04-12-2007 21:16 - A nos chefs d’Etat et leaders d’Institutions Arabe et Africain

A nos chefs d’Etat et leaders d’Institutions Arabe et Africain



Un Groupe pluridisciplinaire qui regroupe plusieurs experts africains et arabes, dont des Mauritaniens a vu le jour en 1997. Son objectif est de soumettre aux décideurs, sur la base de travaux sur le terrain, le fruit de leurs réflexions pour améliorer le développement du Continent à partir de ses propres ressources, loin de toute intervention extérieure. Dans un document de base qu’il a produit, le Groupe d’expert qui s’est constitué en GIE, propose une nouvelle approche pour le développement durable du Continent.

Sur la base des efforts déjà consentis par les Chefs d’Etat africains, et à travers les acquis que constitue l’Union Africaine, l’unité arabo-africaine, le Nepad ainsi que les autres mécanismes d’intégration, il est possible selon le Groupe, de renforcer la faculté africaine de négocier par rapport au reste du monde et d’assurer en toute indépendance et maturité le développement politique, social et économique du Continent, loin des diktats des institutions de Brettons Wood et des aléas des intérêts géostratégiques des puissances occidentales.

A partir des bilans déjà enregistrés et des avancées réalisés sur le plan politique et économique, les décideurs africains ont le devoir, selon le Groupe, de faire de l’Afrique une locomotive pour le développement du monde.
Le Continent doit cesser d’être pour les autres, une réserve gratuite de matières premières, un champ d’expérimentation scientifique pour les pays développés, avec des populations réduites à un rôle de gardiennes bénévoles et affamées d’un Continent exotique.

Dans le document en question, le Groupe d’experts multidisciplinaire, après plusieurs années de réflexion et de recherches sur les possibilités de sortir le Continent du sous développement, et après évaluation de l’ensemble des programmes de développement qui lui sont fabriqués depuis les indépendances à nos jours, constate ce qui suit.

Ajustement structurel

L’ajustement structurel, bien qu’il a permis de faire tourner la machine financière internationale des années 80 à nos jours, est un programme constitué essentiellement par des mesures de moralisation et de gestion économique ultra libérale. Il n’insiste pas sur le développement du secteur primaire et ne reflète pas souvent l’expression de nos expertises nationales, les priorités et les besoins de nos pays en matière de développement.

Le NEPAD Synthèse de plusieurs initiatives africaines pour le développement du continent africain, par Africains et pour l’Afrique, le NEPAD a le mérite d’être le premier cadre continental politique et économique à prendre en charge les préoccupations continentales en matière de développement, de dresser une liste exhaustive des priorités et des besoins de notre Continent en la matière et d’avoir mobilisé l’ensemble des dirigeants africains et ceux des pays industrialisés autour de son programme. Cependant, il présente les faiblesses suivantes :

- il s’appuie sur l’annulation de la dette, l’aide internationale et les investissements étrangers directs, des éléments qui échappent à la volonté et au contrôle de nos dirigeants, et restent de ce fait fragilisants ;

- il inverse l’ordre des priorités en matière de développement, lesquels priorités passent impérativement par le développement du secteur primaire, l’inventaire et la valorisation des dotations factorielles naturelles avec la mobilisation et la mise à contribution des populations rurales qui représentent dans la majorité de nos pays, plus de 70% de la population ;

- il reste caractérisé par son incapacité de par sa lourdeur d’initier et de mettre en Å“uvre des projets nationaux ; Toutefois, de par son envergure et ses acquis institutionnels, le NEPAD constitue un cadre continental idéal, incontournable pour coordonner et défendre auprès des bailleurs de fonds tous les projets de développement nationaux.

Les OMD Bien que le contenu des 8 points de ces Objectifs du Millénaire entre en désordre dans les préoccupations et priorités de notre Continent en matière de développement, il reste comme l’ajustement structurel dominé par le train classique de mesures de gestion économique ultra libéral, sans insister sur le développement du secteur primaire et leur mise en Å“uvre dépend dans une large mesure de la volonté des pays riches, ce qui rend leur aboutissement incertain.

Millenium Challenge Account Fonds d’aide budgétaire des Etats-Unis, avec sa particularité d’être un fonds de récompense destiné aux pays en développement bien notés par l’administration américaine, le Millenium Challenge Account reste un bonus de que l‘Oncle Sam distribue selon son bon vouloir. A partir de l’analyse et des commentaires sur les programmes ci-haut cités, qui constituent pour le moment l’essentiel de l’arsenal que propose la Communauté internationale pour sortir le Continent africain de sa situation de sous développement, il ressort :

1- ces programmes ont un point commun, le fait de s’appuyer essentiellement sur le même train de mesures de gestion ultra libérale, au détriment du développement du secteur primaire ; ils reflètent généralement l’expression de l’expertise internationale, laquelle le plus souvent ne partage pas nos préoccupations en terme de priorité de développement et les analyses ne collent pas le plus souvent à nos réalités ;

2- il est important de souligner que les financements multiformes en direction de notre Continent et destinés aux projets de développement, ne rencontrent pas en amont des projets bien élaborés par les experts nationaux. En plus, ces projets sont souvent confrontés à des problème de mise en œuvre et de suivi pour leur assurer la durabilité requise.

Par ailleurs, à l’instar des intellectuels africains dans le domaine littéraire, qui ont beaucoup publié dans le domaine romanesque, de la poésie et du théâtre, et qui constitue en fait un luxe inaccessible aux ventres affamés du Continent, tout en restant le ciment indispensable à l’unité africaine, les scientifiques africains doivent à leur tour faire autant de recherche et de publication, dans le domaine de l’alimentation, de la santé, de l’éducation, de la sociologie, de la technologie, et surtout se décomplexer et assurer leurs analyses.

Pour terminer, quelques questions : qu’attend l’Occident du Continent africain ?

- de le réduire en esclavage ou de l’affranchir ?
- de piller gratuitement ses ressources ou de les lui acheter à leur juste valeur ?
- d’être son partenaire ou son grand frère ?
- d’être son éternel bailleur de fonds ou son généreux bienfaiteur ?
- de lui vendre sa technologie de pointe ou de la lui livrer sans contrepartie ?
- de l’industrialiser ou de le maintenir dans le sous développement ?
- de bien l’informer ou de le manipuler ?
- de réfléchir à sa place ou de le laisser réfléchir ?
- de l’enrichir ou de l’appauvrir ?
- de défendre les intérêts de l’Occident ou ceux de l’Afrique ?
- de coopérer avec lui dans l’intérêt réciproque ou de collaborer dans l’intérêt du plus fort ?

Pour répondre à cette grande question, il est important de prendre conscience que tout Etat au monde a pour premier objectif de s’occuper de sa défense, de la gestion politique et du développement socioéconomique de son propre pays et non celui des autres. Ceci est aussi valable pour les pays du Continent. Compte tenu de cette réalité, il est illusoire que l’Afrique continue à tout attendre des Autres. Il est temps que les Africains prennent leur destin en main et assurent leur propre développement en s’appuyant sur la mise en valeur de leurs propres ressources (humaines, financières) et de prendre en considération l’expertise de ses hommes et d’exploiter ses énormes potentialités naturelles.

C’est à titre de contribution à cette exaltante Å“uvre, que le Groupe d’experts africains, met à la disposition des décideurs africains, les termes de référence d’une étude pluridisciplinaire, multiforme et multidimensionnelle avec une nouvelle approche stratégique.

Kinna Fall Obey Diop
(Paru dans L’Authentique)
Administrateur Coordinateur du Groupe pluridisciplinaires d’experts africains
Tel. : 688 67 69

«La première préoccupation du groupe est le développement du terroir, afin que chaque africain puisse accéder dans son hameau : au travail, à l’alimentation, à l’habillement, au logement, aux soins médicaux et à l’éducation. C’est par la suite seulement qu’il faut appréhender les merveilles artificielles du monde moderne ».

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