05-01-2008 12:18 - L'annulation du Dakar corrobore les alertes du Maroc...
05 janvier 2008 : L'annulation du Dakar corrobore les alertes du Maroc sur les menaces terroristes qui guettent la région
Le rallye Dakar, dont le démarrage était prévu pour le 5 janvier, à partir de Lisbonne, a été annulé, pour des raisons de sécurité, une terrible nouvelle pour ceux qui ont mis de longs mois à en préparer les moindres détails, une grosse déception pour tous ceux, très nombreux, en Europe, en Afrique et ailleurs, qui en sont des irréductibles, un coup dur porté par le terrorisme au sport.
Le Rallye Dakar est plus qu'une compétition sportive d'envergure. C'est un symbole, une passion, un grand chapitre médiatique, une histoire, et bien entendu, des retombées économiques.
La nouvelle des attentats, perpétrés en Mauritanie, qui avaient fait une dizaine de morts, dont des civils, vient en effet à nouveau, corroborer les alertes précoces et les mises en gardes données par le Maroc, en direction des pays de la région et de la communauté internationale, sur les menaces potentielles qui guettent la sécurité régionale et la région du grand Sahel.
Ces menaces, qui exigent une coordination internationale et régionale, pour prévenir les projets abjects des groupes terroristes radicaux, qui se sont infiltrés dans la région, visent en effet la déstabilisation des pays de la région, et partant, le voisinage immédiat, au nord de la méditerranée.
Depuis une vingtaine d'années, en effet, des menaces de type nouveau ont fait leur apparition en Afrique du nord et dans le Sahel, notamment le phénomène de l'immigration illégale, le terrorisme, le crime organisé, le trafic d'armes et d'êtres humains.
Ces menaces sont dirigées contre les pays du Maghreb et du Sahel mais aussi contre l'Europe. La région du Sahel a été infiltrée par des groupes terroristes, qui ont choisi d'y installer leurs bases arrières et de se replier, fournissant entraînement et prise en charge aux nouvelles recrues.
Cette région de non droit passe aujourd'hui pour être une grande zone de trafic en tous genres : détournement de l'aide humanitaire, trafic de cigarettes, d'armes, de voitures volées, des trafics servent d'ingrédients pour le développement de la criminalité et de l'insécurité et la déstabilisation de la région.
La région du Sahel constitue en effet une zone de prédilection pour les groupes terroristes, affiliés à al Qaïda, d'où ils lancent des actions terroristes, visant l'Afrique du nord et l'Europe. Plus grave, des éléments du polisario auraient, selon des sources concordantes, rallié ces groupes et fait allégeance à al Qaïda, ce qui amplifie encore davantage ces menaces et aggrave le risque de trafic d'armes et de détournements des aides humanitaires destinées aux camps de Tindouf.
De tous ces fléaux, qui constituent une source d'inquiétude pour la communauté internationale toute entière, le terrorisme reste de loin, une menace potentielle sérieuse pour la sécurité régionale et internationale.
La recrudescence d'attentats sanglants en Algérie, ces derniers mois, et les derniers actes ayant visé la Mauritanie, remettent encore plus à l'ordre du jour la problématique de cette menace et l'exigence 'une coordination internationale, pour enrayer ce fléau.
Pour le Maroc, la lutte contre le terrorisme constitue une de ses priorités. Il mène un combat sur plusieurs fronts social et sécuritaire, pour endiguer ce phénomène. Ses résultats sont jugés probants, en matière préventive et dans le domaine social.
En proposant l'autonomie à ses provinces du sud, le Maroc inscrit son action dans une vision stratégique, tendant à garantir ses droits et à donner un contenu concret aux nouveaux concepts de la sécurité globale et de voisinage dans cette vaste région du Nord-ouest africain, du Sahel et du sud-ouest méditerranéen.
Sa proposition devrait permettre de faire face aux véritables défis et enjeux que sont la nécessité de prémunir la région contre le risque de se transformer en foyer de tension et de terrorisme et en repaire de bandes faisant de la pauvreté, du déplacement forcé des populations et de la détention des personnes, un fonds de commerce, au mépris total des droits et de la dignité de l'homme.
Publié le: 05/01/2008 - MAP
04 janvier 2008 : Un communiqué d'Al-Qaeda évoque le Dakar-2008
Un communiqué d'Al-Qaeda du 29 décembre mettant violemment en cause les autorités mauritaniennes et dénonçant notamment leur soutien à la sécurisation du Dakar 2008, a confirmé la réalité de la menace djihadiste, a-t-on appris de source vendredi de source proche du dossier.Dans son communiqué, la Branche d'Al-Qaeda au Maghreb islamique (BAQMI, ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat, GSPC) critique en effet la collaboration de Nouakchott avec les «Croisés, les apostats et les mécréants», reprenant ainsi la terminologie djihadiste régulièrement utilisée dans ses menaces et ses revendications d'attentats, souligne cette source proche du dossier.
Intervenant après l'assassinat de quatre Français, il y a une dizaine de jours en Mauritanie, ce communiqué, ajoute-t-on, est «venu confirmer les motivations des terroristes, auteurs de ces assassinats, ainsi que le changement radical de stratégie impliquée par le ralliement du GSPC à Al-Qaeda».
«Cet attentat, conclut-on toujours de même source, illustre tragiquement, la volonté et la capacité des groupes se réclamant d'Al-Qaeda de frapper à tout moment, des Français en Mauritanie».
Par ailleurs, selon des sources proches des services secrets français, des interceptions d'écoutes de groupes de la mouvance d'Al-Qaeda en zone sahélienne ont révélé ces dernières semaines des projets d'attaques contre des Français dans les secteurs que devait emprunter le Dakar-2008 en Mauritanie.
Depuis plusieurs années, les services de renseignements français alertent régulièrement le gouvernement sur les activités du GSPC, rebaptisé BAQMI, il y a tout juste un an, dans la zone désertique à cheval sur la Mauritanie, le Mali, l'Algérie et le Niger.
Selon les services secrets français, ce groupe compte 500 hommes armés, dont 400 en Algérie et une centaine se déplaçant dans la zone sahélienne entre la Mauritanie, le Mali et le Niger.
A Lisbonne, Etienne Lavigne, le directeur du Dakar, avait évoqué vendredi en début d'après-midi la «raison d'État» qu'il «ne peut ni commenter, ni expliquer» pour justifier l'annulation du Dakar-2008.
«Le gouvernement français a invoqué la raison d'État pour nous recommander formellement de ne pas donner le départ du Dakar. J'ajoute que des communiqués d'Al-Qaeda au Maghreb citaient le Dakar; je ne connais pas la teneur de ces communiqués mais le Quai d'Orsay les a en sa possession», a affirmé M. Lavigne.
