04-11-2026 15:51 - L'Espagne veut renforcer sa coopération avec la Mauritanie sur fond de lutte contre l'immigration clandestine
Info Migrants -- Le ministre espagnol de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska Gómez a salué, mardi, à Nouakchott, les efforts de la Mauritanie dans la lutte contre l'immigration clandestine - notamment sur la route des Canaries. Le ministre a appelé à élargir leur coopération bilatérale à l'heure où les arrivées illégales dans l'archipel espagnol ont connu un sursaut au mois d'octobre.
Le ministre espagnol de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska Gómez a salué, mardi 3 novembre à Nouakchott, les efforts de la Mauritanie dans la lutte contre l'immigration clandestine. Lors d'une séance de travail avec son homologue mauritanien, Moctar Ahmed Bouceif, il a même appelé à élargir la coopération bilatérale, dans un contexte de durcissement de la politique migratoire du pays ouest-africain.
"L'Espagne considère la Mauritanie comme un partenaire et un allié stratégique", a martelé le responsable espagnol qui a aussi qualifié les relations entre les deux pays d'"exceptionnelles", selon l'agence mauritanienne d'informations (AMI).
La Mauritanie et l'Espagne sont en effet liées par plusieurs accords de coopération, notamment dans la surveillance des côtes et la lutte contre les départs de migrants vers les îles Canaries. Le but : intercepter le maximum d'embarcations illégales qui font route dans l'Atlantique vers les Canaries, porte d'entrée dans l'Union européenne.
Un partenariat de 210 millions d'euros avec l'UE
En 2024, Nouakchott a notamment signé un partenariat de 210 millions d'euros avec l'Union européenne (UE) dans le cadre de la politique européenne d'externalisation des frontières.
Outre le partenariat signé avec Nouakchott, l'UE a signé d'autres accords avec des pays de départ, comme le Maroc et le Sénégal, qui ont permis d'arrêter deux pirogues sur trois se dirigeant vers les Canaries, a indiqué l'agence de presse Efe au mois d'octobre.
Mais aujourd'hui, l'Espagne regarde aussi avec appréhension la situation migratoire actuelle à ses frontières, notamment aux Canaries. Après une chute des arrivées illégales dans l'archipel en 2025 (-60% en un an), les chiffres remontent en 2026, notamment à la faveur d'un sursaut en octobre (plus de 6 000 personnes sont arrivées sur l'archipel espagnol sur ce seul mois).
Au total, entre le 1er janvier et le 31 octobre 2026, un peu plus de 13 300 migrants ont arrivés aux Canaries, contre 14 000 l'année dernière à la même période - soit un chiffre presque similaire.
La Guardia Civil déployée en Mauritanie
Pour l'Espagne, renforcer les mécanismes de coopération est donc une priorité.
Pour l'heure, des unités de la Guardia Civil espagnole sont déployées à Nouadhibou (nord-ouest), où elles participent à la surveillance maritime et aux opérations de sauvetage, en collaboration avec les forces mauritaniennes.
La Guardia Civil assure également des formations aux forces de sécurité du pays. L'UE, elle, a financé dans le pays deux Centres d'accueil temporaires pour étrangers (CATE), à Nouakchott et Nouadhibou.
Ces centres de rétention, gérés par le Croissant-Rouge mauritanien, ont pour objectif d'accueillir les migrants sauvés en mer dans un lieu digne, où ils doivent bénéficier d'un enregistrement pour déterminer s'ils sont vulnérables ou éligibles à la protection internationale.
Cette politique a toutefois suscité de vives critiques. Dans un rapport publié en 2025, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a dénoncé de "graves violations des droits humains" commises contre des migrants et demandeurs d'asile, faisant état de témoignages de tortures, de violences sexuelles, d'extorsions et d'expulsions collectives.
Dans l'intensification de sa lutte contre l'immigration irrégulière, Nouakchott a aussi multiplié des opérations sur terre, donnant lieu à des milliers d'arrestations de ressortissants étrangers.
Début 2025, une vaste campagne de refoulements de migrants en situation irrégulière avait été lancé dans le pays. Un "climat de peur" s'était installé sur le territoire. Depuis, la Mauritanie est vivement critiquée par les associations des droits de l'Homme pour son traitement des migrants.
