30-03-2012 22:23 - Mali: un journaliste de Radio France menacé de mort à Bamako

Mali: un journaliste de Radio France menacé de mort à Bamako

Bamako - L'envoyé spécial de Radio France à Bamako a été agressé et menacé de mort par des militaires pro-junte dans la nuit de mercredi à jeudi, a-t-il déclaré à l'AFP.

Omar Ouahmane, grand reporter à la rédaction de France Culture, a été pris à partie alors qu'il rentrait vers 22H00 (locales et GMT) à l'hôtel de l'Amitié, en face des locaux de la télévision publique ORTM, sous contrôle des soldats mutins depuis le putsch qui a renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré.

Des militaires "m'ont demandé qui j'étais. Quand ils ont vu que j'étais journaliste, ils m'ont mis des menottes, attaché à un arbre, ensuite mis à genoux parce que mes poignets saignaient, puis ils m'ont autorisé à m'asseoir", a raconté M. Ouahmane. "Cela a duré toute la nuit, ils m'ont mis en joue, ont menacé de m'éclater la cervelle, (...) ils ont cassé mon matériel, (...) ils étaient en colère parce qu'ils accusent la France de soutenir" le président Touré.

L'incident a eu lieu dans la rue menant à l'hôtel, peu après la diffusion par Radio France Internationale (RFI) et l'AFP d'un entretien avec le président ATT.

"Quand ils ont vu une de mes notes de frais, et la nature d'une consommation (bière), ils étaient aussi très en colère. A plusieurs reprises, ils m'ont dit dans la nuit +tu ne couvriras pas l'arrivée de la délégation de la Cédéao+" à Bamako, prévue le lendemain jeudi.

"Aux environs de 06H00, un gradé est arrivé et a demandé qu'on me libère. Cela a pris encore une heure. Quand ils ont décidé de me libérer, l'un d'eux m'a dit +si je te revois, je te tue+".

Le climat s'est très nettement dégradé depuis 48 heures pour les journalistes internationaux travaillant à Bamako.

Cinq journalistes, dont trois étrangers, ont été interpellés jeudi dans la capitale et conduits au quartier général de la junte, avant d'être libérés.

Omar Ouahmane "a continué à travailler depuis cet épisode comme si de rien n'était. C'est un type courageux mais ce n'est pas du tout quelqu'un qui prend des risques, il suit nos consignes de prudence", a dit à l'AFP Marc Crépin, directeur de la rédaction de France Culture, interrogé à Paris.

"On ne peut que regretter de ne pas pouvoir travailler normalement" au Mali. "La situation est très compliquée en ce moment pour les journalistes alors qu'elle ne devrait pas l'être dans un pays comme le Mali", a-t-il ajouté.

AFP



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