27-01-2012 18:38 - Affaire Raja : Ould Chavî raconte sa version des faits

Affaire Raja : Ould Chavî raconte sa version des faits

Dans une interview avec ANI, le jeune Zeini Ould Limam Chavî raconte sa version des faits, évoquant le coup de feu tiré par le fils du Président de la République en passant par les péripéties de cette affaire: depuis les urgences de l’hôpital, en passant par la garde à vue, en finissant par le parquet, le jeune Ould Chavî a livré tous les détails de cet incident. Entretien…

Heure et lieu de l’incident.

Le coup de feu a été tiré dans la nuit du 22 janvier aux environ de 00 Heure, dans le bnord de Tevragh Zeina, sur l’axe de Nouadhibou. J’étais avec Bedr Ould Abdel Aziz, le marocain et Raja, quand subitement Bedr tira un coup de feu en direction de la fille qui tomba sur le coup. A ce moment Bedr était pris de panique et il courait dans toutes les directions en continuant à tirer jusqu’à épuisement des 8 balles qui se trouvaient dans le chargeur de son pistolet.

Il prit place dans a voiture et démarra en trombe avant de revenir vers nous pour nous proposer de prendre la fuite. A ce moment, je lui répondis qu’il n’est pas question de fuite et tu dois faire face à cette situation avec courage. Nous allons amener Raja à l’hôpital et reconnaître les faits en toute vérité.

Bedr, qui était au bout de ses nerfs, répondit : « si la fille est morte, je vais me suicider, je ne peux pas supporter d’être responsable de la mort d’une personne ». Il avait parlé sur un ton grave.

Evacuation de Raja vers l’hôpital

Zeini poursuit : « Une fois Bedr convaincu Bedr, Rachid et moi avons transporté la fille pour la placer à bord de la voiture pour partir en direction des urgences du CHN ». C’est alors que Bedr commençait à rouler à une vitesse excessive, avant que je ne lui demande de s’arrêter pour permettre au jeune marocain d’être au volant.

Arrivé aux urgences, une fois Raja entre les mains des médecins, les policiers nous ont demandé les causes de cet accident. Je leur ai répondu qu’elle victime d’un coup de feu. Ils fermèrent tout de suite la grande porte des urgences en gardant notre voiture dans l’enceinte, avant de nous demander d’attendre quelques minutes.

Début de l’enquête

Quand le commissaire de police est arrivé aux urgences, il avait commencé par me demander de lui reprendre les faits. Ce que j’ai fait dans le détail. Il prit alors Bedr en aparté ce contre quoi j’ai protesté en lui disant « commissaire vous m’avez interrogé en présence de tous, vous devriez faire de même avec lui ».

Il répondit que cela ne me concerne pas. Il continue pour se mettre à l’écart avec Bedr, après avoir ordonné aux policiers de nous empêcher de les suivre.

Quelques minutes plus tard, un autre commissaire de police était venu se joindre à nous pour prendre Bedr dans sa voiture, alors que Rachid et moi avons été embarqués dans la voiture de l’autre commissaire. Direction le commissariat de police. En route nous avons pu apercevoir Bedr discuter avec l’autre commissaire.

Conditions de détention

Arrivés au commissariat, nous avons été placés dans des cellules isolées dans des conditions quelque peu médiocres. Au troisième jour, de retour d’un interrogatoire, j’ai pu constater que ma cellule a été nettoyée et remise en condition. A travers la grille j’ai pu également constater que les policiers étaient entrain de nettoyer les lieux et arroser la cour. Quelque temps plus tard, arrivera la mère de Bedr et les portes du commissariat se sont refermées.

Les interrogatoires

Les interrogatoires étaient parfois durs pour moi, du moment que les enquêteurs tentaient de me faire contredire. Contrairement à la rumeur qui a circulé, à aucun moment, on ne m’a demandé de témoigner contre le marocain pour l’incriminer. Un inconnu m’a téléphoné à plusieurs reprises pour me menacer ou me soudoyer afin je dise que c était le marocain qui a tiré le coup de feu sur Raja.

Reconstitution de l’incident

Dans la nuit du mardi à mercredi, entre 1Heure et 2 heures du matin, nous avons (Khatib, Bedr et moi), en compagnie de policiers, passé à la reconstitution de l’incident sur le lieu même où Raja était blessée. Nos gestes et nos déclarations ne comportaient aucune contradiction.

Comportement des policiers
Personnellement je n’ai pas pu constater de visu le traitement réservé par la police à Bedr. Toutefois, au cours de la reconstitution de l’incident, j’ai vu clairement qu’il le traitaient avec des égards, notamment au moment de lui poser des questions. Ils se suffisaient, chaque d’une seule réponse, sans pour autant le faire revenir sur des détails comme ils l’ont fait avec Khatib et moi pour semer le doute dans nos esprits.

Qui sont les enquêteurs ?

Personnellement, j’ai été interrogé par un certain nombre de policiers, mais pas par un juge au cours de la garde à vue. A ce propos, je tiens à saluer le sens humain et le comportement exemplaire du commissaire Sidi Yahya, que je souhaite côtoyer dans des conditions autres que celles de la détention

Départ du commissariat

Avant-hier soir (mercredi), j’ai rencontré, pour la première fois depuis le début de cette affaire, Rachid , qui m’a informé qu’on va aller, jeudi matin, chez le procureur de la république.

Très tôt ce jour là, les policiers étaient venus m’informer hâtivement qu’on devrait aller à la justice. En sortant, j’ai vu Bedr à bord d’un V8 conduite par un civil avec une deuxième personne à bord. Pour notre part, Khatib et mi, nous avons été embarqués à bord d’une vieille Mercedes 190 entourés de policiers, comme de vrais criminels dont on craignait la fuite. Alors que le vrai coupable était à bord de cette voiture de luxe entourés de civil et nous les suivons comme une escorte.

Devant le procureur

A l’arrivée au palais de justice, j’étais le premier, avec Bedr, à passer devant le procureur, en compagnie des policiers et des deux civils. Au premier moment quand il su pourquoi on était là, il a demandé à ce que l’on attende dehors.

A 8 Heures 15 mn, j’ai été convoqué par le procureur qui m’a posé des question e présence d’un greffier qui notait mes propos. A la fin, le procureur me dit : « Tu étais là comme témoin seulement » ? Ce à quoi j’ai répondu par l’affirmation, avant qu’on me demande signer le procès verbal. Aprés cette signature le procureur me dis « tu peux partir car tu ne fait l’objet d’aucune poursuite dans cette affaire.

Par ailleurs, Zeini a démenti formellement que le pistolet de Bedr était muni de dispositif silencieux. Il également souligné qu’il est convaincu que Bedr n’avait aucune intention d’ouvrir le feu sur Raja, expliquant que le jeune, après avoir tiré le coup de feu, était presque effondré.

D’autre part, nous avons appris de source informée, que Bedr avait été, à partir de l’hôpital, amené dans le domicile d’un proche, par le commissaire, où il était resté pendant vingt quatre heures.

De même source on précise que le PR avait contacté ce proche pour lui dire d’amener Bedr à la police. « Ce qu’il a fait après moult hésitations, car le jeune homme se trouvait dans un état de choc », a souligné cette source.

Le jeune marocain Rachid Alkhatib, n’a pour sa part reçu aucune visite durant sa garde à vue. A sa famille qui l’a contacté par téléphone, après avoir pris connaissance de son nom cité dans cette affaire, il a affirmé qu’il n’a aucune responsabilité lié au coup de feu.

Propos receuillis par Mamouny Ould El Moctar
Traduit de l’arabe par Ely Ould Maghlah


Commentaires : 8
Lus : 9798

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (8)

  • dakota (H) 29/01/2012 17:14 X

    Imaginons une fraction de seconde que ce soit Ould Chavi qui ait tiré... Quel barouf qu'on aurait vu n'est-ce pas!

    Notons avec satisfaction la relation du fils Aziz et du frère de Moustapha, le ci-devant opposant number one au PR. Comme quoi... ce pays a du ressort comme l'a souligné Ould Oumer.

    Je suggère au PR et à Moustapha de faire la paix, vu que la parentèle ne suit pas et se fout quelque part de leur guéguerre!

  • affreyit (H) 29/01/2012 13:14 X

    Mr Keletegui,l'avocat Canadien n'a jamais versé dans ce genre de sauce, soyez en rassuré. Il nous a simplement éclairé sur un point de droit relatif à l'expiration du mandat de nos députés.

    Cette position clairement motivée en droit à au moins le mérite de trancher avec celle de certains de nos juristes partisans.

  • BLAKGEND (H) 28/01/2012 23:54 X

    Le fils de Mr AZIZ sort de sa boite comme un beau diable et tire sur une jeune fille. Avait il une autorisation de port d'armes? j'espère que la police et la justice feront leur job jusqu'au bout.

  • Keletegui (H) 28/01/2012 22:47 X

    On n'a pas entendu notre fameux avocat Canadien sur cette affaire!!!!!! le pseudo Canadien est dans toutes les sauces sauf celle-là qui semble être pimenté pour notre juriste opportuniste et frileux.

  • baroude (H) 27/01/2012 23:37 X

    le témoignage est celui du fils de qui????? beaucoup d'interrogation sur ce cas précis.

    Ceci ne veut pas dire que j'approuve un privilége quelconque ni un traitement de faveur à quiconque. Tous nous sommes égaux devant la justice,fils de président, fils de planton et de chômeur.

  • DRACULA (H) 27/01/2012 23:05 X

    Il y a quelque chose qui n'a pas été éclaircie: quels sont les motifs du dégainement de ce pistolet sur une jeune fille?

  • ssalekfal (H) 27/01/2012 20:23 X

    Une réponse claire et précise pour ceux qui veulent nous faire croire que le fils du général n'a bénéficier d'aucun traitement de faveur. Alors, qu'allez vous dire à présent?

  • ishaghh (H) 27/01/2012 20:21 X

    Les portes des urgences ne doivent pas être fermées parce qu'un criminel, fils du PR soit-il,s'y trouve. C'est un acte odieux et un autre crime commis par Bedr car seuls les indigents s'y rendent et ALLAH SEUL sait dans l'intervalle de la fermeture combien de cas urgents ont été volontairement ignorés.

    Dans nos prisons croupissent parfois à tort des innocents accusés de vol de petits objets. Dehors un CRIMINEL reste libre malgré son crime parce que la République appartient à son père. Belle preuve de Justice.

    Le fait que le PR exige que son fils soit amené au commissariat est un acte louable, mais c'aurait été plus louable de le juger au lieu de chercher une solution à l'amiable.