09-09-2010 00:27 - Aviation civile : les ennemis de la réforme
Une visite inopinée du Ministre des Transports à l’Aéroport International de Nouakchott, effectuée ce mardi a permis de passer en revue tout ce qui a été réalisé jusqu’ici au plan de l’organisation et de la sécurité.
La question de la sécurisation des Aéroports était visiblement une nécessité impérieuse. Car, à peine le plan de sécurisation et des réformes qui l’accompagnent ont été mis en œuvre, étaient apparus alors tous les éléments qui, le long de ces dernières années, empêchaient l’idée même d’une réforme.
Il ne fait plus de doute, les changements actuels au niveau de cette institution, du seul fait qu’ils suscitent les réactions insolites, via des publications en ligne, sont des changements qui font mouche.
Une partie de l’opinion peut ne pas mesurer la portée de certains commentaires,, visant à semer l’amalgame, mais les habitués du secteur eux, savent désormais que la fête est bien finie pour les usurpateurs qui tentent toujours de faire revenir cette institution vers ce qu’elle fut par le passé « une boite à papa ».
Déjà du temps où l’aviation civile existait sous forme de Direction, il avait été pressenti le besoin d’une réforme, car très rapidement les appétits des uns et leur voracité avait sonné l’alarme. Seulement, la transformation de la direction de l’aviation vers une agence, au lieu de donner les résultats escomptés, avait plutôt conduit vers son accaparement par un groupe qui d’ailleurs n’avait plus « froid aux yeux ».
Comment pouvait-on en effet, dans une même institution avoir deux « intimes » dont l’un était Directeur Général et l’autre un super Directeur financier, cumulant tous les services financiers de « la boite » ? Comment expliquer la facilité avec laquelle se vendaient les autorisations de survol ou d’atterrissage.
Ce sont naturellement ces mêmes groupuscules qui, par écrits et paroles subversives, tentent de susciter aujourd’hui un faux débat dont l’ultime but est de stopper par tous les moyens les volontés de remise en forme de cette importante institution qui engendre pour l’Etat des recettes sûres au lieu de les laisser se diriger vers des poches individuelles.
En effet, c’est en procédant à l’application du plan de sécurité que les petits réseaux qui sévissaient dans ce secteur ont commencé à s’émietter et tourner dans tous les sens tels des serpents subitement mis à nus pendant qu’ils se cachaient dans leur caverne.
La réforme interne
On se souvient que quelques mois auparavant, l’affaire des autorisations pour le survol e l’atterrissage avait soulevé un tollé alimenté vigoureusement par le même groupe. Certains surenchérissant même sur la question sécuritaire et de souveraineté pendant que le but caché était de permettre à ses autorisations de passer toujours par le même circuit, afin que le réseau continue de s’alimenter de la manne financière engendrée par la vente de ces autorisations.
Le plan de restructuration continuant son chemin, nous avons désormais un Aéroport qui s’est remis aux normes avec une visibilité plus grande sur tout ce qui plane sur le ciel Nouakchott.
Toute réforme finissant obligatoirement par faire des mécontents, notamment lorsqu’elle se penche sur l’aspect interne, nous assistons aujourd’hui à un phénomène réactif normal. Les directions internes soucieuses de dégager toute responsabilité exigent désormais un cahier de charge précis définissant les compétences de chacune.
Seulement, lorsqu’on fut Super Directeur financier, ou super vendeur d’autorisation, il devient toujours difficile de se reconvertir en simple Directeur financier ou fonctionnaire ne s’occupant que de ses prérogatives. C’est certainement la même chose pour tous les autres services qui s’occupaient de choses sans rapport vraiment avec leurs prérogatives.
Le plus important étant que désormais, l’Etat pourra gager sur une institution longtemps laissée pour compte tellement elle fut gangrenée par ces petits réseaux.
Moussa Lima
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