21-10-2026 18:00 - Mauritanie : 24 heures pour l’arabe, mais combien pour les urgences du pays ?
Kassataya -- L’adoption de l’arabe dans les correspondances administratives seulement vingt-quatre heures après sa prise de fonction, s’inscrit dans une volonté politique de parachever l’arabisation en Mauritanie, chère à Ould Ghazouani depuis 2019.
La rapidité de cette décision interroge les observateurs. En agissant dès les premières heures de son mandat, le ministre de la Culture veut envoyer un message politique fort avant même de présenter une feuille de route sur les grands défis relevant de son département.
Cette priorité à l’arabe est un secret de polichinelle, l’application d’une disposition constitutionnelle faisant de l’arabe la langue officielle du pays. La mesure risque également de raviver de vieux débats dans un pays marqué par sa diversité linguistique.
Toute initiative concernant la langue de l’administration est souvent interprétée à travers le prisme des rapports entre les différentes composantes nationales. Les langues négro-africaines (pulaar, soninké et ouolof) étant reléguées au second plan.
Les observateurs pointent des difficultés pratiques plutôt qu’une amélioration du fonctionnement administratif car de nombreux documents techniques, juridiques ou économiques continuent d’être rédigés en français. La critique porte également sur la place réelle de la culture dans les priorités budgétaires nationales.
Parent pauvre de l’Etat mauritanien, la culture a une autre limite qui réside dans la concentration des activités culturelles à Nouakchott. Les régions de l’intérieur restent souvent à l’écart des grands événements culturels, exceptées les villes historiques qui ont leur agenda annuel. Le patrimoine ne peut pas être l’unique politique culturelle.
Cherif Kane
