15-10-2026 21:03 - Sahara occidental: le Front Polisario met la pression sur l'envoyé personnel de l'ONU
RFI AFRIQUE -
À deux semaines du vote du prolongement ou non du mandat de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso), le Front Polisario s'est fendu d'un communiqué mardi 13 octobre à la suite des dernières réunions à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU.
Le mouvement indépendantiste sahraoui pointe des divergences profondes avec la méthode de l'envoyé personnel de l'ONU sur place, Staffan de Mistura. Mais à travers cette publication, le Front Polisario entend faire entendre ses doutes, sans rompre avec les cycles de négociations entamés en début d'année.
Un mandat jugé « compromis », son rôle de médiateur impartial remis en cause... Staffan de Mistura est ciblé directement dans un communiqué par le représentant du Front Polisario à l'ONU, Mohammed Sidi Omar, à la suite de discussions tenues à huis clos début octobre 2026 avec les membres du Conseil de sécurité de l'ONU.
L'envoyé personnel au Sahara occidental adopterait : « une attitude qui s'aligne complètement avec la position marocaine qui choisit le principe d'autonomie comme base des futures discussions. »
« Nous reprochons à M. de Mistura de ne pas vouloir trouver de solution politique, nous lui reprochons d'avoir franchi une ligne essentielle à sa fonction. Un médiateur ne peut se substituer au peuple concerné pour déterminer à l'avance son avenir », pointe Mohamed Ali Zerouali, le représentant du Front Polisario en France.
Le Front Polisario plaide pour un changement de méthode
En revanche, le groupe sahraoui ne s'en prend pas directement à l'ONU, ni au processus de négociations mis en place : « nous voulons un changement de méthode, pas quitter les négociations. Le Front Polisario a accepté de participer à un processus politique sous l'égide des Nations unies car nous considérons qu'une solution juste, pacifique et durable doit être recherchée par la voie diplomatique. Il faut rétablir un cadre de confiance, c'est un avertissement sérieux mais pas un arrêt définitif de la coopération », précise Mohamed Ali Zerouali.
Une manière de peser sur les futures discussions, estime la politologue Khadija Mohsen-Finan, et de replacer le principe d'auto-détermination, défendu par le Front Polisario et l'Algérie, au centre des débats : « Je vois un repositionnement de l'Algérie », explique-t-elle.
Le Front Polisario estime la Minurso « indispensable »
Des divergences assumées et qui crédibilisent encore un peu plus la prolongation du mandat de la Minurso, jugée indispensable par le Front Polisario : « La Minurso reste indispensable mais sa raison d'être ne doit pas être vidée de sa substance », insiste le représentant du Front Polisario en France.
Pour Khadija Mohsen-Finan : « La Minurso maintient la cause sahraouie dans l'agenda international. En critiquant l'envoyé personnel de l'ONU, on maintient le conflit ».
Par :
Sophiane Amazian
