13-10-2010 19:22 - Occupation illégale du domaine public :
La 'gazrothérapie' des autorités portera-t-elle ses fruits ?
Lutter contre l’occupation illégale du domaine public, érigée en règle depuis quelques décennies dans le vécu mauritanien, au point de s’étendre à tous les autres domaines politiques et socioéconomiques, est un pari difficile à réaliser pour les nouvelles autorités, qui affichent pourtant un optimisme démesuré face à ce casse-tête foncier, pas du tout nouveau.
C’est un combat qui exige un changement total des mentalités des citoyens contre ce phénomène social qui continue de faire des ruées massives, au moment même où les autorités brandissent leur « gazrothérapie » miracle pour vaincre ce mal.
C’est donc dimanche dernier que des opérations de recensement de la population des gazra avait commencé dans les principaux quartiers précaires concernés par ce démembrement, dans les moughataas de Toujounine, Arafat et Dar Naim.
Aussitôt mis au parfum de la nouvelle, les habitants de la capitale, riches et pauvres, mariés et célibataires se sont rués sur les zones où le recensement aura lieu, pour ne pas rater l’occasion « la corruption aidant » de bénéficier d’une possible attribution de terrain, au même titre que les autres citoyens sans habitat décent.
Depuis, des VX luxuriantes, des Mercedes et des charrettes font toute la nuit des navettes entre la gazra et le centre ville, transportant du zinc, du madrier, du plancher destinés à des fins de construction, au bout desquelles, engagés dans une course contre la montre, les nouveaux intrus, jouissant de la complicité des véritables habitants du domaine public occupé, dresseront des baraques ou des chambres pour s’y faire recenser.
Le recensement proprement dit.
Selon les autorités compétentes, ces opérations de recensement visent à réhabiliter les quartiers précaires, à travers l’organisation d’une campagne globale et définitive pour mettre fin au phénomène de la gazra et pour réorganiser les quartiers périphériques en vue de donner à la capitale Nouakchott une bonne image de modernité. Un délai ne dépassant pas 6 semaines, a été fixé à cette opération alors que 12 commissions ont été créées pour les moughataas concernées.
Parmi les conditions posées pour se faire recenser, il faut éviter de se faire déléguer par une tierce personne, ne pas être seul (critère de famille), être présent pour la prise des photos des ménages, le terrain occupé ne doit pas être aussi inférieur à 40 m2 et l'habitat doit être acceptable. Une panoplie de critères qu’ils seront très rares parmi les populations de la gazra à satisfaire, étant donné, que les 2/3 des candidats au recensement sont des patrons, accompagnés de leurs « nana » ayant troqué villa et luxe contre « guenilles » et baraques pour être au même diapason que les vrais habitants des quartiers précaires.
Devant cette réalité, à laquelle, toutes les politiques foncières de ces dernières années se sont laissées piégées, il reste à savoir si la « gazrothérapie » actuellement envisagée par le pouvoir de Ould Abdel Aziz et du gouvernement de Ould Mohamed Laghdaf portera ses fruits ? It’s the question.
