26-09-2010 11:21 - Faits divers du ' Véridique' : 'Bonjour les soucis'… 'il n’y a pas d’argent !' 'Out les mendiants'.

Faits divers du ' Véridique' : 'Bonjour les soucis'… 'il n’y a pas d’argent !' 'Out les mendiants'.

L’ouverture des classes est pour bientôt. Pour les parents « bonjour les soucis »…Dix ans déjà que ce petit appareil est rentré par infraction dans notre vie. Pas de quoi jaser …Dure, dure est la vie quand « il n’y a pas d’argent ! » sur toutes les bouches …

Comme l’ex commissaire limogé Ould Dadde, ce sera bientôt le tour de « out les mendiants »…Pour apprendre à s’aimer, l’Etat a besoin de regrouper les jeunes autour de l’idéal de la Nation…etc.

Ouverture de classes et inquiétude.

Bientôt l’ouverture des classes, les parents d’élèves sont soucieux de l’avenir de leurs enfants car ils savent que le monde scolaire est de plus en plus démuni ; enseignants, élèves, et étudiants sont de plus en plus déçus voire angoissés par l’avenir. Chaque année, le niveau baisse inexorablement ; les arabisants ou les francisants maîtrisent de moins en moins les langues ; pire, ils deviennent de moins en moins informés de ce qui se passent dans les matières qu’ils étudient. Les enseignants tombent souvent dans la routine.

En fait les uns et les autres souffrent d’une absence d’informations, de documents. Il n’y a pas de livres ; certains n’ont jamais eu l’habitude de la lecture et ceux qui en avaient l’ont perdue. Les livres qui existent dans les librairies de la place sont sans intérêt par rapport aux préoccupations des uns et des autres. Or il n’y a pas de tradition scolaire sans des lieux de rencontres, d’échanges que sont les bibliothèques. Et sans cette tradition universitaire, le développement du pays restera un rêve. Quelque soient par ailleurs les « performances » pompeuses consignées dans les discours officiels.

Le portable et nous.

Dix ans déjà que ce petit appareil est rentré par infraction dans notre vie. Le portable et l’effet de mode qu’il a suscité dès son apparition, s’est révélé un compagnon nécessaire pour tout le monde ; il écourte les distances, rationalise le temps, organise la vie. Dix ans après son apparition le portable n’est plus un luxe, c’est maintenant une nécessité. Cette nécessité a totalement transformé le rythme de notre mode de vie traditionnel ; on est passé de la nonchalance à l’empressement.

Ce qui fait qu’aujourd’hui, sans le portable, on est dépassé ; on se condamne à courir après les événements alors qu’avec lui on est à la pointe de l’actualité si on ne la dépasse. Ce qui arrive souvent ; généralement l’événement se propage de portable à oreille avant qu’il tombe effectivement dans le domaine public.

Comme les journaux avec les kiosques, les voitures avec leurs "essenceries", etc. les portables ont eux aussi leurs "serveurs". Des vendeurs qui se reconnaissent au loin, le long des avenues, avec leurs guirlandes de cartes de recharge. Parfois ils vous abordent dans les bureaux, ou dans quelque lieu de rassemblement pour vous proposer les palettes de cartes pour le mobile comme pour le fixe.

Les revers de la vie citadine condamnant certains à ne s’acheter le carte qu’occasionnellement ; ceux-ci ont trouvé le subterfuge du "bip". Celui qui est censé être le moins aisé financièrement, contacte brièvement l’autre, lui manifestant son envie de communiquer. Ce dernier le rappelle à ses propres frais.

Stratégie qui ne fonctionne pas toujours ; les " restrictions budgétaires " n’épargnant personne. Sentant peut-être qu’il y a là une opération rentable, les sociétés de téléphonie mobile ont mis sur pied le transfert de crédit d’un portable à l’autre. Depuis, l’opportunité a été saisie par les vendeurs de cartes, jamais à court d’idées financièrement fertiles, pour se spécialiser dans cette opération. Il est désormais possible d’effectuer un transfert de crédit au prorata de la somme défalquée. Une aubaine pour les bourses " un peu essoufflées " ; désormais on peut obtenir un transfert de crédit d’une valeur de cent Ouguiya ou plus. D’ailleurs il est des vendeurs qui se sont fait à cette spécialité de mechilli.

Dure, dure est la vie
.

« il n’y a pas d’argent ! » ; combien de fois entendons-nous cette expression dans une journée ? Une manière de dénoncer la cherté de la vie ; une expression qui ponctue toutes les conversations, complète les salutations et introduit les causeries sans objet. Elle sert surtout à attirer l’attention des interlocuteurs sur le « sérieux » des locuteurs ; se plaindre du niveau de vie et des difficultés à joindre les deux bouts, c’est surtout laisser entendre qu’on a une charge sociale, on est « responsables ».

Les programmes politiques commencent par dénoncer cette situation avant d’aborder quelque autre question. En fait cette plainte est devenue une partie de la vie des citadins ; elle marque leur quotidien comme la prière…

Cette lamentation correspond bien à une réalité vécue mais que tous, les officiels en tête, par des « restrictions budgétaires » consécutives à une crise financière internationale qui serait elle-même la conséquence de la « détérioration les termes de l’échange ». C’est convaincant par ce qu’incompréhensible ; pour le citoyen moyen un tel charabia cache quelque chose de sérieux, pour l’informé, c’est de la pure rhétorique.

Une phraséologie que l’apparence semble remettre en cause. A regarder le nombre et la variété de voitures qui circulent en ville, à voir le rythme avec lequel les nouvelles constructions, toujours plus fastidieuses les unes que les autres sortent de terre, à voir le nombre de marchés qui augmente continuellement, les quartiers qui s’étendent vers l’infini on est en droit de se demander d’où sort cet argent ?

Plus, il en est qui cassent des maisons encore solides pour les reconstruire à nouveau. Avec à peine quelques légères modifications ; généralement pour « faire plus grand et plus joli » que le voisin. Pourtant tout cela est fait dans un pays pauvre, confronté à « la détérioration des termes de l’échange » et au « déséquilibre de la balance financière », etc.

Tout cela veut une explication plus convaincante. Quand les valeurs éthiques et morales sont piétinées rien ne marche plus comme il doit marcher ; et c’est de cette crise que le pays souffre. Il n’est pas pauvre, il n’est pas faible, il n’est pas poussif ; ou s’il l’est, c’est de la faute de ses responsables.

Les plus démunis qui la récoltent. Eux qui portent le poids de toue la vie sur leurs épaules fragilisés par la prédation d’une classe parasite qui suce tout son sang toute son énergie. Les corruptions faites aux douaniers pour faire passer les marchandises, les détournements commis par quelques sombres bureaucrates pour se payer une voiture, une maison ou pour faire cadeau à une amie, le citoyen moyen les remboursera au centuple en allant au marché.

Nous venons de sortir d’un processus électoral où des sommes faramineuses ont été dépensées par les commerçants et autres hommes d’affaires pour faire passer leurs candidats. Les prix ont augmenté de façon spectaculaire. On paye doublement : en voyant des individus qu’on aurait souhaité voir disparaître à tout jamais revenir aux affaires, en payant à leur place la note de la fête.

Out les mendiants
.

Les autorités administratives s’apprêtent à lancer une vaste opération de nettoyage dans le milieu de la mendicité. Cette tentative de mettre fin au racket organisé par des milliers de soit-disants indigents qui trouvent dans la mendicité un créneau porteur, s’est toujours heurté à une habitude ancrée dans la pratique administrative: le manque de suivi dans les décisions.

Ainsi, dans leur bataille contre les tares et les violations de la loi, les autorités publiques ont toujours été battues à plate couture, à l’usure, par les squatters du marché de la capitale, les vendeurs de poissons du marché 5ème, les pharmaciens de la rue, les étalagistes, les gares routières pirates…et les mendiants. Malgré tous les efforts déployés jusque-là, y compris la manière musclée, les mendiants reviennent toujours dans la rue, importunant les citoyens, les voyageurs de passage, sur la porte des administrations, au niveau des carrefours, des stations d’essence, des épiceries et centres commerciaux, dans les aéroports et les gares routières…

Pourtant, l’Etat a mobilisé des fonds importants pour assurer le gît, le couvert, l’habillement pour tous les indigents, lesquels reçoivent en plus chaque mois la somme de 10.000 UM. Des formations leur sont aussi offertes pour permettre leur insertion dans le circuit professionnelle et leur assurer une vie décente. Mais en vain! Chaque fois qu’ils sont arrêtés et ramenés vers le centre mis à leur disposition et où leur est offert toutes les garanties de la vie, ils reviennent encore à la mendicité publique.

Cette fois, les autorités semblent décidées à en finir pour de bon avec cette pratique indécente, qui salit l’image de la capitale et fait une mauvaise publicité pour le pays. Des rafles seront bientôt organisés, les mendiants déjà fichés seront rabroués de nouveau et tous seront acheminés vers le centre mis à leur disposition pour y recevoir une formation professionnelle, sur le compte de l’Etat.

Pour ceux déjà formés, des prêts leur seront accordés pour leur permettre d’entamer une vie professionnelle décente. Les récidivistes seront conduits devant le Procureur de la république et des sanctions pénales prises à leur encontre, car la mendicité sur la voie publique est aux yeux de la législation nationale un délit passible de peines.

Apprendre à s’aimer.

Un pays comme le nôtre, avec une population aussi diverse que unie ,qui n’a pas eu à se faire une vraie idée de l’Etat depuis des lustres, a besoin de regrouper ces jeunes autour de l’idéal de la Nation.

C’est une solution face aux "sociétés" parallèles. Il y’ a des décennies, les jeunes mauritaniens se retrouvaient dans les mêmes lycées, les mêmes écoles et vivaient dans une belle symbiose, dans les mêmes quartiers, les mêmes dortoirs. En ce temps-là, les jeunes apprenaient à rêver ensemble, á relever les défis par une imagination féconde et engagée. Ils ont ainsi mené ensemble une lutte acharnée pour les grands acquis de la Mauritanie souveraine. Ils ont fait la "révolution" ensemble, fait le pavé ensemble, manifesté ensemble contre le régime civil de Ould Daddah.

Dans l’opposition engagée contre le père de la Nation pour impulser les réformes salutaires, toutes les couches vives du pays s’étaient mobilisées pour forcer la main du régime. Conséquences, une période était née consacrée par le temps des nationalisations, la création de l’ouguiya et les autres acquis qui font aujourd’hui la fierté de toute une génération de Mauritaniens.

Malheureusement, les petits amateurs de la politique ont fait leur irruption sur la scène et se sont acharnés á diviser notre peuple. Les frontières communautaires ont alors été bâties sur les cendres de la solidarité et de l’unité éprouvées. L’école mauritanienne est devenue un édifice á deux niveaux.

Elle s’est même transformée en un "township" dont les occupants misérables se regardent en chiens de faïence. Ils ne se connaissent pas et se détestent mutuellement. Chaque camp nourrit des préjugés aussi faux que destructeur contre l’autre. La Mauritanie des forces vives est devenue celle des obscurantistes qui la pilotent et la conduisent vers l’abîme.

Pour sortir de ce "guêpier" infernal, nous n’avons que la seule solution de réunifier l’école, rassembler les jeunes autour d’idéaux porteurs et à même de rétablir la confiance entre eux, de transcender les différences épidermiques, de dépasser les couches et sous-couches ethnico-raciales de notre pays. Pour ce faire, l’Etat doit réhabiliter les internats, renouer avec les colonies de vacances pour les tout-petits. Avec les colonies de vacances, nous aurons la joie de voir des enfants de Kaédi á Atar, des écoliers de Kiffa á Rosso et les élèves de Nouadhibou á Néma.

Ainsi, ils connaîtront une autre facette de leur pays et d’autres figures de la culture multiple et riche de notre peuple. Ils se brasseront, apprendront ensemble á relever les défis, et noueront des fraternités encore solides comme celles que ne savent forger que dans les épreuves. Ils apprendront aussi á mieux aimer leur pays, á respecter ses symboles, á se soumettre á ses ordres et á défendre ses intérêts en toutes circonstances.

Pour les jeunes filles, le service civil sera introduit. Ainsi, elles pourront prendre part á l’effort de solidarité sociale qu’impose la vie dans notre société en mutation. Elles pourront servir dans les hôpitaux, dans les centres éducatifs, dans les crèches et dans les services devant avoir besoin de complément. Ici aussi, la discipline sera mise en avant. Le devoir mis en exergue. La retenue et le sens de responsabilité seront aussi revigorés. Servir la Mauritanie aura alors un véritable sens pour ces jeunes avant qu’ils ne soient lancés dans la vie active.

Commentaires : 0
Lus : 1197

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (0)