29-12-2007 12:01 - Air Mauritanie : Les pistes qui mènent à la liquidation
Le 24 décembre 2007, des travailleurs en chômage technique d’Air Mauritanie revendiquent leurs droits devant la primature. Ces travailleurs qui sont au nombre de 400 réclament, en cas de liquidation, des droits avoisinant 6 milliards d’ouguiyas. «L’Etat tablait sur une charge sociale de 1milliards », précisent certains parmi eux.
« Au départ, l’Etat parlait de nos droits. Lorsque nous avons fait une estimation basée sur une étude objective, le gouvernement nous a tourné le dos. » déclare Ould Oueda, technicien d’aviation. « Le ministre des transports nous a fermé les portes. Car il ne veut pas nous recevoir. Il prétend ne pas avoir de solution.» précise Hacen Ould Deidy, chef des syndicats d’Air Mauritanie
Les techniciens de celle-ci craignent une privatisation de l’assistance technique. Selon eux « ce service doit être vendu aux employés de la société comme c’était le cas des liquidations des grandes compagnies, notamment Air Afrique ».
Les travailleurs accusent, aussi, les autorités de tisser une alliance avec des hommes d’affaires du pays au détriment des intérêts de la nation. Il s’agit de la société Mauritania Airways dont les principaux associés sont des tunisiens et des opérateurs locaux. Ils affirment ainsi que « le groupe Mohamed Abdallah Ould Abdallahi exerce des pressions pour mettre la société en liquidation afin de camoufler son rôle dans la gestion calamiteuse de la compagnie ».
Rappelons que « la crise a commencé à s'aggraver dès l'an 2000 lorsque la perte de la compagnie a atteint 59 millions ouguiyas en 2003 pour dépasser trois milliards en 2004, deux milliards en 2005 et 2006 et un milliard au cours des huit premiers mois de 2007. Les dettes de la société sont estimées aujourd'hui à 12 milliards d'ouguiyas, son actif ne dépasse pas les 3 milliards sous forme de bâtiments hypothéqués par des banques (…) le nouveau gouvernement a commencé à réfléchir dès son entrée en fonction à un plan de redressement de Air Mauritanie qui a consisté à augmenter son capital d'un milliard d'ouguiyas dont 207 millions ont été versé par l'Etat alors que les actionnaires privés ont refusé d'apporter leurs contributions. » (ndrl)
Toutefois, les travailleurs soulignent que l’Etat est majoritaire dans le capital de la société avec 39% des actions et qu’il doit garantir la pérennité de la société. Ils refusent la nouvelle version officielle. Qui sous-entend qu’en cas de liquidation, les créanciers seront favorisés au lieu des salariés. Ces derniers envisagent de recourir à la justice.
Mohamed Fouad Barrada
La Tribune n° 3
