09-09-2010 13:22 - Au président de la République et à une certaine jeunesse mauritanienne!
Mohamed Lemine Ould Dadde, un presque ministre vient d’être limogé à la suite d’un rapport accablant, signé IGE. Le relativement jeune commissaire a, toujours, durant sa longue vie antérieure, d’homme de gauche, revendiqué un peu plus de justice et d’équité pour son pays. Il fustigeait sans cesse ce qu’il se plaisait à appeler : l’hégémonie Beïdane.
Il luttait contre l’oligarchie qui, selon lui, avait mis la Mauritanie à genoux. Dans son jargon, il appelait ça : Le Combat des Justes. Parmi, les fondements de ce combat figure, en priorité, chez l’ancien président de Conscience Résistance, la lutte contre l’Impunité. Et, l’on ne peut que donner raison à un tel combat.
Pendant sa récente expérience- deux années à la tête du Commissariat aux Droit de l’Homme et à l’Action Humanitaire- l’homme s’est déployé à se voir, se montrer, partout, où il devrait être. Aux côtés des plus démunis, on l’a vu, discourir, serrer des mains, et rappeler à chaque fois, qu’il était, ici, ou là , pour accomplir une mission si chère au président de la République.
Des promesses, il en a faites. Et, il les a tenues. Certes. Or, la manière dont il a conçu l’exécution de tous ces projets ne suivait aucune forme, selon le rapport de l’IGE. L’exécution des marchés se serait faite d’une manière unilatérale, dit-on. Quand un autre responsable, au même grade que lui, dirigeant le Commissariat à la sécurité Alimentaire (CSA), annonçait publiquement, à travers la presse locale, un avis d’appel d’offres pour la fourniture d’un lot de tentes ; et que par la suite un concurrent gagne le marché grâce à son prix moins disant, moins de trente mille ouguiya l’unité, Mohamed Ould Dadde se permettrait d’attribuer un marché pour deux mille tentes, à son fournisseur attitré, pour un montant de cent trente mille ouguiyas. Une plus valu avoisinant les deux cents millions d’ouguiyas.
Personnellement, j’ai connu Mohamed Lemine Ould Dadde, en France. J’avoue que j’ai été toujours charmé par son engagement en faveur le combat pour lequel il s’était engagé. Plus tard, quand il a été coopté par les putschistes, un espoir énorme m’a gagné. Ce même espoir m’a conduit à reconsidérer ma position vis-à -vis de la nouvelle équipe de Nouakchott.
Aujourd’hui, et aujourd’hui, seulement, c’est-à -dire, pas hier, ni le mois dernier, ni l’année qui vient de s’écouler, je deviens perplexe.
Car, je connais, au moins une personne crédible à l’Inspection Générale de l’Etat qui m’a, hélas- j’hésite à y croire, confirmé toutes ces choses, que, moi-même, je me suis efforcé, ci-haut, à rapporter au conditionnel.
La confirmation de ces malversations me fait craindre le pire. Pourquoi ? Ce n’est pas le premier détournement qui s’opère dans ce pays, certes. Pourquoi donc tant d’alarmisme ? C’est vrai. Mais, Mohamed Lemine Ould Dadde, quels que soient les reproches que pourraient lui coller certain, symbolise une certaine jeunesse. Une certaine manière de voir chez la jeunesse. Et, si cette affaire de détournement s’avère authentique, ce serait une souillure, une tâche dans l’histoire de toute la jeunesse.
Certains, pourrait se dire : " Vous déliriez, qui serait Mohamed Lemine Ould Dadde, pour représenter un quelconque idéal pour la jeunesse ?" D’autres iraient, jusqu’à dire, "Ould Dadde ne serait qu’un infime et infâme clochard parisien qui ne se prendrait même pas au sérieux." Aux uns et autres, je dirais : Mohamed Lemine Ould Dadde a porté, avec beaucoup d’autres, l’étendard d’une jeunesse avant-gardiste. Il a dit non quand d’autres jeunes ont acquiescé vilement et se sont courbés pour picorer dans le régal princier.
Je ne saurais terminer, avant de lancer deux appels. Dont un adressé au président de la République, au nom d’une jeunesse qui croit encore aux valeurs cardinales ; et l’autre adressé à cette dernière.
Au président de la République je demande une déclaration publique de la part des autorités compétentes pour affirmer ou infirmer cette affaire. A cette jeunesse-là , je lui dis de continuer à croire à la morale de la vertu ; et ce quelque soit l’aboutissement de cette affaire.
Moustaph Kane
moustaph.kane@gmail.com
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