10-12-2007 22:10 - La diplomatie du vagabondage
Le Président de la République semble prendre goût pour les voyages à l’étranger. En cette période de dèche, les Mauritaniens sont en droit de s’interroger sur l’opportunité de tels déplacements et ce qu’ils apporteraient à la Mauritanie.
Si l’on observe les pérégrinations présidentielles à New York (Assemblée de l’Onu), à Paris (Assemblée de l’Unesco), et récemment à Lisbonne (sommet UE/Afrique), où la participation de notre pays n’a été qu’une simple figuration, on constate que les voyages présidentiels n’étaient pas si utiles au regard des frais qu’ils ont occasionnés. A titre indicatif, l’affrètement de l’avion pour le Soudan a été facturé à plus de 100 000 euros pour 72 heures.
Et si l’on passe aux voyages officiels (les visites d’Etat) ; là aussi, force est de constater que le chef de l’Etat n’est pas rentré avec des cadeaux pour tout le monde. De ses deux sorties, en Libye et au Soudan, il n’a apporté dans ses valises que deux repris de justice : une femme incarcérée par les autorités libyennes pour « escroquerie et abus de confiance » et un homme condamné par les tribunaux de Khartoum pour « charlatanisme et homicide ».
Certes, aussi, la famille présidentielle est toujours du voyage : une fille, attachée de presse ; un frère, maître d’hôtel et une épouse qui noue des contacts au profit de sa propre fondation.
Pour les prochains déplacements du Président, en Arabie Saoudite et au Maroc, on doit s’attendre au retour de quelques compatriotes emprisonnés dans ces deux pays et à de précieux présents à la Famille Régnante. La générosité des rois est sans égal.
L'éditorial de Mohamed Ould Khayar
