09-01-2012 06:24 - Grève des journaux : A qui la faute ?

Grève des journaux : A qui la faute ?

Le bras de fer opposant les éditeurs de presse et l’imprimerie nationale vient de connaître un dénouement heureux. Déclenché depuis le 02 janvier, le quiproquo avait occasionné des journées sans presse sur l’ensemble du territoire.

Sur la touche depuis quelques jours, la presse écrite mauritanienne vient de reprendre service, une semaine après leurs dernières éditions. En cause, la hausse des tarifs d’impression imposée par l’imprimerie nationale à l’ensemble des journaux indépendants.

Forfaitaires en 2011, les tarifs d’impression ont vu leur prix doubler voir tripler en 2012, selon les éditeurs. « Pour 500 exemplaires, les journaux payés 14 500 um maintenant l’imprimerie nationale, nous réclame 44 500um Un prix excessif si on sait que les journaux mauritaniens ont du mal à trouver des insertions publicitaires et des abonnements » dénoncent-ils.

Pour manifester leurs courroux, les éditeurs de presse avaient observé une grève depuis dimanche dernier. Une hausse fustigée à l’époque par le Regroupement de la presse mauritanienne (Rpm) qui, dans un communiqué, s’indignait de cette décision.

« Le Regroupement de la presse mauritanienne a le regret d’informer les éditeurs de la presse privée du refus de la direction de l’imprimerie nationale de revenir sur l’exorbitante hausse de ses tarifs d’impression décidée le 2 janvier 2012. Ce refus notifié aux journaux qui devaient paraître mercredi intervient malgré l’ordre donné mardi par le ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement au directeur de l’imprimerie, de surseoir à ladite hausse’, lit-on dans un communiqué.

Le Rpm tout en exprimant son inquiétude face à ce développement préjudiciable à la continuité des journaux de la presse écrite, avait invité les éditeurs à se mobiliser pour défendre leurs intérêts et à refuser une hausse insupportable par les journaux qui se débattaient déjà dans de graves problèmes »
. Selon le Rpm, le maintien de cette hausse des tarifs d’impression signifiait la condamnation à l’arrêt de parution des journaux de la presse écrite.

Malgré l’intervention du ministère de la communication, la Direction de l’imprimerie nationale hésite pour envoyer cette presse encombrante au purgatoire. Les 200 millions d’ouguiyas annoncés comme fonds d’aide à la presse sont venus sans nul doute aiguisé leurs appétits. Le 05 janvier, le RPM sort un deuxième communiqué pour annoncer la reprise normale des parutions de la presse écrite à l’imprimerie nationale avec les tarifs habituels.

En victime annoncée, la presse écrite continuera de subir la loi et les courroux de l’imprimerie nationale, tant qu’elle sera dépendante de cette institution de l’Etat. Ce bras de fer la énième dans son genre ne cessera jamais de prendre en otage les lecteurs, tant que les pouvoirs publics ne s’acquittent pas de leurs dettes au niveau de la Direction de l’imprimerie nationale.

Dialtabé


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