14-08-2026 19:39 - 3 700 km de routes… mais une route stratégique abandonnée au sable
SHEMS MAARIF -
Le pouvoir se targue d’avoir construit 3 700 kilomètres de routes goudronnées. Soit. Mais un bilan ne se résume pas à additionner les kilomètres inaugurés. Il faut aussi regarder leur état, leur entretien et leur utilité réelle pour le pays.
La route reliant Nouakchott à Nouadhibou est l’une des artères les plus importantes de la Mauritanie. Elle est vitale pour le transport des marchandises, les échanges commerciaux, l’approvisionnement et la circulation des personnes entre les deux principales villes du pays.
Mais elle est aussi, en cette période de vacances et de forte mobilité, un axe touristique majeur. Elle ouvre la porte au Banc d’Arguin, au littoral, aux paysages du nord et à de nombreux sites qui attirent Mauritaniens et visiteurs étrangers. Son bon fonctionnement est donc aussi un enjeu pour le tourisme et l’économie locale.
Et pourtant, aujourd’hui, le sable suffit à couper cette route par endroits.
C’est là que le discours triomphaliste atteint ses limites. Construire une route est une chose ; la maintenir praticable en permanence en est une autre.
Le plus regrettable reste de voir certains applaudisseurs du pouvoir refuser de regarder cette réalité en face. À force de vouloir plaire aux gouvernants, ils finissent par défendre les chiffres plutôt que les citoyens, les communiqués plutôt que le terrain.
Une critique n’est pas une attaque contre le pays. Au contraire : signaler une route bloquée, c’est défendre ceux qui l’empruntent et l’économie qui en dépend.
Le pouvoir mérite d’être jugé sur ses réalisations, mais aussi sur sa capacité à entretenir ce qu’il construit.
Car le sable, lui, ne lit pas les communiqués et ne participe pas aux applaudissements. Il se contente de recouvrir les routes.
Yedaly Fall
