03-09-2010 08:02 - Le manque de civisme

Le manque de civisme

Dans toute société humaine, subsistent, des normes qui régulent la vie communautaire. C’est ce qui différencie d’un point de vue sociologique, l’être humain de l’animal. Ces normes et ces conventions sociales sont indispensables à la vie moderne. Le respect de la chose publique est un devoir qui incombe à tout citoyen avec le payement de ses impôts. C’est en d’autres termes ce qu’on appelle le civisme. Mais malheureusement cette vertu de la vie sociale nous manque tant.

Cinquante ans d’indépendance, on a toujours l’impression que nous avons quitté hier la campagne en apportant tout ce qui va à l’encontre de la vie citadine. La plupart des mauritaniens demeurent toujours des bédouins n’arrivant jamais à se plier aux exigences de la vie modernes.

Pourtant le colonialisme a laissé au pays des infrastructures de base qui ont disparu sans être réhabilitées. Nous saluons ici l’apport significatif de la France qui a aidé la Mauritanie à la mise en place des jalons de la vie moderne.

Dans ce passage nous essayerons de mettre en lumière, des réalités et des pratiques d’un autre âge et d’une autre époque, incompatibles et indignes à une cité censée être la capitale d’un pays.

En célébrant le cinquantième anniversaire de l’indépendance, Nouakchott demeure la seule capitale au monde qui ne dispose d’aucune canalisation pour l’évacuation des eaux usées. Une absence quasi totale des égouts même dans les quartiers résidentiels. La Mauritanie est le pays qui ne respecte pas les normes d’urbanisation, les constructions sont anarchiques et le plan architectural est méconnu. Des immeubles de plusieurs étages entre les bâtisses d’un seul étage. Et les normes de sécurités sont inexistantes.

On rencontre dans le quartier résidentiel, une occupation abusive de boucheries jonchant la route de Nouadhibou, et dont certaines s’adonnent à l’abattage illicite sur place sur le trottoir. L’hygiène est le dernier souci des habitants, les ordures occupent la rue, les ménages et les personnes ne s’en tiennent à aucune règle d’hygiène.

Chez les ménages, les ordures sont entassées devant les devantures des maisons si elles ne sont pas jetées dans la rue. Les routes et les ruelles sont infectes d’immondices, d’ordures, hantées par les chats et les chiens qui trouvent leur compte.le bon voisinage est inexistant, les voisins se regardent en chien de faïence. Chacun essaye de porter préjudice à l’autre. Aucune réunion d’interet commun n’est organisée en leur sein.

La divagation des animaux en plein centre ville, sans que personne n’en parle. Les teinturières versent les résidus de la teinture dans la rue en ignorant la gravité de cet acte qui est un danger pour la santé.

Les marchés sont le comble du désordre total. Les passages sont occupés, sans espaces et aucune issue de secours. Les boulangeries et les restaurants pullulent et aucune disposition d’hygiène n’est prise en considération. Un personnel non salubre, et les urines jouxtent la place. Certains quartiers sont investis de pharmacies tandis que d’autre sont exemptes, au grand détriment des citoyens. De mêmes que les épiceries et les boutiques, vendant parfois des produits périmés.

les routes bitumées sont mises à mal pat les creusées de tranchées, tantôt des citoyens tantôt des sociétés. L’administration est passée outre et les administrateurs eux-mêmes qui méconnaissent leur devoir et la constitution. Les infrastructures réalisées sur le règne du Président Maawiya Ould Sid’Ahmed Taya, sont restées sans suivies sans maintenance. Les communes ne jouent pas pleinement leur rôle, d’où le constat de leur absence dans la gestion de leur circonscription. De même que la société civile.

L’enseignement est abandonné, des écoles de certaines contrées du pays ne disposent pas d’enseignants et manquent terriblement de salles de classes. Une absence totale des infrastructures de base tels les dispensaires et les écoles pour les citoyens aux revenus modestes. On se préoccupe plus à construire des mosquées qu’à édifier des centres de santé et des écoles qui ont une utilité publique.

L’absence notoire de places publiques et d’espaces verts. L’état prend l’engagement public de reboiser la ville de Nouakchott et par la même occasion procède à déraciner les arbres se trouvant sur les trottoirs. La ville est également infestée de moustiques, de mouches et de cafards à défaut d’un assainissement fiable.

D’autre part l’insécurité règne partout. Les sociétés de sécurité abusives qui s’inféodent dans le travail des forces de l’ordre et de sécurité. La police, la gendarmerie et la garde sont occultées par ses sociétés qui travaillent dans l’opacité totale. Les points de passages des frontières sont mal contrôlés et le pays est une passoire pour les étrangers. Certains ne sont pas identifiés brouillant tout contrôle.

Les téléphonies mobiles qui abusent de leur service au détriment du citoyen par l’écoute des communications, sans que l’autorité de régulation n’agisse. Nous lançons un appel aux autorités actuelles à agir vite pour ramener les règles élémentaires du civisme chez le citoyen par le respect de la chose publique, et lui faire comprendre que s’il a des droits à revendiquer qu’il a aussi des devoirs à accomplir. C’est de cette façon qu’on parvient à bâtir un pays moderne et fiable.

Salka Mint Sid’Ahmed,
Présidente de l’initiative nationale pour la sauvegarde de la constitution.
Mintsidahmedsalka@yahoo.fr

30/08/2010





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Commentaires (1)

  • chinguity (H) 03/09/2010 15:45 X

    Bravo pour la qualité de votre article. Tout ce que vous y avez raconté correspond malheureusement à la triste réalité. Mais j'ajouterai comment peut-il en être autrement quand on sait que même les mosquées ne sont pas en reste. Des gens qui urinent aux alentours des mosquées et même de fois dans la cour des mosquées. Cela est-il normal dans une république dite islamique? La religion islamique ne nous enseigne-t-elle pas que la propreté fait partie de la foi?

    Je pense que la responsabilité est partagée entre d'une part les populations et d'autre part les pouvoirs publics ou les autorités.