05-10-2026 09:14 - En Espagne, Pedro Sanchez convoque des élections anticipées le 29 novembre
FRANCE24 -
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a tenu une allocution télévisée, lundi 5 octobre, après le rejet au Parlement des mesures présentées pour protéger les locataires par son gouvernement. Il a convoqué des élections anticipées pour sortir de la crise.
Le rejet vendredi des textes portés par le gouvernement, qui prévoyaient notamment de suspendre jusqu'en 2030 les expulsions de personnes vulnérables, des mesures contre les fonds dits "vautour", ou le renouvellement automatique des contrats de location, a relancé les interrogations sur la fin de la législature, prévue en 2027.
"Pour mener en profondeur les réformes en suspens dont nous avons besoin (...), nous devons nous mobiliser et obtenir que le Parlement nous accorde une majorité bien plus large, progressiste, grâce à laquelle nous pourrons faire plier les élites, conquérir de nouveaux progrès sociaux et continuer à transformer l'Espagne", a déclaré le dirigeant socialiste, lors d'une allocution solennelle depuis le palais de la Moncloa.
"J'ai décidé de convoquer dès ce matin un Conseil des ministres extraordinaire afin de dissoudre les chambres et de convoquer des élections législatives qui se tiendront le dimanche 29 novembre", a-t-il ajouté.
Crise du logement
Le rejet des mesures pour le logement au Parlement vendredi a constitué un sérieux revers pour le dirigeant socialiste et ravivé les doutes quant à la capacité de son gouvernement minoritaire à se maintenir jusqu'aux législatives, prévues initialement à la mi-2027.
La crise du logement qui touche l'Espagne a été récemment exacerbée après l'expulsion à Madrid de Maricarmen Abascal, une femme de 87 ans, qui a déclenché une vague de manifestations et l'installation d'un campement de militants en plein coeur de Madrid.
Cette habitante de Madrid a été contrainte de quitter l'appartement où elle vivait depuis sept décennies, après le rachat de son logement par une société d'investissement qui souhaitait augmenter son loyer de 275%.
Samedi, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Madrid et dans des dizaines de villes espagnoles pour réclamer un logement digne.
Soupçons de corruption
Après huit années au pouvoir, Sánchez est également affaibli par des scandales de corruption impliquant plusieurs personnes de son entourage proche, notamment son épouse et son frère, ainsi que des collaborateurs clés de son Parti socialiste.
Les sondages les plus récents placent le principal parti conservateur d'opposition, le Parti populaire (PP), devant les socialistes. Face à la faiblesse du gouvernement, le PP réclame régulièrement depuis plusieurs mois la tenue d'élections anticipées.
Comme dans de nombreux pays européens, la pénurie de logements abordables constitue l'un des principaux problèmes sociaux en Espagne, où les plateformes de location touristique comme Airbnb et les fonds d'investissement sont accusés de faire grimper les prix en achetant des biens immobiliers et en réduisant l'offre disponible pour les résidents.
Avec AFP
