12-10-2010 19:24 - Agents de voyages et journalistes à l’heure tunisienne (N°2). [Reportage Photos]
Jeudi 8 octobre 2010, 8 heures.
Nous quittons ville de Sousse, ou nous avons passé deux nuits mardi et mercredi.
La région abrite la station de Port El Kantaoui, créée en 1979, avec un aménagement à taille humaine.
La station comporte notamment un village de maisons en copropriété, avec des commerces, des hôtels, des parcours de golf, une marina avec son port de plaisance dont les eaux sont étrangement calmes, évoquant un décor de film pour enfants ;
Et c’est tout à fait l’impression que laisse Port El Kantaoui : un décor merveilleux pour des films comme "Hook", ou encore "Pirates" (Polanski, 1986), le galion "Neptune" qui a servi pour le tournage de ce film est d’ailleurs amarré sur le port, à moins que ce soit une réplique du fameux vaisseau, construit à l’époque à grands frais par le producteur Tarek Ben Ammar, l’enfant du pays.


Après la visite du port mercredi soir, et un tour vers la "fontaine musicale", où sons et lumières se marient dans une féerie nocturne tous les quarts d’heure, pour un ballet où ne manquent que les sirènes, remplacées par des jets d’eau, nous allons dîner au ''Méditerranée'', un établissement qui vaut le détour, tant les produits de la marée, présentés dans de grands plats avant de finir dans votre assiette, sont de qualité : fraîcheur garantie, dans un cadre des plus agréables, murs épais de 70 cm, à la saharienne, voûtes, ogives, plafonds assez bas, en plus de la climatisation, contraste avec la moiteur de la fin de l’été au dehors, attention tout de même aux changements de température…

On comprend que cette zone soit devenue une perle de la méditerranée, concurrençant la Costa brava, la Côte d’azur, ou la Riviera italienne…
Les prix des appartements, compétitifs pour les familles, ou les groupes, sont de l’ordre de soixante à cent soixante dinars pour un appartement pour 5-6 personnes, suivant la période (1 dinar équivaut environ à deux cent ouguiyas) dans l’ensemble immobilier que nous avons visité.
Les deux mille appartements cet ensemble sont naturellement complets en haute saison- juillet, août, septembre, il vaut mieux réserver plusieurs mois à l’avance pour bénéficier des meilleures offres, avis à nos compatriotes qui veulent y aller l’été prochain, ou du moins ceux qui en ont les moyens…
Nous quittons Sousse vers 8 heures ; direction, Kairouan, à soixante kilomètres vers le sud ouest.
La ville fut fondée en 670 par Seyyid Oqba Ibn Nafii El Fihri, général arabe, porteur de la nouvelle foi, venu installé son camp à soixante kilomètres de la côte où sont installés les byzantins, et suffisamment loin des montagnes tenues par les berbères autochtones.
La cité s’est construite autour de la mosquée, bel ensemble architectural de 9.000 m2, qui constitue un témoignage vivant de la beauté de l’art musulman de cette époque, la dernière grande réfection de l’ensemble datant de 1967-1972, donnant à ce haut lieu de l’islam maghrébin une propreté et une solidité impeccables, malgré la présence des très nombreux ouvrages, documents, boiseries d’époque, le tout dans un état de conservation remarquable, qui en font un "musée vivant", merveille d’art et d’architecture islamiques.




Après avoir fait les ablutions et accompli la prière d’hommage dans l’oratoire, face au fameux minbar en bois indien, qui date du souverain Abou Ibrahim Ahmed ibn Mohamed Ibn Al Aghlab (856-863), ce qui en fait le plus ancien minbar encore conservé, nous quittons l’enceinte fortifiée, non sans avoir monté les marches d’un édifice dépendant de l’Office du Tourisme de la ville, et qui permet d’admirer les fameux bassins des Aghlabides, décrits par le géographe Al Bekri (1040-1094) dans son "livre des chemins et des royaumes", bassins édifiés sous le même Abou Ibrahim, et dont il reste deux sur les quinze qui existaient à l’origine, le plus grand doté d’une capacité de 57.000 m3.
Après le déjeuner, pris dans un établissement récent, mais aménagé dans une ancienne enceinte fortifiée, nous quittons la cité historique – dotée cependant de tous les conforts du monde moderne, - direction le vingt et unième siècle hi-tech : l’aéroport de Enfidha !

Jeudi, 14 heures : nous sortons de l’autoroute A1 (Tunis-Hammamet-Enfidha-Sousse-Sfax), par un échangeur flambant neuf, et qui, comme l’ensemble de la zone est terminé depuis un an, temps assez court, le chantier ayant été ouvert à la fin de juillet 2007.

L’aéroport de Enfidha, qui porte le nom du deuxième Président du pays, et actuel chef de l’Etat Zine El Abidine Ben Ali est l’un des aéroports les plus modernes récemment ouverts en Afrique.
Construit sur une zone de 43 km2, située à 95 km de Tunis, à 30 km de Sousse, à 60 km de Hammamet, à 55 km de Nabeul, il dispose d’un terminal de 90.000 m2, qui peut accueillir 7 millions de passagers par an, et aura un second terminal en service en 2020-2022, portant la capacité à 22 millions de passagers par an.
L’aéroport, prévu pour accueillir les nouveaux avions comme l’A 380, a été construit par le consortium turc TAV, pour un investissement initial de 400 millions d’Euros, en sus de l’acquittement d’une annuité, le tout contre une concession de 40 ans de l’aéroport d’Enfidha, ainsi que de celui de Monastir-Habib Bourguiba, situé à 65 km vers le sud-ouest.
La compagnie Tunis Air prévoit d’ailleurs d’opérer 300 vols hebdomadaires sur la plate-forme d’Enfidha dès à compter du printemps prochain.
Signalons au passage que Tunis Air est notre partenaire pour cette visite d’échanges et de découvertes, puisqu’elle est, par son représentant à Nouakchott Mohamed Fadhel Mokrani, qui encadre le groupe, à l’origine de cet Eductour, qui vise à faire mieux connaître la Tunisie aux mauritaniens, à travers les agents de voyage et les journalistes participants.

Après la visite de l’aérogare, nous passons devant la tour de contrôle, qui culmine à 85 m de haut, et évoque une vis sans fin ou une tour de Babel futuriste, promise à être un symbole du visage nouveau de la Tunisie du 21ème siècle, celui d’un "dragon" économique qui dispose d’infrastructures, de services d’équipements, de ressources humaines capables de concurrencer le Maroc, l’Espagne et les autres pays de la Méditerranée.
La zone économique de Enfidha devrait d’ailleurs s’enrichir, dans les années qui viennent d’un port en eau profonde avec un tirant d’eau de 17 m, doté de deux terminaux, un pour conteneur avec 3.6 km de quais, et doté d’une capacité d’accueil de 5 millions de conteneurs par an, et l’autre un terminal vraquier pouvant traiter 4 millions de tonnes de marchandises diverses.
Le projet, aura un coût de 1.4 milliard d’euro court sur une vingtaine d’années, et devrait débuter par l’ouverture d’un premier module en 2012*.
Il devrait permettre à la Tunisie de combler son retard en termes de capacités d’accueil et de traitement des marchandises, et en faire une plate-forme multimodale majeure dans la région, à l’égal de Tanger Med, Valence ou Algésiras.
(*) : sources des informations , Aéroport Enfidha : http://www.zineelabidinebenaliairport.com/,
Zone portuaire et économique de Enfidha: http://www.transport.tn/index.php?option=com_content&view=article&id=103&Itemid=106?=fr.
Ahmed Baba Ould Hamoud, pour Cridem (Reportages)
