14-09-2026 15:38 - Sud mauritanien : ces cadres et élus qui pèsent sur le terrain politique
Trust Magazine -- Dans le sud de la Mauritanie, plusieurs hauts responsables, élus et cadres occupent aujourd’hui des positions importantes dans l’appareil d’État et les structures de la majorité. De Maghama à M’Bagne, en passant par Bababé, leurs responsabilités nationales et leur implantation locale les placent au cœur des dynamiques de pouvoir sur le terrain.
À Nouakchott comme dans leurs territoires d’origine, ces personnalités disposent de plusieurs leviers d’influence : fonctions gouvernementales, responsabilités politiques, mandats électifs et implantations locales. Leur proximité avec le pouvoir se manifeste notamment lors des déplacements officiels, des activités partisanes, des mobilisations locales et des initiatives sociales ou de développement.
Parmi les profils les plus visibles figure Hawa Abou Moussa Diallo, directrice générale de l’Office national du tourisme mauritanien. Son parcours l’a également conduite au sein des structures du parti El Insaf, dont elle est vice-présidente.
Lors de sa nomination à la tête de l’ONTM, elle avait publiquement remercié le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et le Premier ministre pour la confiance placée en elle. Son activité politique et institutionnelle lui donne aujourd’hui une place particulière au sein de la majorité.
Autre figure importante, Thiam Tidjani, actuel ministre de la Santé. Né à Zoueratt, dans le Tiris Zemmour, cet ingénieur a occupé plusieurs fonctions de premier plan sous Ghazouani : président de l’Autorité de la Zone franche de Nouadhibou, ministre secrétaire général du gouvernement, directeur général de l’Établissement des travaux d’entretien routier, puis ministre des Mines et de l’Industrie avant d’être nommé à la Santé en mars 2026.
Cette succession de responsabilités place ce cadre parmi les personnalités ayant occupé plusieurs positions stratégiques au sein de l’appareil d’État.
Mamoudou Mamadou Niang occupe lui aussi une position centrale. Ancien député pendant trois mandats, ancien ministre de l’Enseignement supérieur puis de l’Habitat, il dirige depuis septembre 2025 le ministère des Domaines, du Patrimoine de l’État et de la Réforme foncière.
Né en 1962 et ayant effectué une partie de sa scolarité à Maghama et Boghé, il dispose d’une longue expérience politique et administrative. Son passage par plusieurs portefeuilles ministériels en fait l’un des cadres du sud ayant connu une présence durable au sommet de l’État.
Dans le Brakna, Ba Abdoulaye Mamadou dit Blé, maire de Bababé, constitue un autre exemple de figure politique locale. Ses activités municipales et partisanes l’inscrivent dans le dispositif territorial de la majorité.
En septembre 2025, un meeting de la coordination d’INSAF à Bababé, organisé à son initiative, avait réuni notamment le ministre des Domaines, des responsables fédéraux du parti, des députés, des maires et plusieurs responsables locaux d’INSAF.
À M’Bagne, le député Niang Amadou Moctar illustre plus directement la mobilisation des élus du sud autour du pouvoir. Le 12 septembre, lors d’une rencontre organisée dans le cadre de la redynamisation des structures d’INSAF, il a appelé les élus et cadres du département à se mobiliser pour accompagner la poursuite de l’action du président Ghazouani.
La rencontre a également été marquée par un appel du président du Conseil régional du Brakna à apporter une preuve « claire et sans ambiguïté » de soutien à cette dynamique.
La proximité avec le pouvoir ne se mesure donc pas uniquement à la fonction occupée à Nouakchott. Elle se lit aussi dans la capacité à mobiliser une population, à réunir des élus et des cadres, à porter les messages de la majorité ou à organiser localement des initiatives en lien avec les orientations nationales.
Alors que les appels en faveur de la poursuite de l’action de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani se multiplient, ces dynamiques territoriales prennent une importance particulière. Dans le sud, le pouvoir ne se joue pas uniquement dans les bureaux de Nouakchott : il se construit aussi dans les territoires, à travers des élus, des cadres et des responsables capables de mobiliser leurs bases et de relayer les orientations de la majorité.
De Maghama à M’Bagne, de Bababé à d’autres bastions du sud, ces personnalités disposent chacune de leur propre implantation, de leurs contacts et de leur capacité de mobilisation. Leur proximité avec le pouvoir se mesure autant à leurs responsabilités nationales qu’à leur présence sur le terrain et à leur capacité à accompagner les grandes orientations politiques du régime.
À l’heure où le débat sur l’avenir politique du pays s’intensifie, ces réseaux constituent donc un élément important pour le pouvoir. Car derrière les institutions, les discours et les grandes décisions, ce sont aussi ces acteurs locaux qui peuvent transformer une orientation politique en dynamique de terrain.
