15-09-2026 21:02 - Lettre à tous.tes, les mauritaniens.nes / Par Hadya Amadou KANE

Lettre à tous.tes, les mauritaniens.nes / Par Hadya Amadou KANE

Lettre à tous.tes, les mauritaniens.nes.
POUR UNE AUBE NOUVELLE.
Pour une République au-dessus des hommes.
Un point de vue.

A tous.tes ceux et celles qui nous ont précédés, qui ont combattu, espéré et parfois sacrifié leur liberté, voire leur vie, pour que la Mauritanie devienne une Nation souveraine, notre Patrie, nous devons respect et reconnaissance.

Lorsque les délégations venues des différentes régions du pays se réunirent pour réfléchir à l’avenir du pays, la Mauritanie, trois grandes orientations se dessinèrent : l’appartenance au Maroc, une intégration fédérale avec le Sénégal, ou une Mauritanie appartenant à tous ses enfants, fondée sur le « bon vivre ensemble » appelée de tous leurs vœux.

Cette dernière aspiration fut, au terme d’une prière, après quatre jours de débats houleux mais ingénieux, portée et nommée la République Islamique de Mauritanie par feu Cheikh Saadbouh Yahya Mamadou Alpha Kane, ancien ministre et ambassadeur, alors en ce temps, porte-parole, des communautés notamment : Halabé, Yirlabhé, Hebiyabhé.

Puisse Allah SWT accueillir son âme et celles de tous ceux de sa génération, repos en paix a son Paradis Firdaws Dar Ileyina.

Voilà plus d’1/2 Siècle de l’indépendance acquise (1958-2026), une question demeure : qu’avons-nous réellement fait de l’héritage qui nous a été confié ? Ce n’est ni un procès ni une condamnation. C’est une invitation à regarder notre pays avec lucidité, sans complaisance mais aussi sans désespoir, avec courage, sans haine ni esprit de revanche.

Une Nation ne progresse pas en refusant de regarder ses blessures, mais elle n’avance que s’elle accepte de reconnaître ces blessures, de les comprendre et de rechercher collectivement les moyens de les guérir. Nos aînés ne se sont pas battus seulement pour leur génération ; ils ont regardé plus loin et avaient rêvé d’un pays où la liberté, la dignité, la justice et la prospérité doivent être les fondements d’une société réconciliée avec elle-même et qui devient une réalité vécue.

L’indépendance politique n’est jamais une fin en soi. Celle-ci ne prend véritablement son sens que lorsqu’elle s’avère être, pour chaque citoyen.ne une indépendance véritablement vécue dans la dignité, la justice, l’égalité des chances, l’accès aux services essentiels et la possibilité de participer au destin collectif.

Après tant de décennies, il faut donc oser poser les questions qui dérangent : pourquoi notre système éducatif peine-t-il encore à produire tous les résultats attendus ? Pourquoi nos villes restent-elles confrontées à l’insalubrité, aux déchets et à une urbanisation insuffisamment maîtrisée ? Pourquoi notre littoral et le cordon dunaire de Nouakchott demeurent-ils sous pression ? Pourquoi notre agriculture ne donne-t-elle pas encore toute sa mesure ?

Et pourquoi une économie-dotée par autant de ressources naturelles et des richesses minières puis halieutiques considérables-peine-t-elle à transformer suffisamment ces richesses en bien-être partagé ? Ces interrogations ne sont pas une attaque contre la Mauritanie.

Elles sont posées précisément parce que nous aimons la Mauritanie et que la République appartient à tous. La responsabilité est collective, mais elle est naturellement plus grande pour ceux qui exercent les missions régaliennes de l’Etat, les gouvernants qui sont les premiers gardiens de la Res publica, de la chose publique.

La République doit donc bannir le clientélisme, le favoritisme, la corruption, le népotisme, les abus de pouvoir et la concentration excessive des responsabilités. Elle exige des citoyens, des partis politiques, de la société civile nationale organisée et reconnue, des opérateurs économiques, des médias, des leaders communautaires et, surtout, de la jeunesse : la Redevabilité, Obligation de rendre compte de l’exercice du pouvoir, qui doit devenir une culture citoyenne nationale. « Gouverner » ce n’est pas posséder mais servir l’Etat pas servir des intérêts particuliers en considérant que les ressources publiques ne sont pas un patrimoine privé.

La République n’est pas négociable et il faut le dire haut et clairement : la corruption et l’insuffisance de la démocratie ne justifient, la violence politique ni le raccourcis par le changement par de régime. Car le pays a déjà payé un lourd tribut aux ruptures institutionnelles et aux changements de pouvoir par la force. Un putsch n’est pas une réforme et ne fait disparaître ni les réseaux d’influence ni les mécanismes qui produisent les mêmes dysfonctionnements. Il peut simplement les reproduire sous d’autres visages.

La Mauritanie, ce beau pays, le nôtre, n’a plus besoin de raccourcis. Elle doit faire de ses institutions fiables, fortes et durables et de sa Constitution demeurée « son garde-fou ». Les changements doivent s’opérer par les mécanismes constitutionnels, les urnes, le débat public et la volonté librement exprimée des citoyens. C’est la véritable question qui n’est pas donc celle de savoir comment provoquer une nouvelle rupture. Mais c’est comment rendre irréversible la culture constitutionnelle et démocratique.

L’échéance électorale de 2029 doit être préparée comme un rendez-vous de maturité démocratique et non comme une confrontation. L’enjeu ne doit pas être simplement de remplacer une personne par une autre ou de substituer un réseau à un autre.

Il doit être plus profond à savoir construire une République dans laquelle aucune personne, aucun groupe et aucune institution ne puisse s’approprier durablement le pouvoir au détriment du droit. Une véritable alternance ne s’improvise pas à la veille d’une élection, elle se prépare par des institutions crédibles, une société civile vigilante, une presse responsable, des citoyens mobilisés et un débat public de qualité.

Pourquoi ne pas envisager, dans cet esprit serein, un Pacte pour l’alternance, fondé sur des engagements essentiels à savoir sur le respect rigoureux de la Constitution, la transparence, l’indépendance de la justice, la lutte contre la corruption, l’équité électorale, la protection des libertés et la préservation de l’unité nationale ? Car l’émiettement politique affaiblit la capacité de proposition lorsqu’il devient le refuge des ambitions individuelles.

L’avenir appelle au contraire au rassemblement autour de principes et d’un projet national en se mettant dans l’esprit qu’il n’existe peut-être pas de réponse plus noble à la violence politique que la force de la pensée.

La plume ne tue pas mais éclaire, questionne, interpelle et oblige à réfléchir. Le combat civique ne doit donc pas être un combat contre des personnes, mais un combat pour des principes. Pour ce faire, le pays possède les ressources humaines, hommes et des femmes, des cadres intellectuels compétents, crédibles, ho !! et ho !! combien nombreux et qui sont capables de servir avec foi et patriotisme, qui ne demandent qu’à croire en la Nation mauritanienne, une véritable force de veille, de proposition et de mobilisation citoyenne.

Beaucoup de Plans et des programmes d’action portes par des Stratégies de Lutte la Pauvreté, en milieux Urbains, périurbains et des territoires ruraux, en tant que des instruments et mécanismes institutionnels ont existé dans le pays, les plus récents et en cours pour l’horizon (2020-2030) c’est la Stratégie Nationale de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée (SNCRAPP) avec ses déclinaisons régionales en Stratégie Régionale de Croissance(SRCRAPP) offrant des cadres de transformations économique, sociale, environnementale et territoriale.

Ce qui manque encore trop souvent, c’est la volonté collective de faire fonctionner efficacement ces instruments au service des objectifs pour lesquels ils ont été créés. Le futur de la République doit être construit autrement par la participation citoyenne.

C’est dans cette perspective que doit être comprise la vision exprimée du Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani dans son projet de société intitulé «Ma Patrie », la Mauritanie où tous les Mauritaniens.nes, toutes composantes sociocommunautaires confondues, puissent jouir de leurs droits tout en s’acquittant de leurs devoirs et en contribuant pleinement au développement économique et social du pays.

Cette vision ne deviendra véritablement une œuvre nationale que lorsqu’elle se traduira dans la vie quotidienne en droit, par la vérité, la responsabilité, la non-violence et davantage de justice. Alors, faisons du pays, ensembles, de la vérité notre boussole, du dialogue notre méthode et de la paix notre horizon : Une République où les hommes et les institutions sont plus forts que les ambitions. Une République réconciliée avec elle-même.

Hadya Amadou KANE

Consultant Indépendant Expert-Conseiller en Organisation/Développement à la base.

Environnement/Développement Durable /Gestion des Conflits/Formation.

Téléphones : 00 222 46 40 80 72/00 222 22 09 77 28/00222 43 46 46 28

E. mail h.kane45@gmail.com





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