07-09-2010 20:30 - Aid El Fitr : le coût de la vie freine bien des ardeurs.

Aid El Fitr : le coût de la vie freine bien des ardeurs.

Jour « J » moins trois, la fête marquant la fin du mois de ramadan approche à grands pas. Dans nos différents marchés de la capitale, c’est déjà l’effervescence malgré les odeurs pestilentielles qui se dégagent des eaux de pluie devenues saumâtre. Partout dans ces souks, les commerçants de tissus et autres accessoires féminins, se frottent les mains.

Pendant le Ramadan, les ménages dépensent beaucoup en nourriture et en vêtements. Les commerçants et les vendeurs savent bien que cela fait partie de la fête. Alors disons-le, les pères de famille n’ont pas fini de jaser ! En plus d’assurer la dépense quotidienne, ils vont mettre encore la main à la poche pour faire face aux dépenses inhérentes à la célébration de la fête de l’Aid El Fitr.

En cette matinée, ou la forte chaleur ne laisse personne indifférente sous un ciel menaçant de pleuvoir, les discussions vont bon train. Ici, au grand marché de la capitale, vendeurs et acheteurs laissent couler leurs salives autour des tissus qui sont à la mode. Du basin aux tissus brodés, rien n’est laissé au hasard.

Difficile de se frayer un passage dans ce marché qui est rempli de personnes. Des boutiques remplies de tissus, à celles spécialisées dans la vente de chaussures, tout est bien achalandé, pour mieux ferrer le regard du potentiel client. Devant ces étals de tissus, chacun y va selon ses goûts et ses moyens. Le tout se passe dans une ambiance morose. Trouvée dans sa boutique en train tricoter Mme Aw, veuve de son état, est dans le métier de la couture. Nous l’avons trouvé dans sa boutique.

« Cette année la tendance, surtout chez les femmes est pour les tissus « thioub ». J’ai des boubous de différentes variétés de tissu dont les prix varient entre 3.500, 4.000 et 6.000 ouguiyas », dit-elle. Mme Aw précise qu’elle a d’autres variétés d’habillement qui coûtent un peu plus chers, les prix variant entre 15.000 et 25.000 ouguiyas. Même son de cloche chez une autre vendeuse de tissus.

Surprise en plein marchandage avec une cliente, Ami Collé nous demande de l’excuser une minute. Quelques instants après, ciseaux à la main et un bâton servant de mètre pour mesurer les tissus, elle s’avance vers nous. Selon elle, « les tissus brodés en coton ont envahi le marché. Mais il y a aussi d’autres variétés de tissus. Seulement reconnaît-elle, il y en a qui sont chers mais d’autres sont à la portée des bourses moyennes.

Il n’en reste pas moins que les choix diffèrent. Si certains optent pour la qualité des tissus, d’autres n’hésitent pas à se saigner pour satisfaire leur famille. C’est le cas de cette dame trouvée dans une boutique spécialisée dans la vente de basin non loin de la pharmacie du peuple. Le basin aussi varie selon la qualité. Les prix au mètre, tournent entre 1.000 et 1500 ouguiyas. Mais, elle a choisi d’acheter le tissu le plus cher.

Pour elle, « les musulmans n’ont que deux fêtes : l’Aid El Fitr et l’Aid El Kébir ». Ce qui justifie son choix pour ce genre de tissu, « je fais des achats pour mes deux filles. Je leur ai acheté des tissus qu’elles vont coudre à leur goût ». Au grand marché de la capitale, devant bon nombre de boutiques, des habits pour enfants aux couleurs et modèles différents, sont également exposés. Ici, les vendeurs de prêt-à-porter ne se plaignent pas.

Si certains préfèrent amener leurs tissus chez le tailleur, d’autres sont des abonnés aux « prêts-à-porter ». « Ces habits sont moins chers et on ne se fatigue à faire la navette chez les tailleurs », nous balance un fonctionnaire retraité croisé sur les lieux. La période des vaches maigres n’est pas vécue par tous les mauritaniens. Si certains ont prévu une petite somme pour satisfaire les besoins de la famille, d’autres ne lésinent pas sur les moyens. A chacun sa bourse, à chacun sa fête.

Moussa Diop

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