21-06-2010 17:09 - Zoueratt : sous-traitance, cri de cœur des travailleurs.

Zoueratt : sous-traitance, cri de cœur des travailleurs.

Communément appelées tâcheronnat ou sous-entreprises, les sociétés de la sous-traitance avec la Snim pilulent à Zouerate au point que leurs travailleurs constituent un nombre important dans l’effectif de la société minière. Selon une source, il y a une vingtaine de sous-entreprises de sous-traitance qui emploient environ 1100 individus à Zoueratt.

Cette pratique a longtemps duré dans l’Entreprise et même s’il y a eu des progrès, les employés de ce secteur continuent de se plaindre.

Parmi les griefs des travailleurs de la main d’œuvre occasionnelle le manque de considération dont ils sont victimes dans les chantiers et dans les sous-entrepreneurs. « Nous remplissons des devoirs, les employeurs doivent donc respecter nos droits», souligne un employé. Avant d’ajouter « nous sommes ballottés entre la Snim et les sous-traitants, nous ne savons pas à quel saint se vouer ».

Une source indique que l’Employeur principal qu’est la Snim, n’a aucun rapport avec les travailleurs de seconde main qui doivent traiter avec les employeurs sous-traitants,

Les employés de la main d’œuvre occasionnelle n’ont pas manqué d’égratigner certains de leurs délégués syndicaux, qui, disent-ils au lieu de défendre les causes des travailleurs, ne cherchent que leurs propres intérêts en se rapprochant des sous-traitants qui ne cessent de les courtiser.

L’embauche ne suit pas
Les travailleurs occasionnels dénoncent le manque de transparence quand il s’agit d’embaucher des ouvriers, selon eux, l’embauche ne se fait pas dans les règles de l’art, au lieu de privilégier les ouvriers qualifiés, spécialisés ou anciens, on embauche des novices qui viennent d’autres lieux ou extérieurs aux services, c’est du favoritisme, dénoncent-ils.

Récemment, lors d’un séjour d’une mission de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, le syndicaliste Brahim O. Boun EYSSA avait évoqué les dures conditions des travailleurs de cette catégorie exposés à tous les dangers. Il avait souligné que leurs droits sont spoliés et qu’ils subissent des traitements inhumains contraires aux droits humains.

Le député suppléant Mohamed o. Mohamed Lemine avait de son côté indiqué que le système de tâcheronnat instauré à la Snim est un esclavage des temps modernes, l’exploitation de l’homme par l’homme, souhaitant trouver des solutions immédiates et durables à cette situation

Hygiène sécurité et santé passées au crible

Les travailleurs de la main d’œuvre occasionnelle dénoncent les conditions de sécurité et d’hygiène dans lesquelles ils travaillent sans en avoir les primes. Les employés occasionnels affirment qu’is travaillent dans des conditions d’hygiène et de sécurité inacceptables, ils font les boulots les plus dangereux et risqués comme les manœuvres de l’usine des Guelbs qui font des travaux harassants dans des nuages de poussière au risque de choper une maladie professionnelle, sans prime de risque ni de poussière.

A cet effet, ces travailleurs réclament des moyens de protection individuels, à la suite d’un accord entre l’Inspection du travail et les sous- traitances, certaines d’entre elles seulement ont livré ces moyens de protection.

Selon une source, la couverture sanitaire est assurée par la Médecine de travail, les cotisations pour la sécurité sociale sont prélevées à la source et versées à la Caisse de Sécurité Sociale (mesure exigée par l’Inspection du Travail en accord avec la Snim), ces cotisations ont atteint 04 millions d’UM le mois passé. Mais, les frais médicaux sont seulement remboursés à hauteur de 40%, les employés occasionnels jugent ce-ci insuffisant et demandent une large prise en charge médicale gratuite à 100%.

Les employés de la main d’œuvre occasionnelle ont aussi déploré la détérioration de leurs conditions de vie par rapport à la location des maisons, aux prix des denrées de première nécessité, qui, à chaque fois qu’il y a une augmentation à la Snim, montent, alors que leurs salaires stagnent depuis 2006.

Une source qui a gardé l’anonymat indique qu’à chaque fois qu’il y a eu une augmentation, la Snim prévoit un taux pour les travailleurs de la main d’œuvre occasionnelle qu’elle communique à l’Inspection du travail qui fait le calcul. Par contre, les ouvriers de la sous-traitance ne bénéficient ni des augmentations ni des gratifications trouvées par leurs collègues de la Snim, même pas la prime PSR (Prime pour services rendus) octroyée à la fin du mois de Mai depuis quelques années, sans compter les nombreuses gratifications et augmentations de diverses primes.

Pour une justice sociale, il serait judicieux que les travailleurs de la sous- traitance bénéficient ne serait-ce qu’une partie des gratifications et primes car, réaffirment-ils, ils participent à la production du minerai de fer pour la société nationale minière..

A signaler que tous les candidats à l’élection présidentielle de Juillet 2009 avaient évoqué ici le phénomène des journaliers affirmant qu’ils trouveront des solutions à leur difficultés, pour cela, ces travailleurs lancent un appel au Président Mohamed O. Abdelaziz pour résoudre sinon amoindrir leurs souffrances car jusqu’à maintenant, ils ne voient rien pointer à l’horizon.

DJIBY SY
alias SY CP/ Tiris


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