29-01-2012 09:57 - Ould Abdel Aziz est-il entrain de perdre des points ?
La large majorité qui avait soutenu le président Mohamed Ould Abdel Aziz au lendemain du mouvement de rectification du 6 août 2008 et même qui l’avait porté au pouvoir lors des élections présidentielles du 18 juillet 2009, est-elle entrain de s’effriter ? En tout cas, la cohésion au sein de cette nébuleuse n’est plus de mise. Loin s’en faut. Cette majorité souffre de deux maux que sont l’immobilisme et l’émiettement.
Concernant le premier point, il s’agit du gel des activités des premiers soutiens au président de la République en particulier les parlementaires qui on s’en souvient avaient fortement contribué à la déstabilisation de l’ancien régime de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et s’étaient investis corps et âmes pour légitimer le mouvement de rectification en le vendant non seulement à l’opinion publique nationale mais également à la communauté internationale.
Aujourd’hui ces soutiens sont non seulement écartés des instances supérieurs du parti au pouvoir mais également des sphères de décision. Ce groupe dont les principaux chefs de file n’ont pas claqué la porte au parti, a tout de même gelé ses activités au sein de cette formation préférant ainsi un immobilisme destructeur.
La tenue de la dernière session du Conseil national a été l’occasion pour ce groupe de tirer à boulets rouge sur la direction du parti allant même jusqu’à mettre en cause sa légitimité et appelant à l’organisation d’un congrès extraordinaire pour corriger ce dysfonctionnement. Quant à l’émiettement cela s’est manifesté à travers la création de nombreux nouveaux partis qui, tout en continuant à exprimer leur soutien au chef de l’Etat, se sont démarqués du parti au pouvoir en l’occurrence l’Union Pour la République ; laquelle formation avait présenté la candidature de l’actuel président.
A noter au passage qu’Ould Abdel Aziz est toujours membre de ce parti puisqu’il n’en a pas démissionné officiellement. Pire encore, à l’immobilisme de certains et l’émiettement de certaines autres forces, s’est ajouté la déception de certains citoyens notamment les couches les plus vulnérables qui avaient pleinement adhéré au programme du président des pauvres comme elles l’appelaient affectueusement. En effet, les politiques sociales de l’actuel gouvernement ne répondent guère aux attentes des populations.
Les prix qui grimpent de plus en plus comme c’est le cas pour le gaz butane dont la grande bonbonne est passée de 2200 UM à 3000 Um ou encore le carburant qui vient d’enregistrer sa énième hausse, ne sont pas pour rassurer les citoyens déjà confrontés au coût élevé des denrées de première nécessité comme le riz, l’huile, le sucre, le lait en poudre, etc.
De même, les prestations au niveau des hôpitaux et des dispensaires ne sont pas des meilleures si elles ne sont pas tout simplement coûteuses. Au niveau de la scolarité, c’est malheureusement le même scénario.
L’espoir fondé sur la tenue des EGE (Etats généraux de l’éducation) s’amenuise puisque ce conclave ne semble plus à l’ordre du jour pour les départements concernés même si par ailleurs une commission nationale chargée de ce dossier a été installée officiellement et que le président de la République s’était engagé lui-même publiquement à ce que ces assises soient organisées avant la fin de l’année 2011.
La déception des populations en particulier celles de Nouakchott vient également de la manière dont le dossier de restructuration des quartiers précaires a été géré. Là encore le président de la République avait promis à grands coups de tambours que ce dossier serait clôturé avant 2011. En 2012, ce dossier reste toujours pendant et rien n’indique qu’il sera clôturé avant la fin de l’année en cours, voire les prochaines années.
La manière dont a été géré ce dossier des gazra a suscité de nombreux mécontentements. Certes les sirènes de l’opposition n’attirent pas les soutiens de Ould Abdel Aziz mais force est de constater qu’à mi mandat présidentiel ces soutiens sont toujours sur leur soif et attendent de voir se concrétiser les promesses pour lesquelles il avait choisi de soutenir le président des pauvres et prient Allah que ce dernier ne les ait pas tout simplement oublié.
La situation difficile pour le pays en raison de la menace réel de famine due au déficit pluviométrique enregistré cette année conjuguée aux menaces d’instabilité dans les pays voisins notamment le Sénégal et le Mali, exigent un sursaut de la part de Ould Abdel Aziz si tant est qu’il veut encore respecter le pacte qui le lie à ses soutiens qui l’ont porté au pouvoir. A moins qu’il n’est pris la décision (déjà ) de ne pas rempiler le prochain mandat présidentiel !
La rédaction
