24-08-2026 12:33 - Guerre au Moyen-Orient : l'Iran avertit qu'il y aura des «conséquences» pour les pays se joignant aux sanctions économiques américaines
LE FIGARO - Le ministère iranien des Affaires étrangères a averti lundi qu'il y aura des «conséquences» pour les pays qui se joindraient à la campagne de pression économique américaine contre la République islamique.
«Les avertissements nécessaires ont certainement été adressés, car toute complicité avec l'Amérique dans la mise en œuvre de ses actions agressives contre l'Iran aura assurément ses propres conséquences», a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, lors d'une conférence de presse hebdomadaire, avant l'annonce attendue dans la journée par Washington de nouvelles mesures pour isoler l'économie iranienne.
Le vice-ministre des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi a lui affirmé sur X que ces nouvelles pressions américaines contredisaient les déclarations de Washington selon lesquelles les capacités militaires et nucléaires de Téhéran auraient déjà été démantelées.
«Votre récit ne tient pas la route. Vous dites que la puissance militaire de l’Iran a été "démantelée", que 100% de ses usines militaires ont été "détruites" et que son programme nucléaire a été "enterré"», a déclaré M. Gharibabadi à l’adresse du secrétaire américain au Trésor Scott Bessent.
«Mais pour cet Iran-là , il faudrait "la plus grande invasion financière de l’histoire" et la mobilisation de "toutes les institutions et de tous les pouvoirs" des États-Unis! Est-ce une victoire ou l’aveu de la défaite de l’Amérique?», a-t-il ajouté.
M. Bessent doit détailler dans la journée la manière dont les États-Unis comptent augmenter encore la pression sur Téhéran, près de six mois après le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine contre l’Iran.
«À l’aube commence un D-Day économique»
Dans une tribune publiée dimanche dans le Financial Times, il a annoncé une offensive visant à couper les dernières «lignes de survie» économiques de l’Iran, et averti les pays qui continueraient à soutenir Téhéran qu’ils s’exposent à l’isolement américain.
«À l’aube commence un D-Day économique - la plus grande offensive financière jamais mobilisée contre un adversaire», a-t-il par ailleurs écrit sur X, en référence au Débarquement de 1944.
Washington a appelé d’autres gouvernements, notamment Pékin, à participer aux efforts visant à isoler l’économie iranienne. Mais la Chine, partenaire économique stratégique pour l’Iran, a critiqué cette initiative, estimant que les «sanctions et la pression» américaines ne permettraient pas de résoudre le conflit au Moyen-Orient.
Parmi les grands partenaires commerciaux de l’Iran figurent aussi les Emirats arabes unis, qui ont annoncé mardi suspendre jusqu’à nouvel ordre «tous les échanges commerciaux et les transactions financières» avec le pays.
Dans un article publié lundi dans le quotidien iranien Ettela’at, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a pour sa part déclaré que les relations avec la Chine avaient «pris des dimensions plus profondes, plus structurelles et plus globales».
L’Iran, qui fait face à des sanctions américaines et internationales depuis la révolution islamique de 1979, a à maintes reprises affirmé que la pression économique et les menaces ne le feront pas plier.
Par Le Figaro avec AFP
