29-01-2012 13:11 - Réaction au droit de réponse de la CNCIPS : Approche de phagocytose !
Messieurs, j’ai bien lu votre courriel cité en droit de réponse à mon article « activités de surveillance : subvention déplacée ». J’ai également suivi votre conseil en me rendant sur votre site pour savoir « à qui j’avais affaire ». Une «coquille » vide. Deux postings relatant deux « activités » en Novembre 2011. Et des « restes» inexistants. Vous osez parler de légèreté !
Mais qu’à cela ne tienne ; je ne suivrai pas votre raisonnement tendant à détourner mon article de son véritable propos. Nul besoin donc de revenir sur les menaces dubitatives en rapport au fait que plusieurs d’entre vos membres (je n’ai jamais généralisé) sont notoirement connus par les mauritaniens pour avoir été mêlés à la gestion des affaires publiques -y compris ceux de la grande muette- dans les conditions dont le monde a jasées.
Je m’en tiendrai donc, avec votre permission, au fait révoltant -auquel vous devriez vous faire y compris pour vos frères d’armes qui manifestent devant l’Assemblée nationale- de constater que dans cette affaire il y a iniquité dans le fonds.
Le citoyen ordinaire aurait pu comprendre que l’Etat-avec lequel vous tentez de me mettre en mal alors que vous l’utilisez à vos fins (faims !) personnelles- par ces temps difficiles d’austérité et de conditions climatiques désastreuses pour le monde rural, qu’une telle enveloppe (près d’un milliard d’ouguiyas) serve à tous les anciens des forces armées et de sécurité et notamment ceux qui en ont vraiment besoin, en vue de les réinsérer après avoir servi dignement la République. Individuellement pris, très peu d’entre vous aurait échappé à ce tamis objectif.
On n’ irait même pas jusqu’à demander aux ténors de la CNCIPS de faire l’inventaire de leurs avoirs en banques, de leurs maisons à Tevragh-Zeina, ou encore de leurs boutiques devenues repères dans tout Nouakchott…La liste est longue pour bon nombre d’entre nos vaillants militaires retraités…(qui continuent de percevoir des allocations de retraite paisible !). Exaspérant de constater que les riches continuent de s’enrichir au détriment des Pauvres!
Mais comme c’est un aspect qui vous dessert, vous avez préféré parler de « prêts » consentis par la Caisse de Dépôt et de Développement. Sous quelles conditions ? Quelles garanties? Quel délai de grâce? Quel taux d’intérêt ? Et quelle finalité pour cet investissement public au profit d’anciens militaires reconvertis dans les affaires privées? Bien des questions encore à élucider. Je rappelle que presque tous étiez déjà investis dans ce secteur privé –pour ne pas dire que vous nagiez dans l’opulence ostentatoire- avant de vous intéresser au gardiennage et à la surveillance. Etait-ce un héritage !?
Mais dans ce dossier tout semble taillé à votre mesure. Même si vous vous arrogez encore, à croire votre propre site les missions « de superviser, encadrer et coordonner les activités des sociétés de sécurité privée » que le législateur, encore moins le gouvernement, ne vous a pas octroyées…explicitement en tout cas.
Je n’ai pas besoin de faire mention, dans ce cas, des appréciations de la tutelle (DGSN) dont l’ancien patron vient d’être muté. La mission d’organe consultatif du comité de coordination se mue sous ce vocable en un beau stratagème pour « phagocyter » les autres sociétés privées dont pourtant les gérants sont aussi d’anciens officiers de l’Armée (Voir communiqué paru sur Cridem de ces acteurs).
La « phagocytose» est bien le régime du contrat concocté invitant des entreprises présentes dans le secteur depuis des lustres à se fondre dans les sociétés créées par d’anciens officiers. Un non sens juridique et statutaire qui vise le monopole de l’activité par les derniers venus sur le terrain. Il n’y a qu’une raison à cette volupté d’emprise exclusive : la manne financière soupçonnée derrière l’exercice lucratif de la profession. La tentative atavique se reproduit dans votre droit de réponse.
Je cite : « toutes les personnes travaillant dans les anciennes sociétés non agréées, qu’elles soient de l’USGA ou autres, militaires ou civils peuvent à tout moment intégrer les 18 nouvelles sociétés des anciens et retraités des F.A.S agréées ». C’est à croire qu’il n’y a d’anciens officiers de l’Armée que les 18 personnes formant la CNCIPS.
Qu’il n’y a de sociétés agréées que celles du CNCIPS. Cela parait même comme une invite à démobiliser les anciens de l’armée qui font le gros des troupes parmi les sociétés de gardiennage et de surveillance en activité.
Visiblement, la CNCIPS veut s’arroger le beurre et l’argent du beurre. Après avoir grugé le budget de la Caisse de Dépôt et de Développement de neuf cents millions d’ouguiyas, partagés à raison de 50 millions pour chacune des 18 personnes concernées. Voilà encore que la CNCIPS cherche à monopoliser l’activité à son profit malgré le fait que les retraités de l’Armée dont ils disent défendre leurs intérêts sont eux-mêmes les gérants des entreprises de gardiennage existantes aujourd’hui. Pourquoi la CNCIPS veut-elle leur retirer le pain de la bouche ?
Jedna Deida
