14-10-2010 15:48 - Projet d’adduction d’eau potable de Nouakchott : Au secours, Lahmeyer est encore là!

Projet d’adduction d’eau potable de Nouakchott : Au secours, Lahmeyer est encore là!

Nous le redoutions déjà avec le retard de la construction de la centrale électrique de Nouadhibou. Mais ce n’était que la partie visible de l’iceberg. Lahmeryer international a encore des ambitions sur le projet d’adduction de Nouakchott. Le tristement célèbre bureau d’études blacklisté semble avoir infesté tous les projets en Mauritanie avec la complicité active de quelques responsables véreux.

Lahmeyer International a joué un rôle sombre dans l’affaire de la Somelec avec le retard accusé par la construction de la centrale de Nouadhibou. Mais Lahmeyer International n’entend pas se faire doubler.

Il croque à pleines dents dans tous les projets, et avec volupté, sans doute avec la complicité des administrations mauritaniennes.

Et comme pour Nouadhibou dont le projet ne verra plus le jour avant quelques années encore tant que ce bureau d’études fait des siennes, le projet d’adduction d’eau potable de la ville de Nouakchott a de sérieuses raisons de s’inquiéter depuis que ce bureau d’études a été admis dans la shortlist de l’entreprise pour l’avis a manifestation d’intérêt pour l’ingénieur conseil, en compagnonnage avec un autre bureau tunisien (STUDI) qui risque bien d’être éclaboussé dans ce tandem.

Un projet qui tient à cœur au président.

En avril dernier, le président de la République lui-même se rendait à la Société nationale de l’eau (SNDE). Il s’était réuni avec tous ses responsables, en présence du ministre de l’hydraulique et de l’assainissement, Mohamed Lemine Ould Aboye.

Au cours de cette réunion, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz a donné des instructions claires portant sur la nécessité d'amorcer une rupture avec les anciennes pratiques marquées par le népotisme et ayant pesé lourd sur les services publics les empêchant de réaliser les objectifs pour lesquels ils ont été assignés enjoignant aux ministres des finances et des affaires économiques et du développement de mobiliser les moyens nécessaires pour garantir l'eau potable pour tous les citoyens à des prix abordables.

Dans ce sillage, le président de la république a surtout insisté sur «l'importance d’éviter les déséquilibres dans la gestion des entreprises publiques et l'application des procédures à même de garantir à ces établissements de jouer leur rôle et servir les citoyens sans aucune distinction, (tout en) appelant à la rationalisation des ressources de l'Etat».

Cet appel à la transparence fait par le président est-il ignoré par la SNDE? Plus on y pense, plus l’on a l’intime conviction que quelque part, au sein du gouvernement, peut être, quelqu’un a ouvert des couloirs à Lahmeyer International pour sévir impunément.

Pré qualifications, un alibi.

Ils sont sept à huit bureaux d’études retenus pour le contrôle de l’adduction d’eau potable de Nouakchott pour les de 1 à 3 (FADES). Et Lahmeyer International s’y taille, faisant groupe avec un autre bureau tunisien, STUDI, une place de choix. Sa sélection s’est opérée en septembre dernier. Et le dossier a déjà été envoyé au bailleur de fonds pour non objection. Malheureusement, il s’agit encore d’un autre financement FADES comme cela fut le cas avec la Somelec. Mais dans ce projet il y a aussi le financement du Fonds saoudien.

De l’argent frais que Lahmeyer International lorgne. Le «succès» de ce bureau d’études en Mauritanie montre bien qu’au lieu de constituer pour lui un blocage, son indexation par la Banque Mondiale pour pratique de corruption est une aubaine pour lui dans un pays du tiers-monde comme la Mauritanie. Mais il ne faut certainement pas jeter l’anathème seulement sur Lahmeyer International quoique traînant une mauvaise réputation. Nos administrations ont aussi leurs parts de responsabilités.

Car pour chaque corrupteur, il y a nécessairement un corrompu. Et pour un projet avoisinant les 150 millions de dollars, Lahmeyer International ne va pas certainement se poser des questions de moralités. Les fonctionnaires mauritaniens non plus d’ailleurs.

De sombres antécédents.

En toute logique, l’on peut se demander que fait encore dans notre pays où la transparence de gestion est portée en étendard par les autorités politiques, Lahmeyer International? Non grata dans les projets de la plus sérieuse des institutions (Banque Mondiale), il continue d’avoir pignon dans tous les projets en Mauritanie où il a été déjà éclaboussé dans l’affaire des conduites de l’Aftout Es-Sahili faisant même perdre à l’Etat plus de 150 millions de dollars sur un projet initial de 450 millions au profit d’entreprises françaises lancés dans ce projet gigantesque.

Une chinoiserie qui a fait tâche d’huile. Il avait carabiné le DAO pour refuser les conduites chinoises pour des Pont-à-Mousson à la place desquelles l’entreprise concernée a finalement mis en place de la tuyauterie…chinoise. Le rapport d’évaluation fait par lui était tout aussi discutable. Les mauvaises langues prétendent que pour contourner ses concurrents Lahmeyer International propose des offres moins distantes avant de se servir chez l’exécutant.

La fin de ce projet avait été rocambolesque avec une rallonge obtenue finalement grâce aux largesses des pays du Golfe, pendant la première transition. Il est aujourd’hui également rattrapé par l’affaire de la Somelec qui l’a gratifié (pour avoir retardé l’exécution de la construction de la centrale de Nouadhibou) d’un marché de gré-à-gré supérieur au marché initial qui ne dit pas son nom.

Qu’est-ce qui explique que ce bureau d’études parmi les plus décriés aujourd’hui pour sa pratique de corruption avérée soit dans tous les projets à ficeler ou en cours d’exécution? Ce n’est certainement pas dû à sa bonne réputation! L’on est surtout en droit de se demander si la «longévité » de ce bureau d’études ne s’explique pas par la propension des responsables mauritaniens à demander des «ristournes » sur les marchés alloués. Ceci est d’autant plus dangereux pour le pays qu’il s’agit toujours de la réalisation d’équipements collectifs comme l’eau ou l’électricité et pour lesquels le pays s’endette en espérant prodiguer aux populations ces services indispensables.

Jedna Deida

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Commentaires (1)

  • marlon (H) 14/10/2010 19:21 X

    Pour qui profite cette campagne de dénigrement.

    Il n y a aucun fait, mais plutot des suppositions même si ce bureau n'est certainement pas exempt de tout reproche, cet article parait commandité