27-07-2010 14:32 - Le département de l’emploi dans la balance : Le Ministre bascule !

Le département de l’emploi dans la balance : Le Ministre bascule !

Lors de sa dernière sortie à la télé au cours de l’émission « Alhoukoume vi el Mizane » censée éclairer l’opinion publique sur le département dont il a la charge, le Ministre de l’emploi, de la formation professionnelle et des Ntic n’a visiblement pas consulté ces fichiers ou, ce qui est plus grave, son staff a commis des erreurs impardonnables. Pour preuve, j’ai retenu principalement les quatre points sur lesquels, Monsieur le Ministre a, avec tout mon respect, trébuché.

1. Alors qu’à l’issue des états généraux de l’emploi tenus en 1995 une stratégie d’emploi a été élaborée, faisant naître un espoir de voir un jour une politique concertée et ambitieuses pour la première fois dans l’histoire de notre pays et dans la sous région, l’approche initiée et encouragée par la banque mondiale pour lutter contre la pauvreté a réduit ces efforts à néant sans pour autant proposer une stratégie de substitution pour mener à terme une politique d’emploi digne de ce nom et Monsieur le Ministre a conforté les citoyens dans leur conviction quant à l’absence totale de programme sérieux et réalisable dans ce domaine.

2. J’ai été outré en ma qualité de syndicaliste de voir les propos du camarade Secrétaire Général de la CGTM ont été tout simplement censurés.

Monsieur le Ministre n’a pas daigné répondre à une question relative à la libéralisation des services d’embauche adoptée par la loi 2004-017 portant code du travail, son excellence n’a pas jugé nécessaire de s’attarder sur le sujet.

Même réponse ambiguë concernant l’usage abusif des heures supplémentaires. Il est intitule de rappeler que cette pratique à un impact doublement négatif. En plus de l’usure et de l’essoufflement précoce du travailleur qui fait des efforts surhumains pour pouvoir supporter ce rythme infernal, elle entraîne par ricochet une limitation d’emploi et prive des centaines, sinon des milliers de nationaux d’un travail auquel ils ont droit et dont ils ont besoin dans cette période de crise et de cherté.

Ce point aurait dû mériter une attention particulière de la part du Ministre et une attitude d’ouverture plus souple envers les partenaires sociaux. Et dans tous les cas, il est inadmissible de passer sous silence une telle violation notoire des dispositions légales de la part d’un haut commis de l’Etat.

3. J’espère qu’il s’agit d’un simple lapsus quand Monsieur le Ministre, répondant à une question liée à l’usage de la main d’œuvre étrangère a parlé de loi, alors qu’il s’agit de décret. Et la différence est énorme. Toujours dans le même registre, il a parlé de permis de travail d’un an alors qu’il y ‘a deux types de permis. Cette précision a également son importance.

Tout comme le fait de passer sous silence des absurdités de la part du présentateur, qui avance sans sourciller le chiffre de 5000 en parlant du personnel des sociétés de télécommunication (Mattel, Mauritel et Chinguitel) qui peuvent réunir dans le meilleur des cas 1000 employés en comptant les expatriés. Ce dérapage de la télé en présence du Ministre aurait prêté à sourire n’eût été le sérieux de la situation. A sa décharge on peut penser qu’il incluait dans son calcul les marchands ambulants des cartes de recharge auquel cas il devait revoir ce chiffre à la hausse !

4. Je ne voudrais pas terminer sans reconnaître Monsieur le Ministre- honnêteté intellectuelle oblige- d’avoir abordé avec clarté le cadre institutionnel de la formation professionnelle. Mais les téléspectateurs sont restés sur leur faim. Car tout le monde attendait et s’attendait à un développement des grandes lignes d’une politique de formation professionnelles.

Pierre angulaire de l’édifice que nous cherchons tous à bâtir. Nul n’ignore que l’emploie la formation sont indissociables. Et aucune politique sérieuse d’emploi ne peut voir le jour et à fortiori, réussir sans commencer par une stratégie de formation adaptée au marché de l’emploi et une vision d’ensemble cohérente, réaliste et concertée.

La Commission de Communication


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