22-09-2026 13:02 - L'Editorial du Calame : Hospitalité espagnole à la mode Schengen
Le Calame -- Comme chaque année en été, les Mauritaniens affluent en masse vers les îles Canaries. Qui pour des vacances, qui pour des soins, qui pour passer du bon temps. Tous ont en commun d’avoir accompli un vrai parcours de combattant pour obtenir le visa sans lequel ils ne pourraient pas avoir accès à l’espace Schengen.
Et, dans ce cas de figure, « parcours du combattant » est un euphémisme pour décrire les difficultés qu’éprouvent même ceux qui ont déjà obtenu plusieurs visas et effectué des séjours en Europe. Rien que pour obtenir un rendez-vous au consulat, en passant par un prestataire de service qui n’en fait qu’à sa tête, c’est déjà un exploit.
Et il faut parfois montrer patte blanche pour décrocher le fameux sésame.
Une fois obtenu le visa à l’issue d’une longue et fastidieuse procédure, vous n’êtes toujours pas sortis de l’auberge.
Une fois sur le sol canarien, vous êtes accueillis par des policiers à la mine patibulaire comme s’ils avaient pour consigne d’être le moins accueillants possible.
Ils vous demanderont invariablement votre billet de retour at home, comme pour s’assurer que vous n’allez grossir le rang des immigrés, votre réservation d’hôtel et, si vous détenez votre propre maison, exigeront de voir son titre de propriété, comme si l’on pouvait le trimbaler à tout bout de champ…
Avec, en prime et entre autres, le montant – en liquides, svp ! –avec lequel vous comptez passer votre séjour. Même si vous présentez votre carte bleue et que votre compte est garni, ils n’en ont cure. Les directives européennes pour lutter contre le blanchiment d’argent, en limitant la circulation du numéraire, ils s’en foutent.
Et si vous ne remplissez pas une seule de ces conditions, l’agent peut décider unilatéralement de vous refouler. Cela arrive certes de moins en moins, mais nul n’en est à l’abri. Il faudrait peut-être rappeler à ces policiers que les touristes mauritaniens contribuent pour beaucoup à la prospérité de l’île. Les opérateurs économiques espagnols devraient s’y atteler sans tarder : il existe d’autres îles, beaucoup plus accueillantes, dans le monde ..
Ahmed Ould Cheikh
