03-05-2012 22:50 - Maurivision sur les pas du professionnalisme de Mauritanie Nouvelles
En cette fête internationale de la liberté de la presse, ils sont incontestablement nombreux à se rappeler encore les années de gloire de la presse mauritanienne des années 90, malgré le contexte médiatique hostile de l’époque.
Un magazine est ainsi arrivé contre vents et marées au début de cette décennie, inaugurant la naissance d’une véritable école du journalisme, qui a actuellement à son actif la formation des plus illustres rédacteurs en chef et directeurs de publication francophones et arabophones.
Il s’agit de Mauritanie Nouvelles dont le portail était grand ouvert à toutes les compétences loin des trafics d’influence et des bras longs érigés en système dans les temps, où les chances sont données sur le même pied d’égalité aux meilleurs pour prouver leur talent et leur mérite de figurer dans le répertoire opérationnel ou d’honneur de la boite.
Je me souviens encore de mon test d’essai dans ce Magazine, quand me présentant à la première fois au « Boss » de ce magazine pour une embauche, avec des défauts naturels qui ne peuvent que rebuter immédiatement tout employeur craintif d’investir en perte dans un journal, par vocation déficitaire sauf en professionnalisme, on m’a accueilli dans mes accoutrements pitoyables avec respect, on m’a mis en confiance avant qu’on me demandât de faire une enquête urgente sur l’inflation avant le bouclage, qui prenait ces temps-ci des proportions alarmantes pour le panier de la ménagère.
Fortement motivé par cette généreuse main tendue et sachant que seul mes facultés compteront dans cette rude épreuve, j’ai sauté sur cette occasion qui allait marquer plus tard ma vie, en me mettant aussitôt au boulot, que je n’avais pas beaucoup de peine à réaliser, dés lors où d’une part je suis un bachelier en lettres modernes en 1986, titulaire d’une maîtrise en économie en 1990 au sein de la même promotion de laquelle sont issus des hauts cadres actuels de l’Etat dont des parlementaires, des chargés des missions à la présidence et que d’autre part, je n’avais qu’à prouver mes aptitudes pour être reçu.
Le test fut concluant et le directeur général de Mauritanie Nouvelles Bah Ould Saleck a pris la décision de le programmer sur le champ ; y apportant bien sûr de sa riche encyclopédie médiatique. En relisant le lendemain mon reportage sur « la spirale des prix », je ne m y reconnais qu’à demi, mais c’était déjà pas mal pour mon boss qui agissant, en médecin, a très vite conclu son diagnostic et déclencha cette thérapie qui allait faire le reste, me propulsant plus tard dans la cour des journalistes mauritaniens.
J’avais continué à travailler à l’époque dans ce magazine parmi l’équipe chargée de l’économie aux côtés d’Ancellin Saleck et de Dahane Ould Taleb Outhmane dit Bobaly, jusqu’à l’arrêt de parution du journal, pour des raisons sans doute liées à une conjoncture politique défavorable à l’émancipation de la presse.
En cette fête de la journée internationale de la presse au cours de laquelle, la chaîne de télévision privée Maurivision a signé le cahier de charges avec le département de tutelle, j’ai eu le flair qu’on est en perspective de la résurrection de Mauritanie Nouvelles sous des habits « audiovisuels » avec la particularité de percer dans l’avenir, avec professionnalisme et déontologie cet espace naissant principal catalyseur des valeurs démocratiques des réels Etats de droits.
Déjà au parfum de certains aspects liés à sa future diffusion effective, notamment pour le personnel compétent, jeune et multiracial et bien édifié sur l’intégrité de son maître, je saisis cette opportunité pour lui rendre un vibrant hommage pour m’avoir tiré un jour de l’incertain, ainsi que pour ses efforts déployés aujourd’hui pour donner aux jeunes générations mauritaniennes une chance de retrouver les grandes valeurs de l’homme, les bons repères socioéconomiques, la culture citoyenne au traduiront les valeurs du professionnalisme, de l’égalité et de la neutralité chères à ce futur géant de l’audiovisuel.
Bonne Chance
Mohamed Ould Mohamed Lemine
