termes de personnel et de plateau technique ; la société de transport public embarque chaque jour 95 000 personnes, grâce à des bus modernes et à un réseau amélioré via le projet Mobilité 2026 ; 3 centrales d’énergies renouvelables sont en cours de mise en place, devant permettre de passer d’une production de 600 mégawatts à 1 200 mégawatts ; la production d’eau a augmenté à Idini de 60 000 m³ et, à Aftout Saheli, on est passé de 125 000 m³ à 250 000 m³ ; les infrastructures sportives n’ont pas été en reste, avec la construction de stades et de maisons des jeunes à Sebkha et El Mina, qui en étaient dépourvues, entre autres.
Il a assuré que le gouvernement a un plan à court, moyen et long terme, estimant que les choses iront de façon progressive.
Selon lui, à force de travail et de gestion vertueuse des deniers publics, la Mauritanie continuera de dégager une marge bénéficiaire qui sera par la suite affectée à la réalisation de projets structurants.
C’est comme cela que le programme d’urgence de développement de Nouakchott a été financé à hauteur de plus de 50 milliards d’ouguiyas, celui dédié à la généralisation de l’accès aux services de base avec une enveloppe de 270 milliards, et enfin le programme de développement de Nouadhibou avec 400 milliards d’ouguiyas. Il a annoncé le démarrage prochain de la phase 2 pour Nouakchott.
Le ministre a aussi déclaré que l’État a décidé de réduire son train de vie, notant que plusieurs actes ont été posés dans ce sens. D’après lui, les voyages et missions, l’achat de véhicules et l’acquisition de matériels informatiques sont concernés, afin de rationaliser le budget de fonctionnement. Il a également rappelé que le Premier ministre a signé une circulaire interdisant l’achat de voitures luxueuses, mettant l’accent sur le strict nécessaire pour que le travail soit effectif, au profit des citoyens.
Pour le ministre, il y a une démarche réfléchie qui a été adoptée, étalant les programmes sur des cycles qui, à terme, soit en juillet 2029, permettront de surmonter une bonne partie des défis auxquels le pays fait face et de tendre vers le développement. Il a estimé que l’on est sur la bonne voie, si l’on prend exemple sur le secteur de la santé, qui compte : 26 hôpitaux, régionaux, départementaux et spécialisés ; 50 centres de santé, dont 28 à Nouakchott, entre autres.
Aussi, dans le cadre du processus de recrutement de 3 000 fonctionnaires et agents contractuels de l’État, 1 200 places sont réservées au personnel du secteur de la santé. Il s’agit, selon lui, d’une illustration de l’engagement de l’État à améliorer l’offre en services de santé.
Enfin, pour ce qui est des marchés de gré à gré, il a assuré qu’il n’y en a pas dans le cadre des grands projets, soulignant que l’accent a été mis sur la transparence, rappelant que toutes les procédures sont publiques. Il a aussi rappelé qu’il a été procédé à l’organisation de l’accès aux marchés publics à travers la spécialisation des entreprises, afin que les projets soient exécutés uniquement par des sociétés qui répondent aux critères.
De son côté, le ministre des Mines a présenté les points saillants de sa communication relative à la mise en place d’un mécanisme transitoire permettant la commercialisation de l’or issu de l’exploitation artisanale et de la petite exploitation minière.
Il a indiqué que la mesure a été prise pour organiser et faciliter la commercialisation de l’or, en attendant la mise en place effective des comptoirs prévus par la loi n° 026/2022. Le ministre a souligné que plusieurs buts sont poursuivis, dont la lutte contre la contrebande via une meilleure traçabilité des flux et la collecte des taxes et redevances y afférentes.
Désormais, l’orpailleur doit déclarer la production qui est issue de son activité à la société Maaden Mauritania. Le ministre a affirmé que des spécifications techniques seront appliquées afin de classifier et de certifier les produits. À ce service va s’appliquer un prélèvement de 3 %, selon le ministre, sur chaque exportation. Les acteurs ont le loisir de choisir le client à qui ils souhaitent vendre. Les transactions, a dit le ministre, se feront exclusivement via des comptes bancaires.
Le ministre a précisé qu’un délai sera accordé aux acteurs afin qu’ils puissent adopter le nouveau mécanisme. Ensuite, tous les contrevenants prennent le risque de voir leur production être confisquée. Il a assuré que ces nouvelles mesures protègent les orpailleurs et facilitent leurs opérations d’exportation.
Pour ce qui est de la petite mine, il a indiqué que l’or passera par les circuits prévus par ce mécanisme. Personne ne sera lésé, notant que ceci permettra, outre la traçabilité, de contribuer à alimenter le pays en devises.
Le ministre a rappelé que l’État tient toujours ses engagements, notamment en ce qui concerne les effets qu’engendre une licence. Il a souligné que les périmètres attribués sont inscrits au cadastre minier.
Pour ce qui est du volume des exportations d’or issu de l’orpaillage artisanal, il a indiqué qu’il est d’environ 2 tonnes et que Maaden Mauritania ne fait que contrôler la légalité des procédures et faciliter la professionnalisation du secteur.
À son tour, le ministre de l’Élevage est revenu sur sa communication ayant traité la réforme du dispositif national de gestion des exportations du bétail vers la frontière sud et sud-est du pays. Il s’agit ici d’organiser la gestion de nos ressources animales, à l’image de celle halieutique ou minière, afin d’en assurer la durabilité et un impact sur toute la chaîne de valeur. Le ministre a indiqué que la commercialisation doit se faire en tenant compte des paramètres de la souveraineté alimentaire, de la satisfaction des besoins des consommateurs, entre autres.
Interpellé sur l’exportation des ressources animales, le ministre a indiqué que rien ne se fait qui ne concerne les intérêts du pays, rappelant que tout s’inscrit dans des procédures strictes, notamment les normes sanitaires. Il a indiqué que le cheptel d’une seule catégorie a une valeur qui équivaut au budget national. C’est dire que la ressource est abondante, mais que la gestion doit être améliorée. Il a souligné que les échanges avec le Sénégal sont anciens, estimant qu’ils remontent à avant l’avènement des indépendances.
S’agissant des prix de la viande, il a souligné que le marché obéit aussi à la loi de l’offre et de la demande. Toutefois, aucun effort ne sera ménagé pour assurer les besoins de la population en viandes et produits dérivés.
Pour sa part, le porte-parole du gouvernement a déclaré que le texte concernant les établissements pénitentiaires va entraîner une restructuration et une classification des différentes catégories d’établissements pénitentiaires, le renforcement des compétences des autorités judiciaires et administratives et l’établissement de mécanismes de gouvernance stratégique.
D’après le ministre, le texte prévoit aussi la révision des procédures relatives à l’incarcération, à l’orientation et à la discipline. Il implique aussi l’interdiction absolue de la torture, des traitements et des peines cruelles, inhumaines ou dégradantes. Il établit par la même occasion le principe de non-discrimination, prévient les sanctions collectives et protège la santé mentale.
Le porte-parole a annoncé que le projet de décret a prévu la possibilité de tenir un registre électronique des admissions, l’exactitude des procédures de détention et de libération, et le partage de la responsabilité entre le directeur de l’établissement pénitentiaire et l’autorité judiciaire concernant la légalité des détentions, ainsi que l’obligation de signaler les cas de détention illégale.
En ce qui concerne la gouvernance, un conseil national de réforme des prisons et de réinsertion sera mis en place, en remplacement du comité consultatif national. C’est au conseil que reviendra la responsabilité de définir les orientations stratégiques de la politique pénitentiaire, en plus de créer une commission de surveillance des établissements pénitentiaires.
En outre, le porte-parole a signalé que le projet de décret place la réinsertion au cœur du système pénitentiaire, affirmant que l’objectif de l’exécution des peines privatives de liberté est de protéger la société, de prévenir la récidive et de préparer efficacement la réinsertion sociale.
À cet effet, le texte consacre le développement du travail pénitentiaire non punitif, la promotion de la formation professionnelle, la poursuite des études et des activités culturelles et sportives. À cela s’ajoutent des permissions de sortie exceptionnelles et un encadrement individuel des détenus, ce qui renforce une approche basée sur la responsabilité plutôt que sur la logique punitive stricte.
Le même projet de décret précise également les types d’établissements pénitentiaires, y compris les centres de détention, les prisons centrales, les centres de réhabilitation et les centres agricoles et productifs, ainsi que l’évaluation précise de l’isolement individuel administratif et disciplinaire, et l’introduction de garanties procédurales renforcées devant la commission disciplinaire et la possibilité de surveillance électronique dans le cadre des permissions de sortie.
Il prévoit également une protection particulière pour les femmes, les mineurs et les personnes souffrant de troubles mentaux, ainsi qu’une adaptation du droit à l’éducation pour les détenus analphabètes ou en situation de handicap.
Par ailleurs, le porte-parole du gouvernement a affirmé qu’un projet de décret a été adopté afin que les collèges soient transformés en lycées, pour améliorer l’accès à l’éducation, l’inscription dans les lycées restant bien assurée. Il a indiqué que ceci permettra d’offrir une meilleure opportunité aux enfants ayant réussi les études primaires de poursuivre leurs études au collège et au lycée et de lutter contre le décrochage scolaire, notamment en raison de l’éloignement des établissements.
En définitive, il s’agit, selon le ministre, de rapprocher les services éducatifs des citoyens, en particulier des groupes vulnérables de la population, en créant des collèges dans les zones rurales et les grandes villes, et de permettre aux enfants des zones vulnérables, en particulier les filles, de poursuivre leurs études secondaires en transformant certains collèges dans les zones rurales et urbaines en lycées.
Ce décret, a annoncé le porte-parole, a permis de régulariser la situation des collèges et lycées créés depuis 2021 ou ceux qui ont été transformés en lycées, portant le nombre d’établissements secondaires publics à 395, répartis entre 188 collèges et 207 lycées.
Le dernier texte présenté par le porte-parole du gouvernement est relatif à la transformation de la société de transport public en établissement à caractère industriel et commercial. Pour lui, la mesure s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme du Président de la République visant à développer les services de transport public, à moderniser le cadre institutionnel et à améliorer la qualité des services fournis aux citoyens.
Il a rappelé que le système de transport urbain a connu ces dernières années des transformations qualitatives se traduisant par la modernisation de la flotte de transport public, la création d’infrastructures dédiées aux bus et le lancement de services de transport public de haute qualité dans le cadre du projet « Mobilité 2026 ».
Le projet de décret actuel vise à compléter le cadre juridique par l’introduction de contrôleurs assermentés au sein de la société de transport public, dont les membres, après avoir prêté serment, se voient conférer des pouvoirs juridiques spécifiques leur permettant d’exercer des missions de contrôle et de constatation. Le projet consacre aussi le principe de l’encadrement juridique précis des missions confiées aux assermentés.
Le porte-parole a souligné que l’adoption de ce projet devrait réaliser plusieurs objectifs stratégiques, parmi lesquels : compléter le cadre juridique régissant le service de transport public, renforcer les capacités de la société de transport public à garantir une bonne exploitation de ses services, protéger les infrastructures, les équipements et les investissements publics dédiés au transport urbain, garantir le respect de l’ordre public au sein des installations de transport public, maintenir la fluidité du trafic et améliorer la qualité des services offerts aux usagers, et renforcer l’attractivité du transport public en tant que l’un des principaux leviers du développement urbain durable.
Le porte-parole du gouvernement a en outre répondu à un certain nombre de questions, celles relatives à la libération des 35 Mauritaniens qui étaient détenus au Mali. Il s’est réjoui de la mobilisation des plus hautes autorités, qui ont fait le nécessaire pour que ces Mauritaniens innocents, injustement arrêtés au Mali, recouvrent leur liberté. Il a annoncé qu’ils ont regagné le territoire national à travers un vol spécial de Mauritania Airlines.
